France Relance : le volet énergie porte sur le nucléaire et l’hydrogène

France Relance : le volet énergie porte sur le nucléaire et l’hydrogène

Le plan de relance contient un volet énergie centré sur l’hydrogène et le nucléaire, mais prévoit aussi de multiples aides sectorielles pour verdir l’énergie consommée en France.






L’aide de France Relance au secteur énergétique est dispersée à travers plusieurs chapitres. Commençons par l’aide directement affectée au secteur de l’énergie. Elle se trouve dans le chapitre Ecologie sous « Technologies Vertes ».

 

Certaines des mesures envisagées dans « France Relance », indique le document du gouvernement, « permettent de développer de nouvelles technologies qui ont un potentiel de réduction massive des émissions à long terme. C’est le cas par exemple de l’hydrogène, qui pourra avoir des applications dans les transports, dans l’industrie et dans la production d’énergie décarbonée.

 

2 milliards pour l’hydrogène tout de suite, 7,2 milliards d’ici 2030

 

A propos du soutient au développement d’une filière hydrogène en France, les annonces du gouvernement sont relativement compliquées. Premièrement, Relance France prévoit 2 milliards pour l’hydrogène, à dépenser entre 2021 et 2022.

 

Mais le document du gouvernement indique que 3,4 milliards d’euros seront consacré au développement de cette stratégie d’ici 2023, et que 7,2 milliards d’euros au total seront mobilisés pour l’hydrogène d’ici 2030. Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, doit réunir une conférence de presse pour clarifier tout ça et esquisser l’emploi des 7,2 milliards prévus d’ici 2030.

 

En attendant, France Relance indique que la consommation d’énergie représente près de 70% des émissions françaises de gaz à effet de serre. « La production d’énergie renouvelable reste encore à développer, et l’hydrogène apparait comme une solution très pertinente puisqu’il peut être stocké. Les procédés de production restent à améliorer pour produire de manière compétitive de l’hydrogène renouvelable ou bas-carbone.

 

La France doit être pionnière sur le développement de ces technologies, ce qui nécessite la mise en place de dispositifs de soutien adaptés à l’industrialisation de ces technologies, notamment et principalement l’électrolyse de l’eau ».

 

Hydrogène : des actions communes avec l'Allemagne

 

France Relance envisage de consacrer 2 milliards entre 2021 et 2022 à 3 leviers principaux :

 

  • Soutien aux projets portés par les entreprises dans les territoires, afin notamment de favoriser l’émergence d’une offre française de solutions hydrogène ;

 

  • Mise en place d'un mécanisme de soutien à l'hydrogène produit par électrolyse de l’eau par appel d’offres et complément de rémunération ;

 

  • La mise en place d’un projet commun européen (IPCEI ou Important Project of Common European Interest) en vue de soutenir l’industrialisation sur le territoire et le développement de démonstrateurs.

 

D’ailleurs, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la relance, a indiqué qu' il regardera « avec l'Allemagne comment on peut conjuguer les 7 milliards que la France met sur ce grand projet d'hydrogène, avec les 9 milliards que l'Allemagne met de son côté ».

 

Un projet européen pour développer les piles à combustible

 

Côté solutions finançable, Relance France énumère :

 

  • le financement de projets de recherche pour le développement des solutions décarbonées basées sur l’hydrogène pour le maritime et l’aviation,

 

  • le lancement d’un projet européen (IPCEI) visant à développer et industrialiser des solutions françaises de piles à combustible, de réservoirs et de matériaux pour permettre le développement de véhicules à hydrogène pour la mobilité ; ainsi que d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène bas carbone et la décarbonation de sites industriels.

 

Le plan de relance ne mentionne ni la combustion de l’hydrogène dans des chaudières, ni le mélange d’hydrogène au gaz naturel dans les réseaux de GrDF, ni les mécanismes « Power to Gas » : électrolyse, stockage d’hydrogène, puis fabrication de gaz « naturel » (CH4) à partir de l’hydrogène produite et de carbone, épuré et stocké, issu de process industriels.

 

©Atawey

Relance France, pour fixer les idées, cite deux projets déjà financés via le programme d’investissements d’avenir :

- Atawey qui conçoit, fabrique et installe des stations de recharge hydrogène autonomes (production sur site par électrolyse de l’eau à partir d’électricité vert, stockage et recharge de véhicules) a reçu 311 802 €.

