Ironhand, le gant bionique de Bioservo pour assister les opérateurs

Ironhand, le gant bionique de Bioservo pour assister les opérateurs

L’innovation booste la prévention en apportant des solutions pour améliorer la santé et sécurité au travail. Ce gant robotisé augmente l'endurance des compagnons et prévient les troubles musculo-squelettiques.



Légende : des capteurs de force sur chaque doigt détectent la préhension. Des tendons artificiels sont activés par des moteurs électriques situés dans un sac à dos.

Fondée en 2006 par un neurochirurgien et un professeur en mécatronique suédois, Bioservo  est financée par des fonds privés et par des subventions suédoises et européennes. La start-up connaît une phase intense de développement technique avant de finaliser et commercialiser ses produits. Cotée en bourse depuis 2017, elle emploie aujourd’hui 30 collaborateurs, basés à Stockholm.

 

Le premier dispositif mis sur le marché en 2013 est un gant médical de réadaptation, permettant de retrouver une capacité de préhension.

 

Dès 2016, de grands groupes et institutions, comme Eiffage, General Motors, Airbus, General Electric et la Nasa demandent à adapter le concept à leurs secteurs d’activité. La première version du gant bionique industriel Ironhand est lancée chez ces partenaires en 2018. Depuis juin 2019, le dispositif est accessible à tous, partout en Europe et aux Etat-Unis.

 

Eiffage, premier utilisateur dans le BTP

 

Eiffage et Bioservo ont signé un partenariat en août 2017. Sur les chantiers d’Eiffage, l’utilisation de la main et du poignet est intense, d’où l’intérêt du groupe pour un système d’assistance adapté à ses besoins.

 

Testé par des monteurs, soudeurs, chaudronniers, robinetiers, etc., le gant bionique permet de réduire fortement les risques ergonomiques au niveau de la main et du poignet.

 

Les perspectives de développement

 

Aujourd’hui, Bioservo se concentre sur les pays où la demande d’exosquelettes est la plus importante : la France, l’Allemagne et les Etats-Unis. L’Hexagone est probablement le pays du monde le plus avancé : la Loi pénibilité contribue à l’intérêt porté à l’ergonomie par les entreprises, dont un certain nombre salarient des ergonomes.

L’intérêt pour les exosquelettes y est vif ; l’INRS et le groupe Afnor exosquelettes, notamment, travaillent sur le sujet avec les grandes entreprises. L’automobile, l’aéronautique et le BTP/Génie Civil sont des secteurs particulièrement porteurs. En 2021, on y verra peut-être des bras bioniques Bioservo.

 

 

 La force générée par le gant bionique est adaptée à l'effort nécessaire. Elle est réglable pour chaque opérateur et chaque poste de travail.

 

Questions à Christophe Pialot, responsable des ventes Europe

 

 

Où se procurer Ironhand en France ?

 

En 2019, nous avons lancé une version améliorée d’Ironhand qui est maintenant disponible partout et pour tous en France, chez un loueur en exclusivité. A la vente, le gant est distribué en exclusivité via une marque du groupe Europe Technologies. Leur équipe a l’expérience de la vente d’exosquelettes pour des applications industrielles.

 

 Quels sont les avantages de votre solution pour les entreprises du bâtiment ?

 

Le système permet une diminution des maladies professionnelles. Autonome pendant six à huit heures, il assiste l’opérateur dans des activités répétitives et à la longue usantes, telles que saisir, serrer, maintenir, couper, cintrer, souder…

 

Quel en est le principe ?

 

Ironhand est équipé de 5 capteurs de pression localisés au niveau de la dernière phalange de chaque doigt. Ceux-ci vont activer les tendons synthétiques intégrés dans le tissu du gant. Le gant souple et articulé pèse 20 grammes et ne limite ni la préhension ni les mouvements. Il est toujours utilisé avec un sur-gant en adéquation avec l’activité.

 

Aucun entretien n’est nécessaire. Le gant souple est un consommable et a une durée de vie estimée pour le moment à 100 000 cycles. Celle de l’unité centrale est estimée à 1 million de cycles. Nous réalisons avec nos partenaires des tests de longue durée.

 

Comment cela fonctionne-t-il ?

 

Les capteurs enregistrent, entre autres, la pression exercée par chaque doigt. Le microprocesseur intégré dans l’unité centrale de 2,5 kg placée dans le sac à dos et reliée au gant par un cordon, ajuste la force nécessaire à appliquer à chaque doigt, grâce à 5 micromoteurs électriques qui tirent sur les tendons artificiels et ferment les doigts indépendamment.

 

L’intensité de la force appliquée est réglable par l’opérateur, grâce à une télécommande attachée au niveau de l’épaule sur l’une des bretelles du sac à dos.

 

Le système permet aussi de collecter des paramètres liés au mouvement de la main, tels que les cycles de préhension, le mouvement dynamique ou statique de chaque doigt, le temps d‘activité, le niveau de force, etc.

 

Ces informations peuvent être utilisées pour générer automatiquement un rapport sur le risque ergonomique au niveau de la main de chaque utilisateur.

 

Où en est le développement de votre solution ?

 

Depuis 2018, nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires industriels. La 3eme génération d’Ironhand a été mise sur le marché fin 2019 avec un design plus compact et une sensibilité accrue.

 

Depuis quelques mois, une nouvelle solution pour porter l’unité centrale est disponible : il s’agit d’un sac ceinture qui permet de reporter le poids du système sur les hanches plutôt que sur les épaules. Cette version permet aussi de pouvoir utiliser deux systèmes en même temps, un pour chaque main.

 

Nous avons par ailleurs mis à disposition des utilisateurs une application gratuite en français pour smartphones et tablettes, qui permet de configurer le gant de façon très intuitive.



Source : batirama.com/ Emmanuelle Jeanson

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1 Commentaire


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  • par raymond
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dans cette association homme-robot, les conditions de travail peuvent être finalement éprouvantes et inconfortables si de bien plus hautes performances sont exigées en cadence et régularité du travail : l’augmentation de la productivité de l’entreprise grâce aux exosquelettes se ferait alors au détriment de la santé des salariés et non pour l’amélioration des conditions de travail !

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