Corruption et marchés publics: le jugement de l'ex-sénateur Joseph Castelli reporté

Corruption et marchés publics: le jugement de l'ex-sénateur Joseph Castelli reporté

Le jugement de l'ex-sénateur Joseph Castelli, soupçonné d'avoir octroyé des marchés publics à des entreprises contre la réalisation de travaux dans sa villa, a été reporté au 30 mars.





Lors des deux jours d'audience en janvier, le procureur de Bastia Arnaud Viornery avait souligné qu'"un parfum entêtant de corruption systémique" flottait sur ce dossier, en requérant quatre ans de prison dont un avec sursis et 200.000 euros d'amende contre l'ex-sénateur de Haute-Corse, 72 ans, et la confiscation de la villa au coeur de l'affaire.

 

Poursuivi devant le tribunal correctionnel de Bastia pour trafic d'influence passif, recel de biens provenant d'un délit, blanchiment aggravé et faux en écriture, M. Castelli --qui nie les faits qui lui sont reprochés-- a bénéficié de "subventions aimables d'entrepreneurs" pour près de "200.000 euros" pour compléter le financement de sa villa, "via des fausses factures", avait tancé le magistrat.

 

"Une mécanique de malversations claire"

 

Pour le procureur, la mécanique des malversations est claire: une société gérée par un entrepreneur décédé et jamais entendu dans l'enquête était chargé de la construction de la villa de M. Castelli. Des factures lui ont été réglées par trois autres sociétés pour des travaux fictifs de sous-traitance sur d'autres chantiers, et ces sommes finançaient des travaux sur la villa de l'ex-sénateur.

 

En échange, ces entreprises obtenaient ensuite des marchés publics octroyés par M. Castelli. Le magistrat n'a cependant retenu pour les poursuites qu'un marché public, pour 1,7 million d'euros, alors que plusieurs autres, pour un montant total de 10 millions d'euros, avaient été mis en cause.

 

"Pacte de corruption"

 

Le procureur a appelé le tribunal à condamner M. Castelli pour le "pacte de corruption" existant dans l'attribution du marché public et pour les accusations de faux en écriture mais a requis la relaxe pour le blanchiment de fraude fiscale. "Je n'ai jamais perdu une élection. Je me demande ce que je fais dans cette galère. Si j'étais si pourri que ça, vous pensez que ces gens-là ne s'en seraient pas rendus compte?", avait assuré à la barre M. Castelli, jugé avec trois entrepreneurs dont un avait reconnu des faits de corruption.

 

Les avocats des quatre accusés ont tous plaidé la relaxe pour leurs clients, l'un relevant qu'"on ne condamne pas des gens pour le parfum d'un fait" mais sur des preuves quand un second soutenait que "juridiquement dans ce dossier, il n'y a rien" à part "de la magie grossière judiciaire".



Source : batirama.com

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