Les systèmes ITE avec enduits parient sur l’innovation

Les systèmes ITE avec enduits parient sur l’innovation

Moins chers que les techniques de bardages, vêtures ou vêtages, les enduits sur isolants représentent la part la plus importante du marché de l’ITE et ne lésinent pas sur les innovations.



Le marché de l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) enregistre un fort développement des Etics (External Thermal Insulation Composite System ou système d'isolation thermique par l'extérieur avec enduit sur isolant). 

 

Un Etics est un complexe composé d'un isolant fixé sur la paroi, d'un sous-enduits armé d'un treillis en fibre de verre et d'un enduit de finition. Le sous-enduit, qui maroufle une armature, assure l’étanchéité du système et procure des performances à l’ensemble (la tenue aux chocs, par exemple).

 

Il existe sur le marché deux catégories de sous-enduits : les prêts à l’emploi organiques et les enduits minéraux en poudre, prêts à gâcher, qui prennent largement le pas sur les premiers.

 

L’isolant est généralement en polystyrène blanc ou polystyrène graphité, laine de roche, voire fibres de bois et même liège en construction bois. Il peut également s’agir d’une mousse phénolique qui offre un très bon niveau d'efficacité thermique et permet de diviser par deux l'épaisseur d'un isolant classique.

 

Des produits plus minces et de nombreuses teintes

 

En matière de finition, l'offre des industriels s’élargit en proposant, tant dans le domaine des enduits minces que des systèmes épais, des aspects grattés, projetés, écrasés, totalement lissés, voire de type béton brut.

 

Les produits se font plus minces, offrent des performances optimisées, ainsi qu’une grande diversité d’aspects et de teintes. Par ailleurs, pour les parties les plus exposées aux chocs et aux graffitis (comme les rez-de-chaussée d'immeubles), on trouve des formulations spécifiques associant des parements en verre, en céramique ou encore en terre cuite pour une finition « briques apparentes ».

 

Avis d'expert : Laurent Goetgheluck, Chef de marché ITE département façades Parexlanko

 

Comment se définit le marché des enduits sur ITE ?

 

Laurent Goetgheluck : On estime le marché global de l’ITE à plus de 19 millions de m2, dont 7,4 millions de m2 pour les bardages, vétures et vêtages et 11,9 millions de m2 pour les enduits sur isolants. Ce dernier marché fédère une quinzaine d’acteurs au total et a enregistré en 2017 une progression des surfaces de 2%.

 

Si les statistiques syndicales*, suggèrent un marché de 10,3 millions de m2, le cabinet d’études TBC en revanche, qui s’appuie sur des déclarations provenant des négoces et des entreprises, l’estime plutôt à 11,9 millions de m2. En pondérant l’ensemble, nous pouvons considérer que 11 millions de m2 est au plus près de la vérité.

 

Qu’en est-il des sous-enduits ?

 

L.G. : En matière de sous-enduits, 68% des surfaces sont dévolues aux produits en poudre. On constate en effet depuis environ 5 ans un transfert important des produits en pâte vers les produits en poudre.

 

Ce transfert s’est effectué pour plusieurs raisons : la Réglementation Incendie tout d’abord, mais aussi le développement des isolants de type laine de roche qui a conduit les applicateurs à utiliser les produits poudre car plus perméables à la vapeur d'eau. 

 

Enfin (et peut-être surtout), même s’il faut compter un investissement en main d’œuvre supérieur, les produits poudre sont moitié moins chers à l'achat.

 

Il semble que ce secteur soit très dynamique en matière d’innovations. Qu’en est-il et de quoi s’agit-il ?

 

L.G. : La Recherche & Développement des industriels oriente ses efforts sur plusieurs points :

  • s’adapter aux nouveaux modes constructifs (l’ossature bois sur des hauteurs plus importantes, le bois massif ou encore des solutions qui ressemblent à du bardage, c’est-à-dire un support sur lequel on fixe des plaques à enduire).
  • simplifier et faciliter la pose : une ITE repose sur un système composé de trois éléments (le collage-calage, le sous-enduit et l’enduit de finition). Toutefois, la R&D travaille aussi à présenter un système d’ITE composé de deux éléments seulement (le produit de collage-calage pouvant faire office de sous-enduit), voire des solutions en un seul produit.
  • améliorer la diversité esthétique. Ce peut être une structuration de la surface de nouveaux enduits épais au moyen d’un rouleau de silicone sculpté qui offre différents aspects d’impression (bois ou autres) ou bien de nouveaux aspects de finitions, avec une finition très lisse, particulièrement appréciée des prescripteurs et architectes (comme le Calcilisse de Parexlanko, un enduit minéral mince à la chaux aérienne). On peut également citer le développement de teintes foncées ou vives.  

 

*soit celles du regroupement du SNMI et du SIPEV

 

Les solutions

 

L’ITE sous enduit relève de la filière humide. On peut faire appel soit aux enduits minces, organiques ou minéraux, soit aux enduits hydrauliques épais. Les deux solutions font appel à des savoir-faire particuliers et à des filières différentes : application manuelle d'un côté, mécanisée de l'autre.

 

Solution 1 : Les enduits hydrauliques épais

 

 

Ces enduits présentent une épaisseur de 8 à 10 mm.  Ils reprennent les aspects traditionnels des maisons enduites en monocouche : gratté, projeté, écrasé.

