Energaia 2026 - 1000x90

Au Salon IBS 2026, LoRaWAN et Zigbee sont partout

Les équipements proposés par THEWATCHDOG à IBS 2026 communiquent à travers le protocole LoRaWAN.

Longtemps cantonnés à des usages distincts, LoRaWAN et Zigbee convergent dans la gestion technique des bâtiments. Au salon IBS 2026, leur essor témoigne d’une évolution majeure des solutions de communication sans fil.



Le Salon IBS (Intelligent Building Systems) s’est tenu à Paris, Porte de Versailles, les 14 et 15 octobre 2026. Il réunissait plus de 200 exposants et a accueilli plus de 8 000 visiteurs professionnels.

La GTB, la performance énergétique des bâtiments, poussée par le décret Tertiaire et le décret BACS, étaient des thèmes importants. La gestion de l’électricité photovoltaïque produit sur site, la gestion du stockage d’électricité en batteries dans le bâtiment et l’optimisation de l’autoconsommation faisaient leur apparition cette année.

Mais ce qui marquait le plus les visiteurs était le développement rapide des protocoles de communication LoRaWAN (Long Range Wide Area Network) et Zigbee, ainsi que la forte convergence de leurs utilisations dans le bâtiment.

 

NodOn montrait toute une nouvelle gamme LoRaWAN à IBS 2026, dont un actionneur multifonction qui embarque trois fonctions essentielles en un seul module : pilotage du chauffage électrique à Fil Pilote, relais On/Off pour radiateur électrique sans fil pilote ou autres équipements électriques, sonde de température intégrée. En bas à gauche, la tête de robinet thermostatique TRV-8-1-00 est livrée avec trois adaptateurs de vanne de diamètres différents. Elle régule la température pièce par pièce via un réseau LoRaWAN qui peut atteindre plusieurs kilomètres de portée dans un bâtiment, en agissant directement sur la position de la valve des radiateurs à eau en fonction de la température de consigne définie. © PP

 

 

Le protocole LoRaWAN

À l’origine, la technologie de communication radio LoRa (Long Range) est un standard de communication sans fil, plutôt sur la bande de fréquence 868 MHz, libre de droits, avec une importante portée de 2 à 3 km en milieu urbain dense et jusqu’à 10 ou 15 km en zone rurale. Le protocole LoRaWAN (Long Range Wide Area Network) définit l’architecture du réseau.

Ce protocole a été créé par le grenoblois Cycléo en 2009, racheté par Semtech en 2012. Il est aujourd’hui développé à travers le monde par la LoRa Alliance qui compte plus de 500 membres, dont une cinquantaine d’organisations françaises. Le syndicat Mixte Nièvre Numérique est membre de la LoRa Alliance, aux côtés du Syndicat Mixte Manche Numérique, de Montpellier Méditerranée Métropole, de la SNCF, de la FNCCR (Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies), des fabricants français Adeunis, MobiWire, Socomec, Groupe Lacroix, Sagemcom, Watteco, d’ABB, de Siemens, de Honeywell International, de Thermokon Sensortechnik, d’Orange, de l’Université Savoie Mont Blanc, de l’Université Grenoble Alpes, de Dekra et du Bureau Veritas. Lorsqu’on considère la liste des membres de la LoRaAlliance, il est clair que les premiers utilisateurs étaient intéressés par la longue portée de LoRaWAN et il est toujours largement utilisé en agriculture, en industrie, en logistique, pour la gestion des réseaux de distribution d’eau et d’électricité et la gestion des villes.

Mais au dernier Salon IBS à Paris plus d’une trentaine d’exposants montraient des applications pour la régulation des bâtiments, la mesure des consommations, etc. autant d’applications qui ne requièrent pas une transmission à longue distance. Mais, avantage en bâtiment, LoRaWAN traverse facilement des parois de béton armé et peut aller chercher des données à plusieurs niveaux de sous-sol. Au Salon IBS, LoRaWAN, les capteurs et actionneurs LoRaWAN étaient largement à piles et conçus pour faire transiter un volume de données faible avec un débit réduit. Ce qui permet de limiter la consommation énergétique des objets connectés et de proposer des autonomies de plusieurs années sur piles. LoRaWAN, sans fil, est particulièrement bien adapté à la modernisation du pilotage de bâtiments existants, en raison de la faible consommation énergétique des objets connectés et de la bonne propagation du signal à travers le béton.

