Laudescher ou le rêve d’un menuisier devenu industriel

Laudescher ou le rêve d’un menuisier devenu industriel

L’assemblage mi-bois, une technique vieille comme le monde, peut mener loin. Le menuisier Marcel Laudescher, créateur de l’entreprise en 1965, et ses enfants en ont fait le ressort d’un développement industriel réussi.



Légende : Proposée en pin, la ligne Linea 3D Scale est l’une des trois variantes de la nouvelle gamme Linea développée avec Woodlabo et lancée en 2017.© O.A. Cromback

 

Les claustras Laudescher par assemblage mi-bois, même un bricoleur soigneux peut essayer d’en faire. D’ailleurs, chez Laudescher, on concède que quand le bâtiment « ne va pas », lorsque les menuisiers manquent de travail, il leur arrive de proposer à leurs clients des claustras de fabrication maison.

 

« En ce moment, on note une nette reprise et les imitations se font plus rares », explique Delphine Oréal, directrice commerciale et marketing de l’entreprise. Evidemment, la copie est moins aisée quand il s’agit de plafonds acoustiques Lauder Linea, encadrés par deux brevets, l’un portant sur la performance de correction sans isolant, l’autre sur une conception qui permet de masquer les T de l’ossature du plafond.

 

Si on passe à la façade Lauder Parea, raffinée comme de la dentelle, l’imitation devient si fastidieuse que le charpentier-façadier essaiera au mieux de varianter. Quant aux nouvelles gammes et solutions design qui ouvrent aux solutions Laudescher la troisième dimension, avis aux amateurs !

 

 

Les frères Stéphane et Jean-Marc Laudescher ont pris le relais de leur père Marcel, et tenu le choc de l’incendie de 2013. ©JT

 

Ancrage artisanal

 

Laudescher ne semble d’ailleurs pas craindre des menuisiers qui sont plutôt des relais. Et si le site emploie désormais une bonne trentaine de personnes à la production, l’ancrage artisanal et humain reste fort.

 

Il faut dire que la main d’œuvre est rare à Carentan comme ailleurs, surtout si l’on s’efforce comme chez Laudescher de disposer d’équipes motivées. De grandes et belles images de réalisations exemplaires, suspendues au-dessus des machines, créent un lien entre l’usinage et l’objectif final.

 

Les locaux sont spacieux, propres, l’acoustique est supportable. Et si on aime le bois, même les composants des futurs panneaux, avec leur géométrie si précise, dégagent une forme de beauté.

 

 

Le stock est éclectique et riche, abrité dans un nouveau hall dédié qui est un bel ouvrage lamellé-collé. ©JT

 

De nouvelles machines et de nouveaux horizons

 

Depuis l’incendie qui l’a dévasté en 2013, 2,6 millions d’euros ont été investis dans de nouvelles machines qui ouvrent de nouveaux horizons. Miraculée, la machine de taille Maka, qui date de 1987, continue de réaliser l’étape essentielle et brevetée de l’entaillage multiple à mi-bois.

 

Une moulurière Weinig est à la fois un gage de productivité et un vecteur de décoration. Car un trio de menuisiers-designers, dénommé Woodlabo, a été missionné pour explorer les entrailles de la moulurière et de son logiciel Alphacam.

 

Depuis deux ans, Woodlabo pousse l’outil dans ses recoins et a développé une cinquantaine de nouveaux aspects, dont trois seulement ont pour l’heure été effectivement standardisés : la gamme Linea 3D Scale, Edge et Pix, proposée à la fois en habillage mural et en plafond.

 

 

Une partie de l’usinage, sous des grandes images montrant l’effet final du travail accompli. ©JT

 

Troisième dimension

 

En triturant les arbres de la moulurière de Weinig, les menuisiers-designers de Woodlabo créent essentiellement du relief qui structure des éléments dont la conception reste en deux dimensions.

 

Mais le nouvel outil de production de Laudescher permet d’aller plus loin. Un centre d’usinage Biesse est en mesure de découper des plateaux pour façonner des lames cintrées qui sortiront totalement du cadre, comme des excroissances ou des cavités. Pour le tout-venant, Laudescher dispose d’un robot de vissage des panneaux en 2D.

 

 

Stock de profils usinés en attente de traitements ultérieurs. La qualité du bois et l’extrême précision de l’usinage se voient.©JT

 

Un objectif d’exportation de la production à 50 %

 

A la qualité de l’outil de production et de ceux qui le manient, s’ajoutent bien sûr, en amont, des relations commerciales anciennes qui permettent aux Normands de s’approvisionner dans une large palette d’essences, notamment en Amérique, dont proviennent aussi des sciages ignifugés.

 

Et en aval, Laudescher est une marque qui dispose d’un beau réseau d’agents sur le territoire national, mais aussi à l’international, notamment au Benelux, en Scandinavie et en Grande-Bretagne, et en Allemagne.

 

Pour l’heure, la part des exportations est située entre 20 et 30%, mais l’objectif est de la faire grimper à 50%. Pas facile, quand le chiffre d’affaire global progresse lui-même de 25% par an, comme cela a été le cas au cours des deux dernières années.

 

 

L’assemblage de la grille perpendiculaire s’effectue encore partiellement de façon manuelle, mais déjà, un premier robot est à l’œuvre.©JT

 

Le rêve américain

 

Le rêve du menuisier Marcel Laudescher s’est déjà réalisé en quelque sorte. Au début des années 80, il est tombé par hasard sur un échantillon de claustra américain en bois massif. Là-bas, le recours à des outils de taille de pointe leur avait permis de développer un beau produit à base de bois.

 

Gageons que Carentan plus tard, les équipes commerciales de Laudescher mettront un point d’honneur à signer une belle référence dans le Nouveau monde, en stimulant l’imagination des menuisiers de l’autre côté de l’Atlantique. 

 


Source : batirama.com/ Jonas Tophoven

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