Stéphane Leroux, un charpentier spécialisé dans le Patrimoine récompensé

Stéphane Leroux, un charpentier spécialisé dans le Patrimoine récompensé

Stéphane Leroux, charpentier spécialisé dans le Patrimoine, a été nommé lauréat national du concours Ateliers d’Art de France, pour un ouvrage exceptionnel : un dôme à l'impériale.





Légende : L'entreprise gère 8 salariés, d’une moyenne d’âge de 38 ans. Un stagiaire âgé de 20 ans, en reconversion professionnelle via un contrat initiative emploi CIE géré par Pôle Emploi, a été embauché récemment par l’entreprise. Un statut qui permet à l’entreprise de bénéficier d’un allègement de charges.

 

Stéphane Leroux, 59 ans, apprenti dès l’âge de 14 ans et compagnon charpentier à 23 ans, a repris l’entreprise de son père créée en 1964 à Nogent-le Bernard, dans la Sarthe. En 1990, il créé la SARL Leroux et poursuit le développement des activités, en recrutant et formant du personnel (Il gère aujourd’hui 8 salariés).

 

L’entreprise s’est spécialisée dans la restauration du Patrimoine civil et religieux et notamment les manoirs, nombreux dans la région. Cette spécialisation représente jusqu’à 75 % de son activité. C’est d’ailleurs un manoir, celui de Verdigné, un ensemble de bâtiment fortifiés au XVIe siècle et flanqué de 4 pavillons défensifs, qui lui a permis de décrocher une distinction prestigieuse : celle de lauréat national du concours Ateliers d’Art de France (catégorie Patrimoine).

 

« J’ai l’habitude de participer et d’exposer au salon Mans’Art qui se déroule tous les ans au Mans, et lors de l’inscription à ce salon en février 2020, j’ai vu un appel à candidater pour le concours Ateliers d’Art de France » explique Stéphane Leroux.

 

Une inscription au concours dans la catégorie Patrimoine

 

Le charpentier se renseigne et décide alors de s’inscrire dans la catégorie Patrimoine* pour le métier de charpentier. A noter qu’il existe dans cette catégorie des métiers très variés, dont brodeur, céramiste, relieur, luthier, verrier…

 

« Pour ce concours, il fallait présenter un sujet terminé depuis moins de deux ans et nous avions réalisé en 2018 un ouvrage exceptionnel avec la restitution d’un dôme à l’impériale. C’est donc lui, que nous avons présenté à ce concours » précise Stéphane Leroux.

 

Qualifié directement au national (faute de candidat en nombre suffisant en région), le charpentier a eu l’heureuse surprise d’apprendre sa nomination en tant que lauréat national dans la catégorie Patrimoine. Précisons qu’il n’y a pas de podium, le lauréat national étant unique dans la catégorie en question.

 

 

L’entreprise, titulaire de la qualification Restauration du Patrimoine a obtenu la qualification Monuments Historiques depuis le printemps 2020. « Nous sommes la plus petite entreprise Monuments Historiques de France » s’exclame Stéphane Leroux. « C’est un plus pour l’entreprise, notamment en ce qui concerne les marchés publics auxquels nous pouvons soumissionner… »

 

Une belle vitrine pour l’entreprise

 

« C’est une belle vitrine pour nous et une belle récompense pour un travail qui a constitué un véritable défi » ajoute Stéphane Leroux. Seul regret du lauréat : il n’a pas pu recevoir son prix à Paris, en raison de la crise sanitaire.

 

En effet, l’entreprise de Stéphane Leroux devait bénéficier d’une exposition au Salon international du Patrimoine (au Carrousel du Louvre) annulé en 2020 pour cause de Covid-19. Il espère pouvoir être invité en 2021 pour présenter tout son savoir-faire et savourer sa récompense avec son équipe.

 

Mais le charpentier ne s’inquiète pas pour l’avenir : son carnet de commande est plutôt bien garni, (plus de 6 mois), grâce au « bouche à oreille » et aux architectes qui lui font confiance . « Il y a de la demande pour restaurer le patrimoine, mais aussi des concurrents, c’est la raison pour laquelle, il faut être connu et reconnu et un prix comme celui-ci aidera forcément l’entreprise… » conclut le lauréat national du concours Ateliers d’Art de France.

 

               

 

Un ouvrage d’exception : un dôme à l’impériale

 

 

L’ouvrage qui date de 1570 se caractérise par une architecture rigoureusement géométrique, groupé et défensive. Le manoir est constitué d’un corps de logis central, placé en fond de cour et encadré de deux ailes latérales.  L’ensemble cantonné de quatre pavillons au plan bastionné.

 

Ces pavillons sont tracés selon une forme géométrique dite « quadrilatère orthogonal ». De fait, les façades ne sont pas parallèles et donc pas d’équerres, seul l’angle intérieur de la cour est à 90°. « Cette disposition géométrique implique de fabriquer une charpente qui n’est pas régulière de versant en versant » précise Stéphane Leroux

 

Dans le détail, seuls deux des versants sur les quatre sont tracés sur des courbes régulières. Et pour conserver les arêtiers droits en plan, il faut donc, à partir de ces versants, déterminer les courbes qui, elles-mêmes, permettront de calculer les dimensions des autres pièces, chaque ferme étant différente.

 

55 dessins et épures à réaliser

 

Après avoir effectué un relevé sur chantier, les compagnons ont réalisé des plans très précis en atelier à l’aide de l’ordinateur (CAO-DAO). « Ces plans nous permettent de tracer des épures à l’atelier. En fait, cela consiste à retranscrire le plan de chaque élément à l’échelle 1 » détaille Stéphane Leroux.

 

Et ces plans sont nombreux car ils correspondent au nombre d’élévations, ainsi un chevron seul donne lieu à la réalisation d’une épure. Pour tailler cette charpente, il a fallu réaliser 55 dessins et épures.

 

« Cette première partie consacrée à la réalisation de plans est l’opération la plus compliquée car c’est là que tout se joue », estime le charpentier. La taille des pièces en bois de chêne local demande bien sûr de l’expérience : il faut savoir chantourner les pièces, maîtriser la mise sur ligne, le piquage, le taillage, la mise dedans et le perçage à « tire ».

 

 

Pour tailler cette charpente, il a fallu réaliser 55 dessins et épures, après un relevé précis sur chantier et au moyen de l'ordinateur (CAO DAO).

 

« Levage de la charpente : l’opération que l’on savoure le plus »

 

Cette préparation de la charpente demande beaucoup de temps, environ 800 heures, soit 2 bons mois à 2 personnes et demie en moyenne. Le levage de la charpente sur le chantier demande peu de temps en comparaison : environ 100 heures, soit une semaine de travail à 3 compagnons.

 

« C’est la partie du travail que l’on savoure le plus : on lève la charpente et voit tout ce que l’on a taillé. Et si les opérations se déroulent rapidement sans difficulté, cela constitue notre 2e satisfaction car c’est la récompense de deux mois de travail préalable » résume Stéphane Leroux

 

 

 

*ll existe deux catégories pour le concours Ateliers d’Art de France : le prix Patrimoine et le Prix Création.

 


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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