- McPhy, coté sur le marché Euronext à Paris, conçoit et fabrique des électrolyseurs et des stations hydrogène et a reçu 8 millions d’Euros en fonds propres.

©McPhy

 

 

Nucléaire : vers de petits réacteurs modulaires

 

Le plan de relance consacre 470 millions d’euros au nucléaire pour investir dans les compétences et la formation, soutenir les sous-traitants de la filière et préparer l’avenir en finançant la recherche pour la conception de petits réacteurs modulaires (SMR).

 

La France, engagée dans le développement de grosses centrales nucléaires est en retard sur cette technologie. Présenté en septembre 2019, le projet français Nuward, développé conjointement par le CEA, EDF, Naval Group et TechnicAtome, sera nettement plus puissant que le SMR de NuScale et vise 300 à 400 MW électriques

 

 

 

Relance France prévoit en effet d’investir dans le projet Nuward qui doit développer des SMR français. Un SMR ou Small Modular Reactor (petit réacteur modulaire) est la nouvelle technologie en développement à travers le monde en ce qui concerne les réacteurs nucléaires. ©Nuward Consortium

 

 

Un seul SMR a reçu une autorisation d’exploitation dans le monde, c’est celui de l’américain NuScale qui a terminé fin août le processus de validation par le DOE (ministère américain de l’énergie). Le SMR développé par NuScale offre une puissance thermique de 200 MW et une puissance électrique de 60 MW seulement, tandis que l’EPR en construction à Flamanville atteindra 1 650 MW électriques. ©NuScale

 

 

Le SMR de NuScale fonctionne entièrement en circuit fermé. Le générateur nucléaire proprement dit est assemblé en atelier et transporté fini vers son site d’installation.

 

1,2 milliard pour décarboner l’industrie

 

Côté consommation d’énergie, France relance comporte un chapitre étoffée consacré à l’industrie. Environ 20% des émissions de GES (Gaz à effet de serre) en France proviennent des activités industrielles. France Relance prévoit donc 1,2 milliard d’Euros sur la période 2020-2022 pour « améliorer l’efficacité énergétique, faire évoluer les procédés de fabrication, notamment par le biais de l’électrification, et décarboner la production de chaleur ».

 

Parmi les actions à soutenir, Relance France cite notamment le remplacement des chaudières à charbon industrielles par des chaudières biomasse neutres en charbon, en chiffrant la réduction des GES attendue à plusieurs dizaines de milliers de tonnes de CO2/an. Les deux autres mesures citées sont le remplacement des réchauffeurs industriels par des modèles plus efficaces (3000 t CO2/an en moins) et les pompes à chaleur pour des procédés industriels (sans chiffrage de réduction des GES).

 

Le soutien à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à l’électrification des procédés prendra deux formes. Premièrement, pour les projets de plus de 3 millions d’euros. L’Ademe devrait lancer plusieurs AMI (Appels à Manifestation d’Intérêt) et Appels à Projets. Le texte du gouvernement indique qu’un premier appel à projet pour l’efficacité énergétique devait être lancé fin août.

 

Le 7 septembre à midi, le site de l’Ademe n’en contient aucune trace. Un AMI pour des projets de transformation des procédés, notamment par leur électrification, devait également être lancé fin Août par l’Ademe : sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? Selon l'Ademe, Appel et Ami devraient être connus dans la semaine. Enfin, souligne le gouvernement, des projets de transformation des procédés pourraient être soutenus dès 2020, en fonction de leur maturité et des moyens disponibles.

 

Deuxièmement, pour les projets de moindre ampleur et plus standardisés, un soutien en guichet distribué par l’ASP sera basé sur une liste d’équipements éligibles. L’ASP, Agence de Services et de Paiements verse les aides publiques européennes, nationales et locales . Le site de l’ASP ne contient de tel pour l’instant. 

 

40 milliards d’euros de financements européens

 

Le dossier de presse consacré à « Relance France » énumère les sources de financement de ce plan de relance. Sur un total de 100 milliards d’euros, 40 milliards viendront du plan de relance européen, le reste sera couvert par la troisième loi de finances rectificative pour 2020, le projet de loi de finances 2021, le programme d’investissement d’avenir (PIA4), le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021.

 

La part européenne devra être approuvée par la Commission Européenne, puisque « les financements européens seront attribués pour soutenir des investissements et des réformes qui ont un effet durable sur la productivité, qui accompagnent et accélèrent la transition écologique et numérique et qui facilitent la convergence des économies européennes ».

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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