Comment peindre dans les cages d’escalier contenant du plomb

Comment peindre dans les cages d’escalier contenant du plomb

Pour protéger la santé des opérateurs et des occupants, aider les entreprises et conseiller une méthodologie d’intervention, Gestes et l’OPPBTP ont élaboré un kit dédié au plomb dans les cages d’escalier.



Certes, « l’incendie de Notre-Dame de Paris et le décalage de la rentrée scolaire de 2019 dans cinq écoles parisiennes ont médiatisé le plomb », constate Olivier Delalande, architecte et coordonnateur SPS Compagnie des architectes de copropriété (CAC). Une prise de conscience est là.

 

Mais en attendant, le plomb qui se loge dans les peintures des murs intérieurs, extérieurs, menuiseries et boiseries, enduits ou éléments métalliques, reste problématique. Notamment pour les entreprises franciliennes pour qui les travaux de cage d’escalier représentent une part significative de leur activité. « C’est un contexte mal appréhendé, par manque de connaissance et de formation », explique Patrick Ravizza, directeur général d’Aufrère & Ravizza.

 

Un diagnostic avant travaux obligatoire

 

Première difficulté, « obtenir le diagnostic auprès des maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre ». Un repérage plomb avant travaux doit être réalisé dans tous les bâtiments construits avant 1949… et au-delà, « car la présence de plomb est toujours possible après cette date.

 

Des revêtements ont pu être masqués avec par exemple une ossature métallique non visible recouverte de peinture au minimum de plomb. Sa présence est indétectable par simple observation », alerte Mireille Loizeau, médecin du travail et médecin-conseil de l’OPPBTP.

 

Aujourd’hui, moins de 10 maladies professionnelles liées au plomb sont reconnues par an, « et il n’existe plus d’intoxication chronique. Mais, il faut maintenir les plombémies au plus bas niveau possible », alerte le médecin-conseil, la principale source d’intoxication se faisant par ingestion du plomb.

 

Appréhender le sujet plomb en amont

 

Mais rien n’est toujours simple sur le chantier : « Lorsqu’on arrive à la phase chantier de nombreux points restent à l’appréciation de chacun des intervenants, avec des disparités dans l’interprétation du sujet », reprend Patrick Ravizza.

 

Or, le chef d’entreprise a une obligation de résultat. « Il doit avoir une connaissance précise du risque car devant la loi, il engage sa responsabilité pénale », avertit Stéphane Carmine, vice-président de l’université Européenne des métiers de la finition.

 

Conséquence : l’OPPTBTP et Gestes* ont réalisé un kit « Quelle méthodologie pour les travaux de peintures dans les cages d’escalier contenant du plomb ? » (ci-dessous). Le but : « préparer en toute sécurité les travaux de peinture en présence de plomb et communiquer avec la maîtrise d’ouvrage, et les occupants avant et pendant travaux », reprend Stéphane Carmine. Et Patrick Ravizza d’insister : « Il faut appréhender le sujet du plomb en amont car il impacte les délais et l’économie du chantier ».

 

*le Groupement des entrepreneurs spécialisés dans le traitement et l’embellissement des surfaces

 

Ce que contient le kit plomb en cage d’escalier

 

Il est accompagné d’un courrier type, qui a été envoyé par Gestes « auprès de 2 000 maîtres d’ouvrages, syndics et maîtres d’œuvre. Il leur rappelle l’obligation de fournir aux entreprises un diagnostic plomb détaillé, avec le rapport de repérage avant travaux correspondant au périmètre d’intervention, et avant la réalisation du devis et les travaux.

 

Il est nécessaire pour maîtriser le chantier et éviter l’allongement des délais et coûts supplémentaires, sachant que le Constat de risque d’exposition au plomb (CREP) n’est qu’un diagnostic immobilier. Il ne suffit pas », rappelle Nicolas Nocquet, conseiller prévention à l’OPPBTP.

 

Ce kit énonce une méthodologie d’intervention précise : de l’information des occupants, installation de la base vie, prélèvements surfaciques voire atmosphériques, juqu’au phasage prévu, isolement de la zone de travaux, protections collectives et individuelles.... Enfin, un dernier chapitre informe de la manière dont traiter ces déchets de chantier particuliers.

 

 

Pour plus d’infos 

 

  • OPPBTP, tél. : 01 40 31 64 00, www.preventionbtp.fr
  • Gestes (Groupement des entrepreneurs spécialisés dans le traitement et l’embellissement des surfaces), tél. : 01 40 55 12 00, www.gestes.ffbatiment.fr


Source : batirama.com / Stéphanie Lacaze Haertelmeyer

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