Quelles perspectives pour le marché français des produits de la construction ?

Quelles perspectives pour le marché français des produits de la construction ?

L’Association française des industries des produits de construction (AIMCC) a présenté les résultats de la deuxième enquête d’opinion menée auprès de plus de 70 membres de l’association, pour 2017 et 2018.





« C’est une excellente note de conjoncture qui nous a été remise par notre commission économique » a indiqué d’emblée Hervé de Maistre, président de l’AIMCC. « L’année 2017 a été très bonne et 2018 devrait être encore très bonne » souligne le président qui relève que l’année 2019 suscite néanmoins quelques points d’interrogation.

 

L’organisation qui regroupe 73 fédérations d’industriels, 7000 entreprises soit 430 000 emplois (pour un chiffre d’affaires de 45 milliards d’euros) édite pour la deuxième fois sa note de conjoncture à partir d’une enquête d’opinion réalisée auprès de ses adhérents.

 

A noter, cette année, une nouveauté, avec un volet emploi qui permet d’enrichir l’enquête d’opinion qui a bénéficié d’un taux de réponse de 75 % (55 fédérations ont répondu).

 

Des volumes améliorés de + 4 à + 6 % en moyenne

 

Cette enquête confirme sans grande surprise la reprise d’activité de l’ensemble des industriels de la construction, avec des volumes améliorés de + 4 à + 6 % en moyenne, et plus de 10 % pour certains industriels interrogés. Cette tendance devrait se confirmer en 2018, 54 % des adhérents déclarant des progressions en volume espérées entre + 4 à + 10 %.

 

Si l’on regarde ces résultats par secteurs d’activité, on constate que le gros œuvre affiche sa bonne santé en 2017 : plus + de 64 % des industriels estiment leur progression entre + 4 et + 6 %. Et l’année 2018 devrait rester positive avec + de 52 % d’industriels pariant sur une hausse similaire (entre 4 et 6 %).

 

« Il faut préciser que l’on revient de loin, précise Jacques Manzoni, président de la commission économique de l’AIMCC. Le secteur du gros œuvre a en effet perdu 30 % de chiffre d’affaires en volume sur les sept dernières années (depuis 2008) et les seuils atteints par l’industrie du gros œuvre en 2007 et 2008 ne sont toujours pas rattrapés… » poursuit-il (voir l’activité du gros œuvre en détail ci-dessous).

 

Le gros oeuvre affiche de belles perspectives après 7 ans de recul d'activité se traduisant par moins 30 % de chiffres d'affaires

 

Une reprise moins forte dans le second oeuvre

 

Pour le second œuvre, la reprise d’activité estimée semble moins forte que celle du gros œuvre. La moitié des industriels sondés déclarant une progression située entre 0 et 3 %, tandis que l’autre moitié, se situe au-delà des 4 % en 2017. Cela dit, en 2018, plus de la moitié des industriels (42 %) estiment que l’évolution des ventes en volume sera supérieure à 4 %.

 

Une réponse en demi-teinte liée en partie à la réforme du crédit d’impôt transition énergétique et aux incertitudes liés à la prime énergie qui doit être mise en place à la fin de l’année. Notons qu’ils sont plus de 52% en 2018 à parier sur une progression comprise entre 4 et 10 %.

Dans le second oeuvre, la reprise sera moins forte que dans le gros oeuvre, même si les évolutions prévisibles restent très satisfaisantes

 

Quant au secteur des équipements, il continue d’afficher l’une des activités les plus soutenues, avec des perspectives 2018 identiques à celles de 2017 : 50 % des industriels voient une progression comprise entre 1 et 3 % et l’autre moitié, entre 4 et 9 %, avec donc un axe médian situé autour de 4 %. 