L’architecture d’un réseau LoRaWAN est en étoile : des équipements sans fil communiquent avec des passerelles en LoRa. À leur tour, ces passerelles communiquent en Ethernet sur TCP/IP avec des serveurs applicatifs. Une seule passerelle peut suffire pour un bâtiment tertiaire. Plusieurs passerelles peuvent être raccordées au même serveur d’applications. LoRaWAN ne permet pas de dialogue direct entre deux objets connectés. Ils doivent pour cela passer par le serveur d’applications.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

NodOn montrait sa gamme d’actionneurs Zigbee à IBS et annonçait leur prochaine disponibilité en LoRaWAN, notamment un compteur d’énergie intelligent et un contrôleur infrarouge pour climatiseurs. © PP

 

 

Thermokon place désormais LoRaWAN au centre de son offre de protocoles de communication, mettant en avant le fait que LoRaWAN est le premier protocole radio dont la portée s’étend des sous-sols jusqu’à la toiture et soulignant que sa portée importante est parfaitement adaptée aux grandes distances dans les bâtiments de commerce et dans l’industrie. © PP

 

 

Au total, Thermokon propose 31 produits sous LoRaWAN, dont NBnano, le convertisseur de données LoRaWAN vers BACnet IP et Modbus TCP/IP. Le NBnano contient un réseau LoRaWAN/serveur d'application et permet la conversion en BACnet IP ou Modbus TCP/IP pour une connexion directe à un système de gestion du bâtiment. Les passerelles LoRaWAN® externes, dont la nouvelle passerelle LRW Indoor RAK 7268, qui sont connectées au NBnano, servent de récepteurs radio. © PP

 

 

LoRaWAN jusque dans les têtes des robinets thermostatiques

À IBS, de nombreux exposants descendaient LoRaWAN jusque dans les sondes de températures, les têtes thermostatiques et de nombreux autres actuateurs. Thermokon montrait par exemple NOVOS 3 INC LoRaWAN, une unité de commande d’ambiance murale, MCS LoRaWAN, un capteur multifonction compact et WK02+ ext. LoRaWan, un capteur de condensation. Toute la famille de capteurs et unités de commande NOVOS de Thermokon fonctionne en LoRaWAN, mais aussi en Modbus, KNX, enocean et BACnet. La vedette des offres LoRaWAN de Thermokon était cependant JOY, un thermostat d’ambiance connecté à action directe. Il pilote les systèmes de chauffage, de refroidissement (à eau glacée, pas la détente directe) et la ventilation. Il agit localement sur les équipements et offre une communication à longue portée.

Même Schneider Electric présentait à IBS sa nouvelle GTB multi-site, Cloud, pour petits et moyens bâtiments avec la solution de gestion EcoStuxure Building Activate. Dans cette solution, la connexion des équipements terminaux repose sur LoRaWAN ou sur Zigbee. Tandis que la remontée des informations passe par la passerelle multi-protocoles EcoStuxure Flex Server qui communique localement en Zigbee, LoRaWAN, Modubus TCP, Modbus RTU et BacNet IP.

 

La nouvelle GTB multi-site de Schneider Electric est capable de piloter des actionneurs pour l’éclairage, la climatisation, le chauffage à eau chaude en LoRaWAN. Tout en utilisant les informations de sondes LoRaWAN pour la température et l’humidité ambiante, des détecteurs de présence, de luminosité et d’ouverture des fenêtres. Elle remonte des informations de compteurs d’eau à impulsion, également en LoRaWAN. Tandis que le comptage d’énergie électrique s’effectue avant tout à l’aide de PowerTag et PowerTag C sous Zigbee qui remontent leurs informations à un conc entrateur Zigbee, baptisé EcoStruxure Panel Serveur, lui- même relié à la passerelle EcoStuxure Flex Server en Modbus TCP. © PP

 

 

BTIB, un distributeur de la supervision Niagara, a fait son marché chez Enless Wireless, Thermokon, Sontay, ECO-ADAPT et Milesight pour proposer une gamme ultra-complète d’actionneurs, de sonde, de comptage d’électricité, aussi bien intérieur qu’extérieur. © PP

 

 

NEXELEC n’hésitait pas à indiquer les prix publics des composants de sa gamme VISTA sous LoRaWAN. © PP

 

 