 

Les enduits hydrauliques épais sont à base de chaux/ciment et sont projetés en épaisse couche grâce à la puissance d’une machine à projeter. Ces produits représentent 10% des surfaces du marché. Leur intérêt est esthétique, mais aussi technique.

 

En effet, du point de vue de la Réglementation Incendie, ils se positionnent au-dessus des autres, ce qui est crucial dans des bâtiments de taille plus importante : on peut aller jusqu’à 300 mm d’épaisseur de polystyrène, les enduits formant une coque protectrice. Enfin, chez certains fabricants, ils présentent une très bonne résistance aux chocs et au poinçonnement.

 

Les enduits épais doivent être gâchés en respectant les dosages indiqués et bien homogénéisés, le respect des consommations étant gage de bonne tenue du système (notamment son bon comportement aux chocs thermiques). Certains enduits nouvelle génération sont formulés pour améliorer l’accroche. Ils peuvent ainsi être mis en œuvre sur un PSE lisse, appliqués à la lance en deux couches, ce qui permet une mise en œuvre plus rapide et simplifiée.

 

A noter

 : Ils offrent de larges possibilités en termes de finition puisqu’il est possible de varier les couleurs, la granulométrie etc., soit des aspects de finition grattée ou projetée, qui reproduisent très bien les finitions des maisons d’après-guerre.

 

Solution 2 : les enduits minces

 

La mise en œuvre des enduits minces doit respecter scrupuleusement toutes les étapes de la pose en inspectant de près le support.

 

On trouve ici deux catégories :

  • les RPE ou Revêtements Plastiques Epais, organiques, prêts à l’emploi, ignifugés et pourvus donc d’une bonne résistance au feu. Ces produits constituent la très grande majorité du marché, avec environ 84% des surfaces traitées. Ils sont économiques, leur mise en oeuvre est simple et ils offrent une palette de teintes très importante.

 

  • Les finitions minérales minces représentent 6% du marché. Il s’agit d’enduits à la chaux en poudre, d’enduits au silicate de potassium prêts à l’emploi. Les finitions aux silicates présentent une excellente adhérence aux supports minéraux et offrent, par rapport aux RPE, une très bonne tenue stabilité de la teinte dans le temps. Attention toutefois aux problèmes de compatibilité. Ainsi, les sous-enduits organiques en pâtes ne peuvent recevoir que des finitions RPE, tandis que les sous-enduits minéraux en poudre peuvent recevoir tout ou partie des finitions minérales.

 

A noter

 : Le travail préparatoire des enduits minces est important. Le support doit être examiné de près, afin de savoir si le système d’accrochage peut être correctement ancré et si la colle mise en place sur l’isolant accroche convenablement au mur.

 

Traiter les désordres

 

L’Association Qualité Construction rappelle qu’avec les systèmes d'ITE par enduit sur isolant, les désordres les plus nombreux se produisent lors de la rénovation des systèmes réalisés dans les années 80.

 

Des désordres peuvent apparaître, tels que condensation et développement de moisissures, décollement soudain de l'isolant du mur, arrachage du RPE d'origine ou encore apparition de fissures nouvelles coupant le film réalisé dans le cadre de l'entretien ou des réparations. Fissurations rectilignes, pelages, écaillages, cloquages du revêtement, bombements ou tuilages des plaques constituent les signes visibles de dégradation.

 

En pose initiale, l’AQC indique qu’il faut se conformer strictement aux règles de conception et d'exécution.

 

En rénovation : il faut réaliser un diagnostic préalable approfondi si les surfaces et/ou les désordres sont importants et retenir la technique appropriée. Suivant l'état de l'Etics, l'entrepreneur sera conduit à réaliser un entretien simple ou une rénovation plus élaborée. Dans les situations les plus défavorables des techniques lourdes sont retenues : pelage (soit la mise à nu de l'isolant) et bardage/vêtage, sur l'ITE en place.

 

 

A consulter

 

Au stade conception :                       

  • Cahier du CSTB n° 1833 : Systèmes d'isolation thermique des façades par l'extérieur faisant l'objet d'un Avis Technique.
  • Cahier du CSTB n° 3204-V2 : Définition des caractéristiques des treillis en fibre de verre utilisés dans les systèmes d'isolation thermique extérieure par enduits sur isolant.

 

Au stade exécution :

  • Cahier du CSTB n° 3035 : Systèmes d'isolation thermique avec enduit mince sur polystyrène expansé - CPT d'emploi et de mise en oeuvre + cahiers modificatifs n° 3399 et 3696. Entretien et rénovation des systèmes d'isolation thermique extérieure (ETICS).
  • Liste des mises en observations de la C2P (Commission Prévention Produits mis en œuvre) de l'AQC : vérifier les recommandations éventuelles.

 

A lire

 

Knauf propose un guide technique à destination des professionnels de l’ITE, architectes ou façadiers, directement adapté du « Guide de Préconisations sur la protection contre l’incendie des façades béton ou maçonnerie revêtues de systèmes d’Isolation Thermique par l'Extérieur par enduits sur polystyrène expansé (PSE) ».

 

Riche en schémas et tableaux de synthèse, il traite de l’ITE de la conception à la mise en œuvre de solutions en PSE sous enduits répondant à la Règlementation Incendie en vigueur sur les ERP et les bâtiments d’habitation collective.


Source : batirama.com / Michèle Fourret

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