 

L’emploi, stable mais attention

 

Du côté de l’emploi, les fédérations ne signalent pas de besoins particuliers : 4 fédérations sur 5 tablent sur une stabilité de leurs effectifs en intégrant le renouvellement des salariés en âge de partir à la retraite. Seule 20 % des fédérations adhérentes estiment que leurs entreprises adhérentes connaîtront un accroissement de leurs effectifs.

 

L’AIMCC signale cependant une forme d’attentisme et d’inquiétude pour l’avenir. « Dans nos systèmes de production automatisés, on n’a pas forcément mesuré la qualification des personnels recrutés » indique Hervé de Maistre.

 

« Nos professions sont mobilisées pour répondre à la demande dans le contexte de reprise, en sachant que que nos usines sont en sous-capacité de production aujourd’hui. Elles pourront donc répondre à la progression de l’activité, et livrer notamment le Grand Paris sans difficulté… » affirme le président.

 

Attention à la pénurie de chauffeurs !

 

Enfin, pour les perspectives 2019, l’AIMCC relève plusieurs points de vigilance se rapportant au gel éventuel des projets liés à l’habitat social, la réduction de la sphère géographique du Pinel et au recentrage du PTZ, sans oublier les tensions sur la main d’œuvre (dont la pénurie actuelle de chauffeurs-livreurs qui met à mal le transport de matériaux).

 

Autre motif d’inquiétude pour les industriels : la difficile reconstitution des marges pénalisée en 2017 par la hausse des matières premières, celle des coûts de livraison et « les contrecoups parfois violents liés à la hausse de la demande des matière premières en Chine ».

 

Enfin, les difficultés d’embauche éprouvées par les entreprises et artisans, - après la forte chute des effectifs de l’apprentissage dans les années de crise -, peuvent aussi freiner à terme les projets de construction et de rénovation… même si les pouvoirs publics soutiennent un ambitieux programme de rénovation énergétique dans le cadre de la lutte contre la précarité énergétique.

 

 

L’activité du ciment, béton, terre cuite, granulats … à la loupe

 

Ces tendances sont corroborées par les chiffres annoncées par l’Unicem qui estime en 2017 une évolution des marchés des granulats et du BPE en progression respectivement de +3 % et de + 5%. L’activité de l’industrie cimentière en 2017, elle, sera comprise entre +3% et 4% - en volume

 

Concernant le secteur de la terre cuite, l‘activité de la brique se distingue de celle de la tuile. L’évolution de la première est supérieure à  + 8 % ; portée essentiellement par l’activité dans le neuf, alors que celle de la tuile, proche de 0 %, est davantage impactée par les difficultés de relance du secteur de l’entretien-rénovation.

 

L’industrie du béton (FIB*) a enregistré une reprise de + 6 % pour les produits en béton à destination du bâtiment et + 1% pour ceux destinés aux travaux publics. En détail, et pour l’activité du bâtiment, les blocs, poutrelles entrevous, dalles sont comprises entre + 5,9 (blocs béton) à + 12,4 % (ensemble poutrelles). Seules les dalles en béton armé sont à la peine (- 16 %), en raison du recours au travail détaché et de la concurrence des autres matériaux, indique la FIB.

 

 

Les produits de voirie et d'aménagement extérieur devraient progresser entre + 2 et + 3 % en 2018 (en volume) selon la FIB

 

Perspectives des matériaux en 2018

 

En 2018, l’Unicem a établi des prévisions pour les marchés de granulats et de production de béton prêt-à-l’emploi, respectivement de +3,5 % et +4 % (en volume). L’industrie cimentière prévoit une légère progression de la consommation de ciment comprise entre +1,5 % et +2,5 %.

 

L’évolution des ventes en volume serait comprise, selon la FIB, entre + 2 % et +4 %, en se décomposant de la façon suivante ; : produits en béton desitnés au bâtiment : entre + 2 et + 4 %. Et pour les produits destinés aux Travaux Publics, la prévision d’activité de la FIB, est à la hausse, comprise entre +1 % et +2 %.

 

*Fédération de l'industrie du béton

 



Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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