Ventilation et BBC : simple ou double-flux ?

Ventilation et BBC : simple ou double-flux ?

La ventilation est un élément essentiel dans le bilan thermique. Les déperditions surfaciques et linéiques réduites, il faut traiter les déperditions par renouvellement d’air pour atteindre l’objectif bâtiment basse consommation (BBC).




 

Quand on sait qu’un habitant produit environ 1,5 litre d’eau par jour, alors que ses activités peuvent générer jusqu’à 20 litres de vapeur d’eau, et que l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur, on peut s’inquiéter que seuls 70 % des logements sont équipés d’un système de ventilation naturelle ou mécanique contrôlée.

 

En termes de double-flux, cette pratique demeure infime mais le marché est en pleine croissance avec les exigences liées aux BBC.

 

Un bon système de renouvellement d’air

 

Ces constructions doivent être étanches pour éviter les entrées d’air parasites, l’inconfort et les surconsommations dues à ces infiltrations, bien isolées et, enfin, bénéficier d’un système de renouvellement d’air efficace.

 

Objectif : apporter l’air neuf assurant la qualité d’air ambiant à l’intérieur de la maison, évacuer l’humidité et maîtriser le confort thermique et acoustique.

 

Une bonne association de ces éléments mènera à la réussite d’un projet de construction basse consommation.

 

Alors simple-flux, double-flux avec ou sans récupération d’énergie ? Découvrons les avantages et les inconvénients.

 

 

AVIS D'EXPERT

 

François Chardon
Responsable marketing métiers produits chez Aldès

 

« L’essentielle mise en œuvre ! »

 

« Pour atteindre les objectifs au niveau du bâti, l’exigence sur la perméabilité à l’air interdit que la ventilation se fasse par les fuites du logement. En construction BBC, elles ne peuvent plus exister et doivent être contrôlées.

 

Le rôle de la ventilation s’en trouve donc renforcé ! Si l’on prend un logement des années 50 que l’on ne rénove pas entièrement mais dans lequel on installe une ventilation plus ou moins bien mise en œuvre, on constatera des désordres qui resteront limités à la hauteur de ce que les fuites du logement ventileront par elles-même.

 

Dans un logement BBC, la qualité de la réalisation du système est importante pour s’assurer que les résultats seront à la hauteur des exigences réglementaires.

 

En tant que fabricant, nous développons des modules de formation pour ces nouveaux systèmes qui ne se limitent plus à raccorder des conduits métalliques à un ventilateur. Au niveau du syndicat Uniclima, nous poussons à développer la professionnalisation de la filière dans sa dimension installation pour s’assurer que tous les systèmes, même les plus basiques comme le simple-flux hygro soient correctement posés.

 

On est confronté au poids des habitudes et aujourd’hui des installateurs qui n’installeraient pas correctement les solutions choisies pourraient causer des désordres nettement plus importants que par le passé. Cette mauvaise mise en œuvre conduit à une sous-ventilation du logement qui va engendrer de l’humidité.

 

Rappelons que la ventilation contribue au confort en diluant les polluants présents dans l’habitation tels que les composants organiques volatils. »




 

Cas n° 1 : la ventilation simple-flux hygroréglable

 

 

C’est aujourd’hui une solution privilégiée qui trouve sa place dans une logique de performance thermique quand elle est couplée à un système de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire intéressant.

 

Une ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple-flux hygroréglable basse consommation optimise la quantité de renouvellement d’air pour avoir la plus faible consommation énergétique possible tout en assurant une bonne qualité d’air.

 

A titre d’exemple, dans certaines régions, une chaudière gaz couplée à un chauffe-eau solaire individuel et à une VMC simple-flux hygroréglable permet d’être conforme avec les exigences d’une construction BBC.

 

La version la plus évoluée de ce système consiste en un simple-flux à récupération de chaleur et elle s’adapte tant en neuf qu’en rénovation. Le principe est simple, la quantité d’air extraite par le système hygroréglable passe à travers une pompe à chaleur, au lieu de la rejeter à l’extérieur, ce qui permet de préchauffer l’eau chaude sanitaire gratuitement.

 

Ainsi, en rénovation, le remplacement d’un ballon d’ECS, si la configuration des lieux l’autorise, permet d’installer un tel système sans forcément de gros travaux. Bien évidemment cette option reste préférable dans le cadre d’une rénovation plus globale d’un logement dans son ensemble. 

 

Intérêts :

solution efficace pour du confort thermique. Coût relativement modeste.


Limites :

ne fait pas de rafraîchissement ni d’eau chaude sanitaire.




