Bau 2017 (11) : pleins feux sur la ventilation double-flux décentralisée

Bau 2017 (11) : pleins feux sur la ventilation double-flux décentralisée

Une bonne douzaine d’exposants ont présenté à BAU 2017 de petits groupes de ventilation double-flux décentralisés pièce par pièce.




En Allemagne, la ventilation est systématiquement en double-flux depuis une bonne quinzaine d’années déjà. Les fabricants connus, comme Aerex, Helios, Maico ou Zehnder, tous présents à BAU, avaient commencé avec des caissons centralisés, muraux ou suspendus sous le plafond.

 

Depuis huit ans, environ, sont apparus des groupes de ventilation double-flux décentralisés, posés dans chaque pièce. L’idée venait initialement de plusieurs nouveaux fabricants, comme Meltem, LTM, Lunos-Lüftungstechnik, Ventomaxx, … également présents à BAU.

 

 

LTM est devenu l’un des grands spécialistes des caissons de ventilation double-flux décentralisés, proposant aussi bien des solutions individuelles que des systèmes à fort débit destinés au tertiaire.

 

Pour la rénovation de logements

 

Ces fabricants se sont souvent créés parce que leurs fondateurs estimaient qu’il manquait sur le marché, une bonne solution pour installer de la ventilation double-flux en rénovation. Lors de la rénovation d’un logement, on améliore en effet nettement l’étanchéité à l’air et il faut donc installer une ventilation pour maintenir une bonne qualité d’air intérieur.

 

Les caissons double-flux centralisés imposent le passage de deux réseaux de gaines, l’un pour le soufflage, l’autre pour la reprise. L’espace sous plafond n’est pas toujours disponible, etc. Ces nouveaux venus se sont donc attelés au développement de systèmes double-flux spécifiques, juste capables de prendre en charge la ventilation d’une seule pièce.

 

Il s’agit le plus souvent de caissons de forme cylindrique que l’on pose directement à travers le mur, en pratiquant un trou circulaire à l’aide d’un outil spécial. Il en faut un par pièce. Si la pièce à ventiler ne possède pas de mur extérieur, il est possible d’ajouter une gaine de 3 à 4 m de longueur au plus.

 

 

 

Voici l’outil de forage d’un trou cylindrique, jusqu’à 15 cm de diamètre et sur parfois 1 m à travers le mur. En Allemagne, certaines entreprises se sont équipées. Mais les fabricants de caissons double-flux décentralisés proposent également les outils à la location.

 

Deux solutions pour le double-flux décentralisé

 

Devant le succès de ces nouveaux appareils, les pionniers ont été rejoints par les autres industriels de la ventilation, par des fabricants de pompes à chaleur comme Dimplex, par certains industriels de la chaudière, par d’autres innovateurs qui ont eu des idées un peu différentes comme l’Allemand BluMartin, racheté par Swegon en avril 2016.

 

Ces caissons double-flux décentralisés sont de deux types. Ils peuvent premièrement être équipés de deux veines d’air, de deux ventilateurs et d’un échangeur de chaleur, le tout fortement réduit. Ils assurent alors une ventilation double-flux continue dans la pièce.

 

Ou bien, ils peuvent posséder une seule veine d’air, un seul ventilateur et un accumulateur de chaleur dans la veine d’air. Ils fonctionnent en renversant le sens du flux toutes les 30 à 60 secondes. En mode extraction, l’air chaud de la pièce réchauffe l’accumulateur. En mode insufflation, l’air extérieur plus froid est réchauffé par son passage à travers l’accumulateur avant d’arriver dans la pièce.

 

 

Le caisson LTM Thermo-Lüfter 1230 convient pour des murs d’une épaisseur pouvant 28 à 46 cm et jusqu’à 1 m avec une allonge spécifique. Il est équipé d’un seul ventilateur, d’un accumulateur et, au choix, de filtre G3 à F7. L’appareil porte une étiquette énergétique A pour un débit de 130 m3/heure et un niveau sonore de 52 dB(A).

