Depuis 2012, le marché du bardage affichait plutôt un rythme de croissance. « Mais entre 2014 et 2015, il accuse un recul de 3% en volume », dévoile Philippe Samit, directeur commercial de Gascogne Bois. « Néanmoins, cette baisse est moins sensible pour le bois massif ».
Elle est estimée à -2,4%, « avec une nette régression pour tout ce qui est peint », note Frédéric Doucet, directeur commercial de FP Bois/Rabopale. La raison ? Un retour de la demande pour des produits naturels. « On peut même parler de forte tendance », appuie le dirigeant de Gascogne Bois.
Conséquence : les bardages juste traités avec un saturateur ou un produit incolore ont la cote, avec une prime « pour les grisés », ajoute Frédéric Doucet.
Pour autant, le bardage bois doit, comme tous, essuyer les plâtres d’une construction à la traîne. D’où un repli de 6% dans le neuf. A contrario, la rénovation repasse dans le vert avec +1%. Apprécié pour son esthétique, « l’offre haut de gamme à l’instar du bardage type pin sans nœud connaît de belles progressions », reprend Philippe Samit.
Mais avec des portefeuilles encore frileux du côté de la maîtrise d’ouvrage, le marché est dominé par le moyen de gamme et les essences comme l’épicéa ou le mélèze. Moteur sur ce créneau et leader incontesté du bardage bois avec plus de 35% de parts de marché : Silverwood.
Viennent ensuite plusieurs acteurs qui se partagent le reste du gâteau : Metsä Wood France (Norsilk), Piveteau, groupe FP Bois, Protac Ouest, Sivalbp, Gascogne Bois, Lalliard Bois, Simonin, SCA Timber France, Pinus…
Côté distribution, pas question d’échapper au négoce. « Le bardage bois massif ne s’improvise pas d’autant qu’il se développe dans un fort contexte réglementaire thermique, acoustique et feu », ajoute Philippe Samit.
Résultat : le négoce professionnel détient 75% de ce marché, 20% sont vendus en direct aux entreprises, et 5% via la GSB. Une forte représentativité qui n’est pas sans peser sur les évolutions de ce bardage bois.
« Le négoce en matériaux propose des référencements parallèles à nos produits en ce qui concerne l’isolation qui sont stratégiques pour eux. Nous n’avons donc pas intérêt à proposer, par exemple, des systèmes tout en un », explique Frédéric Doucet.
Reste que ce choix professionnel est un pari gagnant puisque le bois massif (et dérivé), avec 21% de parts de marché, demeure un des leaders juste derrière l’acier.
Les bardages reviennent en façade. Ils sont une réponse à la recherche d’économie d’énergie et à la personnalisation des façades. Mais le bardage bois, lui, est avant tout choisi pour son esthétique unique. Matériau vivant, il est d’ailleurs à nouveau plébiscité dans ses aspects naturels synonymes d’authenticité.
En outre, estampillé PEFC* ou FSC* pour promouvoir la gestion durable des forêts, il porte une dimension écologique qui séduit les clients particuliers comme les architectes et maîtres d’œuvre de manière générale pour répondre, par exemple, à un projet HQE.
* Programme for the Endorsement of Forest Certification - Forest Stewardship Council
Face aux nombreuses essences possibles, aux accessoires à intégrer qui dépendent des solutions proposées par les fabricants, la fourchette est large.
Mais il faut compter, en général, un mètre carré qui démarre à 60 € TTC – par exemple pour un épicéa – jusqu’à 150 € TTC pour un Red Cedar ou des bois exotiques.
Sachant que ces derniers, plutôt haut de gamme, sont coûteux, et ne garantissent pas un réapprovisionnement permanent.
![]() | Gwénolé Lees, |
Batirama : Quels sont les enjeux pour le bardage bois massif ?
Gwénolé Lees : Le bois, avec 21% de parts de marché du bardage, garde une grande longueur d’avance face à des solutions comme le PVC ou le zinc en progression mais qui cumulent moins de 3% des PDM.
Pour résister à leur concurrence, la filière doit mettre en avant son atout bas carbone incomparable et notifié dans les fiches de déclarations environnementales. Il faut aussi rester vigilant sur ses développements par la créativité architecturale.
C’est un autre atout formidable du bardage bois par les essences, les profils, les finitions, mais elle ne doit pas l’emporter sur la conformité aux règlementations et la pérennité de la façade et porter préjudice à toute la filière.
Quels sont ses marchés de prédilection ?
À 65%, le bardage bois se pose en entretien-rénovation et à 60% dans le résidentiel (collectif, maison individuelle ou en extension). L’ITE est aussi porteuse pour apporter la performance énergétique à l’esthétique.
En cumulant aides gouvernementales et économies d’énergie réalisées on s’aperçoit que le coût de l’isolant et de sa pose peuvent être absorbés. Les entreprises doivent le faire valoir pour bénéficier de cet essor.
C’est un point clé. L’humidité stagnante est l’ennemi n°1 du bois et dans 90 plus de 95% des cas, les sinistres sont liés à une absence ou mauvaise ventilation des bardages. En outre, ce nouveau DTU définit les conditions d’utilisation d’essences comme le Douglas ou le mélèze qui doivent être purgées d’aubier en parement de la lame, ou préservées par un traitement de classe 3.
Enfin, ce DTU a introduit une annexe sur les bardages claire-voie. Elle décrit notamment la conception drainante ou l’écartement des lames afin que ce ne soit pas le pare-pluie qui assure la fonction de façade. Cette annexe préfigure une normalisation des bardages claire-voie vers une standardisation ou un travail d’ingénierie lors de la conception en amont du chantier.
Les entreprises vont pouvoir l’opposer à l’architecte et à la maîtrise d’ouvrage. Tous les acteurs de la conception et la construction doivent donc être sensibilisés et impliqués dans la prescription des bardages bois.
© Arthur Pequin/FP Bois/Architectes Marjan Hessamfar & Joe Verons