 

Cas n° 2 : le double-flux avec récupération d’énergie

 

 

Cette solution, envisageable en rénovation lourde, est nettement plus adaptée à des constructions neuves pour des raisons de mise en œuvre.

 

On trouve ici la notion de performance thermique combinée à de l’hygroréglable qui est meilleure que le simple-flux hygroréglable, mais qui permet d’apporter un plus avec le confort d’été.

 

En effet, installer un double-flux uniquement pour l’aspect thermique n’est pas une solution optimale. Son réel intérêt réside dans la possibilité de faire du rafraîchissement suivant certaines conditions telles qu’un débit d’air suffisant par exemple.

 

Dans certains cas, ce système double-flux avec récupération d’énergie peut être couplé à une chaudière gaz. Comme pour un simple-flux, le bon fonctionnement d’une telle solution ne saurait être dissocié d’un entretien efficace et régulier.

 

En effet, un système encrassé peut contaminer l’air soufflé dans l’habitation, il convient donc de nettoyer les bouches d’extraction et de soufflage, un simple lavage à l’eau savonneuse suffit, sauf dans le cas de bouches hygroréglables sous peine de nuire à leur bon fonctionnement.

 

Côté ventilateurs, l’entretien consiste à vérifier leurs fixations et le bon état des moteurs. Les filtres présents sur l’installation de ventilation doivent aussi être nettoyés ou remplacés.

 

Pour toutes ces opérations, un entretien annuel est une bonne fréquence.

 

Intérêts :

possibilité de faire du rafraichissement.


Limites :

pas vraiment opportun dans une rénovation.




 

Cas n° 3 : chauffage + ECS+ ventilation + rafraîchissement

 

 

Cette solution la plus aboutie permet de faire de l’eau chaude sanitaire à partir des calories récupérées sur l’air extrait et le chauffage avec une pompe à chaleur sur l’air extrait.

 

Pour faire fonctionner ce système, l’énergie principale est l’électricité en bénéficiant de coefficients de performance variables entre 3 et 4, suivant les machines. Cette solution apparaît comme idéale et parfaitement adaptée aux constructions BBC.

 

Elle permet d’obtenir une bonne performance thermique, elle offre un chauffage et une production d’eau chaude sanitaire à moindre coût. Enfin, dernier point et non des moindres, le confort d’été. Avec ce système, on peut bénéficier d’un rafraîchissement peu énergivore.

 

En effet, on utilise en été le moment où l’on fait de l’ECS pour obtenir du rafraîchissement, ceci gratuitement. Cette partie confort d’été dans les bâtiments BBC fait apparaître un enjeu intéressant qu’il faut traiter le plus possible en travaillant sur le bâti par une bonne conception bioclimatique de la maison, des occultations de fenêtres par exemple.

 

En revanche aussi performante que pourra être la conception, l’utilisation même du bâtiment est primordiale. Laisser les fenêtres ouvertes en pleine journée d’été nuira au bon résultat escompté.

 

Pour palier ces désordres, il est intéressant de bénéficier d’un rafraîchissement actif (le moins possible). Ce système est idéal tant en maison individuelle qu’en logements collectifs.

Intérêts :

traite le confort d’été et l’eau chaude sanitaire.


Limites :

le coût d’installation.

 

 

INFOS PRATIQUES

 

Le CO2, technologie du futur




Les évolutions et tendances sur ces systèmes vont dans les sens de la technologie CO2. Jusqu’à présent, on utilise des fluides frigorigènes de différents types qui s’améliorent de plus en plus en termes d’impact environnemental, et le CO2 est complètement neutre de ce point de vue là.

 

Autre intérêt, sa puissance instantanée disponible plus importante qui s’avère intéressante surtout pour la production d’eau chaude sanitaire. En cas de forte demande ponctuelle, il ne sera plus nécessaire de faire appel à un appoint électrique, la technologie CO2 s’en chargera.

 

Quelle perméabilité à l’air ?

 

Pour une construction BBC, l’étanchéité à l’air (I4) doit être mesurée et être inférieure à 0,6 m3/h.m². Ce niveau de performance est aussi celui que retient la nouvelle réglementation Thermique RT2012, obligatoire pour toute construction neuve à partir du 1er janvier 2013.

 

Ce calcul du coefficient I4 est le résultat du débit des fuites à 4 Pa divisé par la surface de parois froides (hors plancher bas). Dans la construction neuve mais aussi en rénovation, les principales sources de fuites d’air sont les liaisons façades-planchers, les joints de fenêtres sur l’encadrement des murs, les équipements électriques à travers leurs boîtes d’encastrement ou de dérivation, les trappes de visites et les éléments traversant les parois.

 

 

Source : batirama.com / L. Denovillers

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