Un prisme vitré en porte-à-faux pour la Maison des Avocats

Un prisme vitré en porte-à-faux pour la Maison des Avocats

Le chantier hors-normes de la nouvelle Maison de l'ordre des Avocats a été confié à Renzo Piano. Ce nouvel édifice vitré se dresse sur le parvis du nouveau TGI de la ZAC Clichy-Batignolles.



© L.Zylberman / Graphix-Images

 

La construction du nouveau Tribunal de Grande Instance (TGI) parisien dans le quartier des Batignolles, a demandé à l'ordre des Avocats de déplacer aussi leur siège parisien. La décision a été prise dès 2012 de construire leur nouvelle Maison sur une parcelle à la forme triangulaire et aux fortes contraintes de sous-sol, qui jouxte le parvis du TGI.

 

Après appel d'offre, le chantier a été confié à l'agence d'architecture, Renzo Piano Building Workshop (RPBW) qui a aussi signé le TGI. La nouvelle Maison des Avocats va ouvrir dès Mars 2020 pour les 30 000 avocats parisiens et pour leurs collègues venant des Régions en déplacement à la capitale. Outre les bureaux, elle abrite de nombreux espaces de réunion, une bibliothèque, un auditorium, une salle de conseil et une salle des marchés.

 

Dressé perpendiculairement par rapport à la façade principale du TGI, ce prisme vitré est affiné à sa base par deux généreux porte-à-faux. Ses concepteurs revendiquent une certaine proximité visuelle avec le TGI. « Un équilibre géométrique avec le TGI a été recherché avec une hauteur identique à celle du socle voisin. La double peau présente à l'extérieur les mêmes reflets que la peau extérieure du TGI. Néanmoins elle affiche sa singularité avec sa forme spéciale triangulaire et une transparence quasi totale », confie Paulo Colonna, architecte associé chez RPBW.

 

 

Salle de 3m20 de hauteur sous plafond, située dans la point avant et réservée au maniement de fonds de la CARPA (caisse des règlements pécuniaires des Avocats). © L.Zylberman / Graphix-Images

 

Huit étage en lévitation

 

« Ce chantier qui a démarré en 2016 est une prouesse architecturale située sur une parcelle très complexe de 1200 m2 en triangle, dont seulement 400 m2 étaient utilisables pour les fondations. En effet le sous-sol abrite le tunnel du métro lignes 13, de nouveaux ouvrages réalisés pour la ligne 14 ainsi que les tirants du TGI qui viennent à l'intérieur de notre propriété. Le chantier est fortement imbriqué avec ceux de la RATP», confie Jérôme Durand, Directeur Général Promotion IDF du promoteur Sogelym Dixence. Ces difficultés expliquent en partie le coût élevé du projet, 85 millions d'euros pour 7 150 m² de surface de plancher.

 

Du fait de ces contraintes, la conception structurelle est audacieuse et très technique. L'ensemble de la structure repose sur seulement cinq points d'appui, le noyau central en béton et quatre poteaux mixtes acier rempli de béton d’une hauteur d’environ 31 mètres. Ces poteaux d'une grande finesse soutiennent l'exosquelette métallique qui ceinture le bâtiment. Celui-ci est capable de reprendre les efforts des deux porte-à-faux, l'un de 27 mètres à la pointe avant et un de 10 mètres, situé à l'arrière.

 

La mise en oeuvre des éléments en porte-à-faux a été réalisée avec l'emploi d'une contre-flèche constructive initiale de l'exosquelette de plus de 12 centimètres. Le chargement progressif de la charpente métallique avec les planchers béton et les panneaux suspendus des façades, a permis de la ramener progressivement à sa position horizontale définitive. Le recours à un process BIM et à une maquette numérique 3D fut indispensable étant donnée la complexité structurelle du projet.

 

 

Massif en béton baryté sur boites à ressort présenté par Julien Isher de l'entreprise générale Petit. © F.Ploye

 

Coupure acoustique avec le sous-sol

 

Du fait des vibrations du métro en sous-sol, l’ensemble de la structure a été désolidarisé des fondations par l’intermédiaire de boîtes à ressorts. Comme les boites à ressort traitent mieux les mouvements verticaux qu'horizontaux, les poteaux ont été lestés en partie basse par des massifs cubiques en béton « lourd ».

 

« Le centre de gravité des poteaux a ainsi été déplacé vers le bas avec l'utilisation de cubes de béton baryté qui font plus de quarante tonnes chacun. Les poteaux de l'exosquelette sont insérés dans ces massifs en sous-sol dont le béton est à prise rapide », détaille Julien Isher, directeur régional de Petit (Vinci Construction France)

 

 

Plancher en beton brut © F.Ploye

 

Des planchers en béton brut

 

L'agence de Renzo Piano est réputée pour son soin apporté aux détails et à un travail fin sur les matériaux. Les dalles de plancher en béton armé laissé apparent en plafond viennent en témoigner. Coulées sur place, elles sont suspendues et désolidarisées de la structure métallique afin d'éviter de fissurer du fait des déformations structurelle. Leur épaisseur de 14 cm apporte de l'inertie thermique à un ouvrage en grande partie constitué de verre et d'acier.

 

« Les fonds de coffrage de ces éléments de dalles ont été préparés sur site avec les réservations mais à côté du chantier, afin de conserver leur propreté en évitant que les ouvriers ne viennent marcher dessus. Ils sont ensuite grutés et coulés en place. Le traitement de surface du béton brut après décoffrage est artisanal. De l'enduit est appliqué sur le béton. C'est un produit d'argile un peu spécial qui absorbe les saletés comme pour la restauration des pierres puis la surface est légèrement poncée », savoure Paulo Colonna.



Source : batirama.com / François Ploye

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