Polémique autour de l'implantation d'une usine de laine de roche Rockwool dans l'Aisne

Polémique autour de l'implantation d'une usine de laine de roche Rockwool dans l'Aisne

La préfecture de l'Aisne a donné son feu vert à l'implantation d'une usine Rockwool de production de laine de roche près de Soissons, malgré l'avis négatif de l'enquête publique.





Le 31 mars, le préfet a délivré à Rockwool, le leader mondial de la fabrication d'isolants en laine de roche, une autorisation d'exploiter dans une Zone d'aménagement concertée (ZAC) du village de Courmelles. Le géant danois, qui exploite déjà une usine dans le Puy-de-Dôme, envisage de longue date de s'y implanter mais le projet avait déjà été reporté en 2008 en raison de la crise des subprimes.

 

"Aucune disposition réglementaire ne s'oppose à la délivrance d'une autorisation d'exploitation", écrit la préfecture, quelques jours après un avis favorable - serré - du Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques.

 

La préfecture souligne "l'absence de zone humide et d'effet sur des zones Natura 2000, un impact faible sur le bruit comme sur la circulation par la RN2, l'absence de mise en évidence d'un impact sanitaire spécifique ainsi que d'odeurs".

 

Un avis défavorable du commissaire enquêteur

 

Le projet avait pourtant reçu un avis défavorable du commissaire enquêteur. L'enquête publique concluait que les désavantages de ce projet, qui génèrerait 130 emplois directs, l'emporteraient sur ses avantages. Elle pointait entre autres l'impossibilité de mesurer l'impact paysager réel du site, qui doit comporter une cheminée de 47 m de haut, et les incertitudes concernant ses effets sur la santé des riverains.

 

Elle notait aussi que la consommation énergétique du site représenterait "1,8 fois celle de toutes les industries de l'agglomération soissonnaise". Le conseil municipal de Courmelles s'est lui aussi prononcé, à l'unanimité, contre cette implantation.

 

"Je suis agriculteur, j'ai manipulé le glyphosate pendant des années, maintenant interdit aux particuliers et bientôt aux agriculteurs. J'ai fait valoir le principe de précaution", expliquait il y a une semaine le maire, Arnaud Svrcek. "Le préfet a vu le volet emploi", a estimé l'élu sans étiquette. Les opposants au projet ont lancé des pétitions, tandis que 29 médecins ont alerté sur le rejet de substances toxiques dans l'atmosphère (particules fines, ammoniac, acide chlorhydrique...), que les vents dirigeront majoritairement vers Soissons.

 

Une technologie novatrice de four électrique bien moins polluante selon la Préfecture

 

"On se doutait que le préfet allait passer en force malgré les oppositions", a assuré Thomas Wozniak, de l'association Stop Rockwool, indiquant que plusieurs associations comptaient contester cette décision devant le tribunal administratif. Alors que la préfecture met en avant "l'abandon du four à coke au profit d'une technologie novatrice de four électrique bien moins polluante (70 % de rejets de CO2 en moins)", M. Wozniak dénonce un "greenwashing" à la Rockwood avec une technologie "qui existe depuis 25 ans".

 

"L'avenir, ce n'est pas la laine de roche qui a un bilan CO2 énorme, mais les isolants biosourcés", fait-il valoir. Il souligne en outre que les emplois créés ne seraient pas des emplois à forte valeur ajoutée et qu'avec un projet offrant "deux emplois à l'hectare, on aurait pu faire beaucoup mieux".

 

Sur son site internet, Rockwool explique transformer une ressource naturelle abondante en des produits qui répondent au "plus grands défis de notre monde" en améliorant les performances thermiques des bâtiments.



Source : batirama.com

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