Quand le Bloc béton à isolation intégrée séduit un constructeur

Quand le Bloc béton à isolation intégrée séduit un constructeur

© Alkern

La start-up Easy House a jeté son dévolu sur un bloc béton avec isolant intégré pour son concept innovant de maisons individuelles..



Dans la région de Nantes (45), un nouveau genre de constructeur de maisons individuelles pose ses fondations. Son nom : Easy House. Son credo : une maison facile. Car Arnaud Fadin, directeur général de cette start-up compte bien briser les codes d’un secteur aux habitudes scellées dans le béton. Et souvent opaques.

 


Cet entrepreneur, qui a fait ses armes dans l’automobile avant d’investir la construction, a décidé d’élaborer une offre marketée, fondée sur la transparence et la facilité apportée par le numérique.

 


« Lorsque quelqu’un surfe sur notre site, il accède en toute clarté aux prix de nos maisons en catalogue. Bientôt, grâce à un configurateur, les personnes qui nous consultent pourront personnaliser leur projet. De manière instantanée, le prix augmentera selon les options choisies afin d’évaluer précisément le montant global », continue le dirigeant.

 


Il annonce aussi être le seul constructeur de maisons individuelles à indiquer en ligne les plans, les cotes et tous les équipements inclus de manière claire et visible. Le créateur d’Easy House souhaite ainsi mettre un coup de pied dans la bétonnière et se démarquer.

 

Finalisation de la semelle avant montage des murs de maçonnerie pour la réalisation d’une maison neuve de 126 m2 en R+1 à Ingré (45) © Easy House

 

De la performance bien posée

 

Il a décidé d’appliquer des marges réduites, sans sacrifier à la qualité des produits et des équipements, et en embauchant des artisans du cru payés au juste prix. « Je souhaite proposer aux particuliers des solutions alternatives, différenciantes et qui sont une réelle valeur ajoutée ».

 


Du coup, pour réaliser la maçonnerie, Arnaud Fadin a écarté d’emblée la brique en terre cuite de 20 cm. Trop commune dans le cadre de la construction de maisons individuelles, « et qui génère des soucis d’enduit. Ce dernier étant dans ce cas allégé, il faut au préalable réaliser un gobetis pour assurer son adhérence au support. Or, il nécessite un long temps de séchage. Sauf que lors de la construction de maison individuelle, personne ne revient un mois après avoir appliqué son produit pour terminer les travaux », lance le patron d’Easy House.

 


En outre, il cherchait un bloc de maçonnerie à la performance thermique avérée : exit la brique de 20 cm avec son insuffisant 0,75 m2.K/W. Idem pour le bloc parpaing encore moins performant avec sa trop faible résistance thermique de 0,23 m2.K/W, même si c’est avec lui.

 

L’assise du premier rang est réalisée sur une arase de mortier frais traditionnelle conformément au DTU 20.1 © EasyHouse

 

Un choix entre plusieurs solutions

 

Pour mêler solutions innovantes et performances, le Cmiste a tout de même trouvé plusieurs solutions capables de répondre à ses attentes : « par exemple, je me suis intéressé au bloc coffre isolant à béton Euromac 2 qui permet quatre opérations en une : montage des murs, pose de l’isolation extérieure, étanchéité à l’air et isolement acoustique. En revanche, j’ai écarté d’emblée la solution monomur en terre cuite pour des problèmes de mise en oeuvre. Il est difficile, en tous cas sur mon territoire, de trouver de bons poseurs ».

 


Car si cette autre solution à isolation répartie répondait à la quête de performance, « le produit ne fait pas tout. La qualité du travail est aussi primordiale », continue Arnaud Fadin. Du coup, cet autre critère à jouer au moment de choisir la maçonnerie : « en proposant quelque chose que les autres constructeurs ne font pas, je ne voulais pas non plus changer les habitudes de travail des maçons ».

 

Pose du premier bloc Confort City d’Alkern : un bloc béton avec au coeur une âme isolante à base de polystyrène expansé (PSE). © Easy House

 

Un mur de 4,5 m2.K/W avec enduit en une couche

 

Conséquence : pour ses maisons nouvelle génération, le constructeur a opté pour le bloc Confort City développé par Alkern. « Parce qu’il est plus économique que la brique tout en apportant une meilleure performance », reprend le directeur général.

 


Avec son 1,12 m2.K/W et complété par une isolation par l’intérieur de 100 mm, le mur atteint 4,5 m2.K/W. Ce bloc qui allie béton et polystyrène expansé (PSE) sous Avis technique s’inscrit dans un système complet avec des nombreux accessoires destinés à faciliter la mise en oeuvre et à traiter les points singuliers.

 

« En outre, son excellente adhésion des enduits au support autorise l’emploi d’enduit minéral (OC3), appliqué en une seule couche », précise Arnaud Fadin. D’où une rapidité de mise en oeuvre recherchée par le constructeur dans un délai de réalisation minimisé, et des coûts réduits grâce à l’emploi d’un enduit traditionnel.

 


Ainsi, ce bloc béton en pose collée qui rime aussi avec gain de temps, se positionne comme une solution performante par rapport à l’équivalent qui sera nécessairement en brique à rouler pour atteindre la même résistance thermique. Et du coup, plus onéreuse.

 

Avec un R = 1,12 m2.K/W, ce bloc béton est cinq fois plus isolant qu’un bloc parpaing. © Easy House

 

Bas carbone versus économie d’énergie

 

Avec la Réglementation environnementale (RE) 2020 en ligne de mire, qui va notamment imposer de prendre en compte l’empreinte carbone, ce bloc béton affiche sa Fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) depuis mars dernier. Un estampillage indispensable pour s’inscrire dans la démarche E+C- avec le calcul de la performance environnementale du bâtiment.

