Temps incertains pour le secteur du Bâtiment selon la FFB

Temps incertains pour le secteur du Bâtiment selon la FFB

Malgré la reprise confirmée du bâtiment, certaines zones d’ombre pèsent sur le secteur, dont l'amorce de la baisse des ventes de logements et le plan du gouvernement, à venir.





Tout va bien dans le meilleur des mondes. Ou presque. « La reprise est bel et bien là », affirme Jacques Chanut, président de la FFB, lors de son point de conjoncture de rentrée le 13 septembre. A tel point que la prévision de la fédération d’une croissance d’activité de +3,4% devrait être dépassée pour atteindre +4% en 2017.

 

Cette croissance est toujours tirée par le neuf. En rythme annuel sur 7 mois, les autorisations et les mises en chantier progressent respectivement de +5,5% et +8,9%. Plus de 400 000 logements devraient donc être lancés en 2017, un niveau proche de celui de 2008 (environ 399 000), mais encore loin de ceux des périodes 2004-2007 ou 2010-2011 (495 000).

 

Le non-résidentiel connaît lui aussi une embellie avec une hausse de +2,1%, surtout grâce aux bâtiments industriels (+8,9% sur 7 mois), car les locaux agricoles et les bâtiments administratifs sont à la peine.

 

Pour ces derniers, les coupes (passées et futures) sur les finances des collectivités locales ne les incitent pas à faire réaliser des travaux. « Rien n’assure aujourd’hui que la timide reprise des travaux dans les bâtiments administratifs aura vraiment lieu », s’interroge avec inquiétude Jacques Chanut.

 

Amélioration-entretien : du mieux

 

Toujours en deçà des espoirs mis sur ce marché, le segment de l’amélioration-entretien entame, malgré tout, une amorce de reprise confirmée par la hausse des crédits destinés aux gros travaux (+11,6% sur le 1er semestre 2017).

 

Cependant, on peut s’interroger sur la baisse des travaux dans le parc locatif privé. Le taux de réhabilitation entre deux locations, période idéale pour entretenir son bien et maintenir la valeur de son capital, chute de 14 à 15%, selon l’observatoire Clameur.

 

L’emploi retrouve des couleurs


En même temps que l’amélioration de la situation des entreprises avec la hausse des carnets de commandes et la sortie des niveaux très bas des prix depuis le début de crise, l’emploi connaît une embellie. Embellie plus tardive que l’activité en raison des surcapacités accumulées lors des années de crise, mais l’accélération est très nette.

 

Plus de 21 100 postes (+1,8%) ont été créés en glissement annuel sur le 1er semestre 2017, dont 17 400 en intérim (+ 22,5 %). Les bonnes orientations font dire à la FFB que le chiffre prévu des 10 000 postes créés cette année sera dépassé. Le bâtiment réapparaît même dans une des dernières publications du ministère du travail comme un secteur en tension en terme d’effectifs.

 

Les motifs d’inquiétude pour l’avenir

 

« Certes, la situation du bâtiment est positive, mais elle ne doit pas cacher certaines ombres pour l’avenir », s’inquiète Jacques Chanut.

 

La première concerne la baisse des ventes de logements au 2e trimestre tant dans le collectif (-9,4%) qu’en maison individuelle (-1,9%). Même constat sur le nombre de crédits immobiliers. En baisse, il confirme donc un affaiblissement de la demande.

 

« Il semble que la hausse des prix de vente constatée depuis 2016 commence à désolvabiliser certains ménages qui ne peuvent compter sur une nouvelle amélioration des taux de crédit ou sur une mobilisation de l’apport personnel », explique le président de la FFB.

 

Le gouvernement souffle le chaud et le froid

 

Si 2017 pourra sans aucun doute être qualifié de bon cru, s’engager sur 2018 et au-delà s’avère un exercice hasardeux. D’autant qu’aujourd’hui, il reste encore des zones floues dans le « plan logement » du gouvernement présenté par le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, le 22 septembre et que les premières annonces incitent à la plus grande prudence pour l’avenir du secteur.


« il y a un véritable changement de ton à l’égard de l’immobilier au sens large », s’insurge Jacques Chanut. En ligne de mire le projet d’impôt sur la fortune immobilière (Ifi).

 

« C’est une attaque généralisée, estime-t-il, qui laisse entendre que l’immobilier serait une rente et non un investissement avec risques. Je demande donc que l’Ifi soit supprimé ou a minima y enlever l’investissement locatif. Mais il est peu probable que le gouvernement change d’avis, notre seul espoir reste le débat parlementaire ».

 

Pinel et PTZ en question

 

D’autres annonces et pas plus tard que ce matin sur RTL avec celles de Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre Jacques Mézard, ne vont pas plus calmer les esprits des professionnels.

 

Tout d’abord la baisse du budget du Logement, mais aussi la « dénaturation des dispositifs Pinel et PTZ ». Reconduit pour 2018, le PTZ ne devrait se concentrer que sur les zones tendues.

 

« Comment justifier la suppression du PTZ sur les zones B2 et C ? Le Pinel en zone C n’a pas d’intérêt, explique Jacques Chanut, mais comment peut-on tenir un même discours sur le PTZ ?

 

Comment peut-on imaginer que les jeunes ne veulent acheter qu’à Paris, Marseille, Bordeaux, surtout à l’heure de la fracture territoriale ? C’est un non-sens pour les gens qui veulent habiter dans les villes moyennes ou les centres-bourgs. Dire qu’il y a une crise du logement et se priver de 40 000 acquisitions en PTZ et 30 000 constructions en Pinel n’est pas cohérent ».

 

Attention de ne pas jouer aux apprentis-sorciers

 

Et de rappeler l’effet dévastateur sur le marché de la maison individuelle et sur l’emploi du rognage du PTZ+ fin 2012 et de la transformation du dispositif « Scellier » en « Duflot ». Jacques Chanut enjoint donc le gouvernement à ne pas jouer aux apprentis sorciers car « on connaît les effets immédiats de telles mesures ».

 

Le président de la FFB tient à rappeler, quitte à le marteler, que « l’importance des dispositifs de soutien au logement procède, avant tout, d’une fiscalité trop pesante ». A bon entendeur !

 

Crédit photo ©F. Leroy

 

Source : batirama.com / Frédérique Vergne

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