 

D’excellents rendements

 

Au total, on voyait à BAU 2017, une bonne douzaine d’offres de caissons double-flux décentralisés chez BluMartin, le français Aereco, Blauberg Ventilatoren, Helios, inVENTer, Lunos-Lüftungstechnik, Zimmermann Lüftungs- un -Wärmesysteme, Energenio, Helios, Maico, Meltem Wärmerückgewinnung, Pluggit, Systemair, Ventomaxx, Zehnder et même chez STO, le spécialiste des façades.

 

De plus, il est tout à fait possible que d’autres fabricants nous aient échappés. Les fabricants annoncent des rendements de récupération de chaleur toujours supérieurs à 80%. Pour son caisson LTM Thermo-Lüfter 1230, d’un débit de 18 à 65 m3/heure, LTM affiche un rendement de récupération de chaleur « jusqu’à 89% ».

 

Il s’agit d’un caisson à ventilateur unique avec basculement du sens du flux toutes les 50 secondes. C’est un rendement très élevé. On pourrait être tenté de minorer ces valeurs, en tenant compte de l’enthousiasme naturel d’un fabricant pour son produit.

 

 

 

Ventomaxx propose deux gammes de caissons double-flux décentralisés. La première, WRG Rondo Plus, est équipable de filtres G3 à F6. Son rendement atteint jusqu’à 90%. Ce qui signifie notamment que pour une température dans le logement de 21%, une température extérieure de 0°C, l’air neuf est insufflé à 17°C au minimum. La seconde, WRG Rondo IQ, offre un débit régulable de 43 m3/heure au maximum et propose deux solutions de montage de sa grille extérieure : sortie directe à traver le mur ou sortie latérale dans l’embrasure d’une fenêtre.

 

Des certifications Passivhaus

 

Mais quatre industriels ont fait certifier leurs caissons double-flux décentralisés par le Passivhaus Institut de Darmstadt, particulièrement rigoureux et dont les tests et certificats portent un prestige considérable sur le marché allemand. Pour son caisson DL 50 WH (15 à 45 m3/h), Glen Dimplex a obtenu un rendement certifié de 83%, avec une consommation électrique de 0,31 Wh/m3.  

 

Pour son ComfoAir 70 (20 à 40 m3/h, 0,24 Wh/m3) exposé à BAU 2017, Zehnder atteint 85 % de rendement certifié. Le record revient au caisson freeAir100 (20 à 50 m3/h, 0,26 Wh/m3) de BluMartin , exposé à BAU, qui pousse jusqu’à un rendement certifié de 87%. Le rendement le moins favorable est détenu par Vaventis B.V. pour son système fresh-r (20 à 65 m3/h, 0,28 Wh/m3) qui plafonne à 78%.

 

 

 

Avec l’aide de EnerSearch Solar, STO, spécialiste de la façade et filiale de BASF, a développé un caisson plat qui prend place dans l’épaisseur de l’isolant extérieur. Il arbore en partie basse, une prise d’air et une grille de rejet pour l’air extrait. L’appareil pèse 4,5 kg, offre une profondeur de 130 à 330 mm pour un débit maximum de 185 m3/h.

 

Pour la construction neuve

 

L’idée de la ventilation double-flux décentralisée a fait son chemin et les fabricants proposent désormais des solutions aussi pour la construction neuve. Elles sont plus discrètes, avec un canal d’air coudé à angle droit entre le caisson et l’extérieur, des bouches de prise d’air neuf et de soufflage d’air extrait dissimulées dans l’embrasure des fenêtres.

 

Meltem le premier avait proposé un appareil de ce type. Il est rejoint désormais par BluMartin, Energenio (filiale de Maico), SEVentilation et STO qui s’est associé avec le Berlinois EnerSearch Solar. Ils ont mis au point le système StoAirtherm Control. C’est un caisson plat à double ventilateur et échangeur de chaleur.

 

Il se pose verticalement se pose sur le mur externe, dans l’épaisseur de l’isolation thermique extérieure. Il reconstitue l’isolation thermique à l’endroit où il est posé. Il assure la ventilation double-flux pour une seule pièce avec un rendement de récupération de chaleur de 95%.