 


Un autre outil de différenciation mais qui reste pour l’instant uniquement poussé par le contexte réglementaire. « Hormis une niche de marché représentée par des consommateurs locavores très concernés par cet argument, les particuliers ne sont pas encore sensibles à l’aspect bas carbone, note Arnaud Fadin. Pour eux, le critère reste l’économie d’énergie et l’impact sur le portefeuille. Avec une hausse du prix du gaz de 23 % l’an dernier, ils ont conscience que la facture énergétique est de plus en plus lourde ».

 

Après avoir dépoussiéré les blocs, la colle en cordons calibrés d’une hauteur de 10 mm est appliquée ici sur cinq lignes. © Easy House

 

Le niveau RE 2020 déjà atteint

 

Conséquence : Outre les blocs béton au ratio optimal en termes de résistance thermique/économie, les maisons proposées s’équipent d’écran de sous toiture « pour éviter le passage des poussières ou de la neige dans les combles », de pompes à chaleur, de menuiseries et volets roulants électriques radio avec coffre tunnel performants…

 


Forcément, tous ces systèmes constructifs riment avec surcoût. « Mais lorsque la qualité, et la performance sont démontrées, les clients l’acceptent ». D’autant que l’entrepreneur l’assure, « ces maisons avec des techniques maîtrisées atteignent le niveau RE 2020 ». Et c’est déjà demain.

 

Le rouleau pour appliquer la colle, propre et en bon état, doit être en adéquation avec les blocs : le nombre d’anneaux doit correspondre au nombre de parois. © Easy House

 

Interview : Patrick Lecarpentier, chargé d’affaires chez Alkern

 

Patrick Lecarpentier © Alkern

 

« Ce bloc béton avec âme PSE nous a permis d’occuper un créneau que nous ne couvrions pas ».

 

Qu’est-ce que le bloc Confort City apporte par rapport aux autres solutions maçonnées proposées par Alkern ?

 

P. L. : Il a été positionné pour apporter une solution constructive innovante combinant performances et prix de revient attractif. Ce bloc préfabriqué en béton comporte dans son coeur une âme isolante à base de polystyrène expansé (PSE). Ainsi, il affiche une résistance thermique R = 1,12 m2.K/W.

 


Associé à une épaisseur d’isolant de 100 mm par l’intérieur, ce qui est le cas pour les maisons individuelles que propose Easy House, l’isolation du mur est de 4,5 m2.K/W. Ce bloc commercialisé depuis trois ans maintenant nous permet d’être présent sur ce créneau de la résistance thermique que nous n’occupions pas auparavant et ainsi de proposer une offre complète.

 


De plus, sa formulation spécifique offre une résistance mécanique de 8,14 MPa et entre dans la catégorie Rt 3 qui correspond à la valeur de résistance à l’arrachement élevé du DTU 26.1 Travaux d’enduits de mortier. D’un point de vue acoustique, qui devient un critère primordial chez les particuliers, ce bloc avec doublage PSE obtient un indice vis-à-vis des bruits intérieurs de 58 dB. Enfin, pour simplifier leur pose, ces blocs béton se mettent en oeuvre selon la technique de pose à joint mince.

 

La pose diffère-t-elle par rapport à une autre maçonnerie roulée ?

 

Non, c’est exactement la même. Pour la pose de blocs à coller, comme avec de la terre cuite par exemple, la parfaite mise en oeuvre du premier rang est primordiale. Un soin doit être apporté à la réalisation de cette couche d’arase qui conditionne la bonne mise en oeuvre des blocs. En outre, la première assise de la maçonnerie en bloc béton ne doit pas dépasser le bord d’un plancher ou d’une fondation.

 

Avez-vous des astuces ou des précautions de mise en oeuvre ?

 

Avec les blocs à coller, il faut prendre soin d’identifier la face rectifiée qui se positionne sur le dessous. Elle se reconnait car elle a un aspect lisse, alors que la face non rectifiée qui se positionne sur le dessus, elle, présente un aspect brut.
En outre, le joint fini comme l’épaisseur de colle doivent avoir une épaisseur comprise en 1 et 3 mm. Enfin, lors de la mise en place des chaînages verticaux et afin de contrôler le bon écoulement du béton à l’intérieur, il faut percer au préalable une ouverture dans le bloc de chaînage. Néanmoins, la mise en oeuvre de ces bétons s’effectue dans les règles de l’art, conformément au DTU 20.1 – Ouvrages en maçonnerie de petits éléments - Parois et murs.

 

Pour accroître la productivité

 

Afin d’accéder à un collage rapide des blocs rectifiés, Alkern a développé un rouleau baptisé Alkerspeed. Doté d’un réservoir en forme de silo associé à une vis sans fin, l’application de cordons de colle de 10 mm de hauteur est calibrée et continue.

 


Grâce à sa grande capacité, finis les remplissages répétés et chronophages. En outre, la vis sans fin activée par une perceuse sans fil, assure un flux régulier du mortier-colle vers la tête applicatrice d’encollage.

 


Trois secondes suffisent pour déposer le produit sur un bloc béton avec une consommation maîtrisée par rapport à un rouleau standard. Dernier atout synonyme de productivité : l’outil se monte en trois minutes en début de journée. Sa tête d’encollage à démonter entièrement sans outil assure un nettoyage en cinq minutes en fin de chantier.



Source : batirama.com/Stéphanie Lacaze

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1 Commentaire


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  • par Philippe
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Et les ponts thermiques ?

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