Bardage et vêtage : une offre démultipliée

Bardage et vêtage : une offre démultipliée

Bois, métal, composite, terre cuite… Bardages et vêtages colonisent les façades et sont de plus en plus appréciés par les maîtres d’ouvrage et les architectes qui s’en emparent.





Le fort développement, ces vingt dernières années, de l’offre bardages et même des vêtages, tous matériaux confondus, est intimement lié au déploiement de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) de type façade ventilée en filière sèche.

 

Les diverses réglementations thermiques – la RE2020 ne le démentira pas – ont mis en lumière l’intérêt de l’ITE, laquelle vient régler nombre de problématiques, tels les ponts thermiques structurels, tout en procurant une esthétique à forte valeur ajoutée en façade.

 

Une offre structurée

 

D’autres facteurs expliquent également ce succès. L’offre bardage s’est structurée et adaptée : des campagnes d’essais feu ont notamment abouti à la publication d’un guide – de quoi mettre en confiance maîtres d'ouvrage et architectes.

 

Dans le même temps ont émergé de nouveaux modes constructifs – structure à ossature bois, construction hors site, etc. – qui, par nature, impliquent presque automatiquement un bardage ou un vêtage.

 

Sachant que les concepteurs ne préconisent pas d’emblée le bardage bois sur un bâtiment à ossature bois, préférant parfois une enveloppe plus minérale, plus métallique. En outre, ils se sont approprié ces parements de façade qui leur permettent d’animer et de composer des bâtiments très originaux.

 

Une mise en oeuvre exigeante

 

Ils sont aussi de plus en plus exigeants lors de la mise en œuvre. Ainsi lors de la prescription et de la pose, de nombreux points de vigilance sont à prendre en compte. Il convient notamment de s’assurer que le procédé retenu autorise, en cas de casse de l’un des éléments, son remplacement et que le système d’ossature et de fixation de la peau extérieure offre une durabilité au moins équivalente à celle du matériau de façade.

 

Attention également à la résistance aux chocs des matériaux dans les zones de circulation et à la protection en pieds de façade.

 

   

Un marché bousculé

 

Avant la crise sanitaire, le marché des bardages était en légère hausse. Début 2020, l’enquête annuelle du SNVBI indiquait une hausse de +1 % en mètres carrés et de + 3,2 % en CA en 2019. Soit 37 millions de mètres carrés posés (données MSI Reports).

 

« Dans la continuité de l’année 2019, le premier trimestre 2020 a été porteur avant l’accident que nous connaissons tous. L’activité générale de la fin d’année 2020 a été, de son côté, dynamique », résume Stéphane Lambert, président du SNBVI. Dans ce contexte, les chiffres marché 2020 sont à l’image de ceux de la construction, voire un peu plus positifs.

 

« En 2020, détaille Stéphane Lambert, nous constatons une baisse de -11%. Malgré la perception que ce chiffre offre, il est intéressant de noter que l’activité de la façade ventilée s’est relativement bien tenue au regard de l’activité générale du bâtiment : la FFB dresse un bilan de -15% sur l’année ». Pour 2021, les prévisions sont pour le moment à la hausse : « Nous sommes sur une tendance haussière à +6% pour 2021 avec une meilleure visibilité sur le premier semestre de l’année. »

 

             

    

Stéphane Lambert, président du Syndicat des bardages et des vêtures isolés

 

 

« Le problème est le manque de main-d'œuvre »

 

Batirama : Quelles sont les possibilités de formation pour les techniques de façade ventilée ?

 

Stéphane Lambert : Il y a deux voies. Primo, des formations proposées par la majorité des industriels autour de leurs produits ; elles sont destinées à des entreprises de pose, bureaux d’études, architectes et maîtres d’ouvrage en fonction de leurs besoins propres.

 

A noter : certains industriels sont formateurs agréés. Les formations sont dispensées chez les industriels, en entreprises ou directement sur chantier pour assurer leur démarrage. Elles portent sur des produits spécifiques mais traitent également de l’ensemble des problématiques de l’ITE en voie sèche. En effet, le parement apporte des contraintes (poids, formats, fixations invisibles…) qui sont répercutées sur les ossatures et les fixations. Avoir la connaissance de l’un et de l’autre est essentiel.

 

Quelle est la deuxième voie ?

 

Il s’agit de la formation académique, cursus classique – CFA, bac pro, etc. – pour former les futurs compagnons. C'est très positif : cette voie se développe en intégrant, de manière globale, les métiers de la façade, avec un apprentissage des différentes techniques de mise en œuvre des systèmes d’isolation thermique par l'extérieur – façade ventilée ou isolation sous enduit.

 

C’est important de pouvoir former sur ces deux techniques, car souvent les entreprises interviennent dans les deux domaines et régulièrement sur un même chantier.

 

De votre point de vue, est-ce que les entreprises sont bien formées aux solutions de façade, bardage et vêtures ?

 

J’aurais tendance à dire oui. Le problème est le manque de main-d'œuvre depuis plusieurs années déjà. Cela se ressent sur les plannings. Les entreprises ont parfois du mal à les tenir, faute de main-d'œuvre qualifiée.

 

En conséquence, l’appel à la sous-traitance ne facilite pas le développement des compétences, car elle échappe bien souvent aux circuits de formation. D’où l’importance de la développer…

  

 


Source : batirama.com/ Stéphane Miget

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