 

Pour les salles de classes, ce modèle "dezent" de LTM assure un débit jusqu'à plusieurs centaines de m3/heure. Tous les dezent posés dans une école peuvent être connectés par bus de terrain et programmés de manière centralisée. doc. LTM

 

 

Pour le tertiaire aussi

 

La technologie du caisson double-flux décentralisée a également été étendue au tertiaire. Le premier à en proposer était sans doute le groupe Maico sous les marques Maico et Aerex. Son caisson Reco-Boxx TOP 1000-W pèse 230 kg pour des dimensions de 2044 x 930 x 460 (hauteur) mm.

 

Il offre des débits modulables de 100 à 1000 m3/h, avec ou sans résistance électrique de pré-chauffage de l’air insufflé, et des rendements de récupération de chaleur de 94% (500 m3/h) à 91% (1000 m3/h). Chaque caisson est équipé de filtres G4 et F7. Ainsi que d’une pompe de relevage de condensats d’un débit maximum de 14 l/heure, capable de relever jusqu’à une hauteur de 6 m. Tous les modèles relèvent de l’ErP / LOT 6 (Directive ecoDesign) et sont conformes aux exigences de 2018.

 

Energenio, de son côté, proposait à BAU sa gamme tertiaire Geniovent.X 600 – 900. Elle est disponible en trois modèles différents : suspendue au plafond (modèle H), incorporée dans des façades vitrées (F) ou accrochée au mur (S). Dans les trois cas, les débits varient de 200 à 540 m3/h, avec un rendement de 91% et un fonctionnement pour une température d’air extérieur de -15%.

 

 

 

Blauberg Ventilatoren propose le Vento Expert A50-1W – débit 10 à 50 m3/h et un rendement revendiqué de 97% pour la récupération de chaleur – équipé d’une carte de communication en WiFi. Dans le logement, il est directement pilotable par une application. Il reste accessible de n’importe quel point du monde, si le logement est équipé d’une box internet. C’est un modèle à renversement de flux toutes les 70 secondes avec une étiquette A en performance énergétique.

 

Pilotage synchronisé

 

Nous sommes à l’ère des App et des objets connectés. Les double-flux décentralisés ne font pas exception. La plupart des constructeurs commencent par équiper leurs caissons double-flux décentralisés de moteurs électriques à courant continu pour varier facilement les débits de ventilation. Puis ils ajoutent un processeur électronique doté d’une bonne puissance de traitement.

 

Enfin, ils raccordent diverses sondes – CO2, hygrométrie ambiante, certains COV, détection de présence, … - à leurs appareils. Sondes + puissance de traitement = possibilité d’un autopilotage autonome et intelligent. inVENTer met en avant sa solution de régulation, programmation et de pilotage autonome sMove pour sa demi-douzaine de caissons iV : iV14R, 14V, Smart, Twin, iV25 (50 m3/h, 77% de rendement de récupération), etc.

 

Les caissons gèrent seuls les débits de ventilation, mais peuvent aussi être programmés. La plupart des fabricants proposent aussi une solution pour piloter ensemble plusieurs caissons, soit à l’aide de bus filaires KNX, soit grâce à des liaisons sans fil propriétaires ou sous ZigBee. Enfin, la plupart des caissons sont dotés d’une communication WiFi pour un pilotage à distance par une application d’un ou de plusieurs appareils en même temps.

 

 

Le caisson EcoVent Verso KWL 45 d’Helios a obtenu le German Design Award en 2016. Son débit modulé par moteur à courant continu atteint 45 m3/h.

 

Plusieurs centaines d’Euros par caisson

 

Pour avoir une idée des prix, il suffit de se tourner vers les sites des fabricants. Plusieurs d’entre eux proposent un tarif en téléchargement. Lunos Energy Efficient (http://lunos.de/media/medialibrary/Preisliste-2017_LUNOS.pdf) a mis en ligne son tarif 2017. Son modèle Nexxt NXT-K, classé A, avec deux ventilateurs, deux moteurs à courant continu, un échangeur de chaleur à flux croisé, une sonde humidité et température, isolation thermique et acoustique, deux filtres M5 est proposé à 799 € HT.




Source : batirama.com / Pascal Poggi

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