Selon la FFB, le secteur résiste toujours malgré la conjoncture

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Avec une conférence de presse intitulée "Soyons ambitieux !" le 13 septembre, la FFB mise sur les Assises du BTP pour résister face à la conjoncture économique difficile. © P.Poggi



"Les perspectives macro-économiques se dégradent clairement" admet Olivier Salleron, président de la FFB lors de sa conférence de presse du 13 septembre. Le risque de récession pour la France et pour l’Union européenne est réel à horizon 2023. L’augmentation des coûts des matériaux et la crise énergétique pèsent sur les têtes des entreprises. Cependant, souligne le président, "le secteur résiste toujours, les carnets de commandes restent garnis et l’année 2022 semble globalement faite." 

 

 

Conseil aux entreprises aux vues de la conjoncture : rester prudent

 

 

Globalement, les prévisions du volume annuel d’activité publiées en décembre 2021 – c’est-à-dire avant le déclenchement de la guerre en Ukraine – sont revues légèrement à la baisse (+3,8% au lieu de +4,3%). Cette activité est presque comparable lorsqu’on regarde le neuf (+6,3% au lieu de +6,2%), cependant ce sont les bâtiments non-résidentiels qui ont été privilégiés (+8,5% au lieu de +4,7%) et non les logements (seulement +4,8% au lieu de +7,3%). L’activité pour l’amélioration et l’entretien a été moins forte que prévu (+1,7% au lieu de +2,7%). Sans surprises, l’emploi devrait également augmenter, mais lui aussi moins que prévu (15 000 postes créés sur l’année au lieu des 25 000 emplois espérés en décembre 2021).

 

 

Le logement neuf se fragilise

 

 

La chute de 10,9% de mises en chantier de logement collectifs, malgré le dynamisme des logements individuels (+6,6%), fait chuter le bilan global de mises en chantier de logements neufs à -3,2%. Cependant les permis de construire sont toujours en augmentation (+13,9% globalement), surtout pour le collectif (+22,2%).

 

Par ailleurs les ventes de logements neufs s’écroulent si l’on compare les premiers semestres des années 2021 et 2022 : -14,6% chez les promoteurs, -26,7% chez les constructeurs de maisons individuelles. Il faut donc s’attendre, selon M. Salleron, a une baisse des permis et des mises en chantier courant 2023, 2024, et si rien n’est fait, les années suivantes.

 

"Il faut préserver la capacité d'investissement des acteurs-clés du logement avec des mesures 'urgence logement'. Je pense notamment aux bailleurs sociaux, et en particulier à Action Logement", indique Olivier Salleron. "Le groupe paritaire joue un rôle majeur au service des salariés, des entreprises et des territoires. La rumeur de déséquilibrer le modèle financier d'Action Logement par des ponctions financières constituerait un risque supplémentaire dans cette crise du logement, et surtout du logement social, à venir."

 

Cependant le non résidentiel neuf se redresse, après deux années difficiles, avec des surfaces commencées et autorisées en progressions respectives de 17,8% et 6,7% sur 7 mois.

 

 

La rénovation progresse, surtout la rénovation énergétique

 

 

Avec une progression de 2% pour l’amélioration-entretien par rapport à l’an dernier, on ne retrouve pas encore le niveau du premier trimestre 2019. Mais si l’on regarde uniquement la rénovation énergétique, le niveau d’avant-crise a été dépassé de 1,7%, encore plus si on se concentre sur le seul logement (+5,1%). Cela s’explique par la montée en puissance continue de MaPrimeRénov.

 

Le président s’inquiète cependant de l’effondrement du marché des CEE et la disparition du crédit d’impôt pour la rénovation énergétique des bâtiments des artisans, TPE et PME.

 

 

Difficultés de recrutement, mais tout de même 3 000 postes pourvus en 2022

 

 

Depuis fin 2021, l’emploi salarié plafonne avec un solde net de 3 000 postes fin juin 2022. M. Salleron souligne également que depuis les premiers jours du Covid il y a deux ans et demi, "nous avons recrutés en équivalent temps plein plus de 100 000 salariés, apprentis, intérimaires etc…" dans le secteur du bâtiment.

 

Cependant on remarque des difficultés de recrutement qui s’accentuent chez les entreprises de plus de 10 salariés. Plus de 4 entreprises sur 5 déclarent souffrir de cette situation.

 

Du côté des artisans, 2 sur 3 se plaignent également de la difficulté de recrutement, une tendance particulièrement marquée il y a 6 mois (taux record d’entreprises artisanales déclarant des difficultés de recrutement).

 

 

Une courbe des prix des matériaux plus qu’inquiétante

 

 

 

 

 

La courbe parle d’elle-même : le coût actuel des matériaux est un point de blocage aussi important  - sinon plus - que les difficultés de recrutement. Bien que certains matériaux aient connus une accalmie pendant l’été (PVC, cuivre, acier), ce n’est toutefois pas un cas général, puisque les plastiques alvéolaires utilisés comme isolants (+9,0%), les produits plats en acier (+4,8%), les tuiles (+3,9%) ainsi que les demi-produits en aluminium (+3,4%) ont continué à progresser pendant l’été.

 

Depuis juin, ce sont surtout les prix de l’énergie qui s’envolent : +166% pour le gaz naturel et +142% pour l’électricité. Les matériaux intensifs en énergie comme les aciers, le verre, l’aluminium, les tuiles, les produits céramiques… connaitrons de nouvelles hausses dans les prochains mois. "Certains industriels vont même jusqu’à fermer des lignes de production", précise M. Salleron, ce qui fait resurgir la crainte de pénuries.

 

 

L’espoir d’une stratégie durable avec les Assises du BTP

 

 

Pilotées par Bruno Le Maire et Olivia Grégoire, la FFB espère pouvoir faire entendre ses demandes lors des Assises du BTP le 22 septembre afin de mettre en place une stratégie durable pour le Bâtiment.

 

Les demandes principales de la FFB ont été divisées en plusieurs groupes de travail :

 

  • Groupe 1, « équilibre économique des opérations » : mettre en place un observatoire des matériaux, limiter la sous-traitance en cascade, simplifier les conditions d’obtention d’avenants pour hausse des coûts des matériaux et relèvement du taux d’avance minimal sur les marchés publics…
  • Groupe 2, « simplification » : dématérialisation de l’instruction des permis de construire, harmonisation des dossiers CEE et MPR, pérennisation du plafond à 100 000 € pour traiter de gré à gré en marché public
  • Groupe 3, « transition écologique » : indexation des aides MPR, relèvement des obligations d’économie d’énergie pour la 5è période des CEE, mise en œuvre de l’éco-contribution REP 9 mois après la publication des tarifs…

 

Sur la REP, Olivier Salleron a souligné que les éco-contributions sont toujours inconnues à ce jour alors que les devis 2023 se signent aujourd’hui.

 

Un quatrième groupe de travail vient d’être lancé, sur le thème formation et innovation.

 

"Nous demandons avec force que la plénière des Assises du 22 septembre prochain soit considérées comme une nouvelle étape vers la constitution d’un véritable Conseil national de la construction et non comme une fin. De fait, les crises qui se succèdent depuis 2020 illustrent clairement le besoin d’une meilleure coordination au sein de la filière et d’une meilleure concertation avec le gouvernement", conclut le président de la FFB.



Source : batirama.com / Emilie Wood

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