Socomec, l’équipementier électrique, présentait à IBS DIRIS B-10 L, sa solution LoRaWAN complète. C’est une centrale de mesure au format modulaire, embarquant une communication sans fil LoRaWAN. Ses quatre entrées courant RJ12 indépendantes gérent plusieurs types de départs : 4 charges monophasées ou 1 charge triphasée + 1 charge monophasée. Le DIRIS B-10L s'associe à des capteurs de courant (connexion RJ12), adaptés à tout type d'installation : capteurs de courant fermés TE, ouvrants TR/iTR et flexibles TF. Elle reçoit également les données des capteurs environnementaux SOCOMEC sous LoRaWAN : capteur de température et d’humidité ambiante, capteur de température, comptage multifluides, etc. © PP

 


Zigbee, le protocole intrinsèquement sûr

L’autre protocole très en vue à IBS était le protocole radio maillé Zigbee. Chaque appareil branché Zigbee raccordé au secteur agit comme un routeur et relaie le signal, ce qui étend la portée et renforce la stabilité du réseau au fur et à mesure que des équipements sont ajoutés à un réseau Zigbee existant. Le protocole Zigbee utilise la bande de fréquence de 2,4 GHz à travers le monde et aussi la bande 868 MHz en Europe. Par construction, il intègre un chiffrement des données en AES128-bit. Initialement, LoRaWAN et Zigbee répondaient à des besoins différents. LoRaWAN transporte des messages de faible volume, quelques fois par heure, émis par des appareils répartis sur une large surface. Tandis que Zigbee est capable de gérer la lecture fréquente de nombreux appareils dans un bâtiment. Mais, avec le considérable étoffement des offres d’appareils terminaux sous LoRaWAN que l’on voyait à IBS, il est clair que la distinction entre les deux protocoles s’atténue. Le développement de Zigbee est géré dans le monde par la CSA https://csa-iot.org/fr/all-solutions/zigbee/ Connectivity Standards Alliance qui s’occupe également de Matter. La CSA a présenté en juin dernier, le nouveau protocole Suzi, un réseau maillé longue portée qui offre aux utilisateurs la possibilité de connecter davantage d’appareils et d’étendre la portée de leurs environnements connectés. La CSA indique que Suzi excelle dans les installations de bâtiments commerciaux qui couvrent de grandes surfaces, plusieurs étages et des environnements RF difficiles en utilisant une longue portée de communication, une pénétration dans les murs, une efficacité énergétique et un véritable réseau maillé. Ce qui place Suzi en directe concurrence avec LoRaWAN.

 

Le Français NodOn est l’un des principaux propagateurs du protocole maillé Zigbee. Il présentait à IBS son nouveau thermostat d’ambiance compatible Zigbee 3.0, la plus récente spécification du protocole. Il fonctionne sur secteur ou bien avec deux piles AA avec une durée de vie de trois ans, en raison de sa faible consommation d’électricité. Il pilote tout : la climatisation, le chauffage à eau chaude, le chauffage électrique sous fil pilote, … NodOn présentait aussi toute une nouvelle gamme de compteurs d’électricité, avec ou sans tore, sous Zigbee. © PP

 

 

NodOn maîtrise tous les protocoles de communication sans fil : enocean, Zigbee, LoRaWan et même le plus récent Matter sur Thread. Matter, la couche applicative sans couche de transport, compatible avec Thread, Wifi, PoE, Ethernet, était très peu présente à IBS. Seuls ABB et Thermokon y faisaient allusion. © PP

 

 

 


BACnet et Modbus sont encore très utilisés par les fabricants d’automates et de matériels HVAC. Modbus n’est pas une solution de communication sécurisable pour l’instant. Le protocole Modbus ne comporte pas de chiffrement, ni d’authentification, ni de contrôle d’intégrité. Il faut donc employer Modbus seulement sur des segments de réseaux sécurisés par ailleurs. BACnet comporte désormais une version sécurisée, BACnet SC ou BACnet Secure, mais aucun exposant à IBS ne mettait en avant d’équipement compatible. © PP

 

En 2027, IBS se tiendra toujours à Paris, Porte de Versailles, les 5 et 6 octobre. 




Source : batirama.com / Pascal Poggi / © Pascal Poggi

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Articles qui devraient vous intéresser

Newsletter
AFPA du 16/06 au 25/12
Dernière revue
Hors-Série spécial Paris Builders Show 2026

  magazine  

Energaia 2026 - 300x600 Octobre
Produits


Votre avis compte
Accidents du travail : faut-il boycotter le Mondial 2034 en Arabie saoudite ? (124 votants)