La FFB sonde neuf candidats à la présidentielle sur leur future politique du Logement

La FFB sonde neuf candidats à la présidentielle sur leur future politique du Logement

Lors de son 9e Sommet de la construction, la Fédération française du bâtiment a interrogé neufs candidats à la présidentielle sur leur future politique en matière de logement.





La Fédération française du Bâtiment a organisé son 9e Sommet de la construction sous l’angle de l’élection présidentielle à venir. Pour l’organisation professionnelle, le Logement doit être un thème phare de la campagne à six mois du premier tour de l’élection. Elle a donc invité tous les candidats déclarés à ce jour pour les interroger sur leur future politique en la matière, s’ils étaient élus à la présidence de la République.

 

Cinq candidats se sont déplacés lors du Sommet : Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Arnaud Montebourg, Yannick Jadot et Fabien Roussel. Trois candidats ont répondu en vidéo (Marine le Pen, Michel Barnier et Xavier Bertrand) et un n’a pas répondu (Jean-Luc Mélenchon)

 

Auparavant, la FFB a dévoilé ses propositions en vue du prochain quinquennat. Le Logement doit devenir une grande cause nationale selon les professionnels du Bâtiment qui reprennent certaines propositions déjà formulées :

 

. Élargissement et redimensionnement du Prêt à taux zéro pour l’accès à la propriété,

 

. Crédit d’impôt sur les remboursements d’emprunt pour compenser les surcoûts des constructions RE2020,

 

. Allégement de l’arsenal normatif et création d’un permis déclaratif sur certaines opérations

 

. Limitation de la sous-traitance en cascade

 

Retraite : une évaluation médicale personnalisée

 

Face aux difficultés d’approvisionnement apparues après la crise sanitaire, les professionnels demandent également de relocaliser la fabrication de matériaux d’équipements de construction. Enfin, ils réclament un plan massif de financement en faveur du logement « vert ».

 

Concernant le futur projet de réforme des retraites, la FFB demande au futur chef de l’Etat d’envisager un dispositif de départ anticipé en retraite qui repose sur une évaluation médicale personnalisée et un financement mutualisé.

 

Anne Hidalgo, une maire bâtisseuse qui veut impliquer les territoires

 

Première candidate interrogée lors du sommet, Anne Hidalgo, maire de Paris, se définit comme une maire bâtisseuse. Selon elle, il faut construire davantage mais de façon moins centralisée, en tenant compte des besoins des territoires avec une politique de logements adaptés et abordables.

 

Il n’est donc pas question d’arrêter la construction de logements même si la question écologique demeure cruciale aux yeux de la candidate. Elle privilégie cependant la construction de logements en ville mais veut travailler en concertation avec les régions pour bâtir dans les territoires. 

 

Selon Mme Hidalgo, les régions doivent récupérer les budgets dédiés afin de mobiliser les réserves foncières destinées à la construction ainsi qu’à la transition énergétique (construction de parcs éoliens par exemple). « Il faut donc programmer la transition écologique avec les acteurs en territoire », plaide-t-elle.

 

Arnaud Montebourg veut réorganiser la commande publique

 

Arnaud Montebourg prône une réindustrialisation massive du pays et a réitéré ses propositions pour ne plus dépendre des importations de produits dits sensibles (il en compte une soixantaine dans tous les secteurs).

 

Concernant la commande publique et les appels d’offres, le candidat fait une proposition reposant sur deux axes : le premier, une aide de l’état pour soutenir les industriels et le second, des ententes entre acteurs publics et privés afin de privilégier la production locale et donc les emplois.

 

Même s’il reconnaît que cette nouvelle forme d’alliance est interdite aujourd’hui, Arnaud Montebourg insiste sur la nécessité de revoir le droit des marchés publics pour réindustrialiser la France. Pour débloquer le pays, il propose même un plan social au sommet de l’Etat (en remplaçant la haute-administration par d’autres personnes de la société)

 

Enfin, il défend un programme de retour à la terre en considérant notamment « qu’un million de biens sont abandonnés aujourd’hui ». Sa proposition : les faire racheter par l’Etat et les distribuer en accession à la propriété gratuitement à charge pour les propriétaires de les rénover.

 

Fabien Roussel, un plan de 10 milliards d’euros sur 5 ans

 

La candidat du parti communiste à l’élection présidentielle, Fabien Roussel, défend une politique forte de construction et de rénovation des logement afin de favoriser l’accession au logement, mais aussi à la propriété. Il dénonce d’ailleurs « un mépris de classe ainsi qu’un mépris de la ruralité dans ce pays ».

 

Il propose plusieurs leviers dont un gros effort pour rénover les logements, soit un plan de 10 milliards d’euros à engager sur 5 ans. Il veut aussi redonner davantage de moyens aux bailleurs sociaux afin qu’ils construisent et rénovent leurs parcs sociaux. Objectif : répondre aux besoins des 4 millions de personnes sans logement et des 5 millions de personnes en précarité.

 

« Toute la France est en zone tendue et il faut permettre aux communes de pouvoir bâtir » affirme le candidat qui préconise de construire davantage et de revenir sur les notions de Zéro artificialisation nette (objectif fixé par la loi Climat et résilience visant à ne plus artificialiser les sols et donc à moins construire d’habitat individuel notamment).

 

Enfin, lui aussi, préconise de revoir la commande publique et les systèmes d’appels d’offres et, afin qu’ils bénéficient aux entreprises françaises et locales.

 

Yannick Jadot, un plan de 10 milliards d’euros par an pour la rénovation

 

Un peu plus approximatif sur sa future politique du logement, qu’il souhaite développer et affiner au cours des prochains mois, Yannick Jadot, candidat pour EELV (Europe Ecologie les Verts), défend une politique d’investissement forte.

 

Le candidat évoque en effet un investissement annuel de 10 milliards d’euros sur une période de 5 ans « sur le logement et essentiellement en rénovation ». Il veut privilégier la rénovation globale et prendre en charge totalement les coûts pour les plus démunis, à savoir 1,7 million de familles en France.

 

Sa politique de rénovation concerne également l’ensemble des bâtiments publics, dont les écoles, ou Ehpad,… Ce sera un grand plan de relance financé par l’argent européen, dit-il.

 

Enfin, face au faible nombre de logements sociaux construits par an (80 000 par an alors qu’il y a 4 millions de demandeurs en France), le candidat veut en construire 150 000 par an. Partisan d’une politique industrielle forte dans le pays, il milite pour un développement des éco-matériaux et préconise un embargo européen sur les exportations de bois.

 

Valérie Pécresse, attribuer une véritable compétence logement aux régions

 

Valérie Pécresse, candidate LR, définit en une phrase sa politique : « construire plus, mieux et plus vite ». Le temps est un casse-tête chinois car il faut obtenir des autorisations et gérer des recours, selon Mme Pécresse favorable au développement d’une assurance recours abusif.

 

L’une de ses priorités, serait « de lutter contre l’enfer bureaucratique en divisant par deux le nombre d’articles des différents codes concernant le secteur et en facilitant la dématérialisation des procédures ». Elle est ainsi favorable à une enquête publique unique sur les grosses opérations d’aménagement.

 

Valérie Pécresse mise sur le PTZ pour favoriser le parcours résidentiel des Français à tout âge de la vie. Elle souhaite attribuer aux régions une véritable compétence en matière de Logement au même titre que les Transports et l’emploi. « Il faut redéfinir les besoins avec les territoires qui savent où construire en préservant les espaces naturels. Ce qui suppose de travailler sur les friches et encourager la réversibilité des usages » développe-t-elle.

 

La densification au coeur des petites villes doit être facilitée avec des concertations locales approfondies selon la candidate qui encourage le programme Action cœur de ville, mis en place par le gouvernement (rénovation du parc de logements et de locaux commerciaux et artisanaux).

 

Enfin, elle souhaite résorber les guettos urbains en limitant à 30 % de logement social dans les nouveaux quartiers pour encourager les classes moyennes et maintenir un équilibre résidentiel

 

Marine Le Pen, la préférence nationale pour le logement social

 

Interviewée en amont du Sommet de la FFB et en vidéo, la candidate du Rassemblement national, Marie le Pen défend sa politique de préférence nationale pour le logement social en réclamant l’arrêt de l’immigration. « Les communes sont réticentes à la construction de logements sociaux, et craignent l’insécurité avec des locataires issus de l’immigration » explique-t-elle.

 

La candidate défend une politique forte en matière de logement notamment pour les jeunes couples grâce au Prêt à taux zéro. Et prône une politique nataliste avec l’octroi de subventions lors de l’arrivée d’un 3e enfant.

 

Elle veut enfin lutter contre la fraude de manière sérieuse, avec une politique volontaire de l’Etat qui « embaucherait davantage de contrôleurs afin d’empêcher la fuite de l’activité ».

 

Xavier Bertrand veut doubler le nombre de logements bénéficiant de crédits à rénover

 

Xavier Bertrand, candidat à l’élection présidentielle, et interrogé en amont du sommet, en vidéo, estime que le Logement doit devenir une grande cause nationale puisque 4 millions de Français sont mal logés ;

 

Il veut inciter les maires à bâtir des logements grâce à une augmentation de la dotation globale de fonctionnement des communes qui compensera la suppression de la taxe d’habitation. « Il faut aussi sortir de la tête de certains que construire, c’est mal » reprend-il.

 

Le candidat veut également doubler le nombre de logements bénéficiant de crédit à rénover car « le montant n’est pas élevé » même si « MaPrimRenov » va dans le bon sens. Mais elle doit être étendue pour M. Bertrand.

 

Lui aussi veut simplifier la commande publique « pour se donner les moyens de faire travailler les entreprises qui recrutent chez nous » mais aussi lutter contre la distorsion de concurrence. Ce qui suppose de faire des contrôles avec l’inspection du travail pour lutter contre la fraude au travail détaché, la sous-traitance en cascade, « quitte à opérer des fermetures administratives d’établissement si les règles ne sont pas respectées ».

 

Michel Barnier veut remettre en chantier de nouveaux logements

 

Michel Barnier, autre candidat LR à la présidentielle, interrogé en vidéo, veut remettre en chantier de nouveaux logements. Il prône davantage de simplification et veut offrir plus de flexibilité aux maires afin qu’ils puissent construire. Il propose une incitation fiscale pour faciliter la donation de biens immobiliers entre parents-enfants et permettre ainsi l’accès aux logements.

 

Enfin, concernant le problème de tensions en main d’œuvre, le candidat constate que des dizaines de milliers d’emplois sont non pourvues. Il prône une réduction des allocations chômage lors que deux offres d’emploi sont refusées par un chômeur.

 

Il veut enfin relancer l’apprentissage et encourager l’école de la 2e chance.

 


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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