Eiffage entre en négociation exclusive avec le LOSC pour lui céder l’exploitation du stade Pierre-Mauroy, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), au premier semestre 2027. Concrètement, Eiffage prévoit de céder au club de football "100 % du capital des sociétés qui entretiennent, maintiennent et exploitent le stade et ses espaces annexes", pour un montant qui n’a pas été communiqué. Ladite opération doit permettre au club lillois de reprendre la main sur les recettes commerciales du stade, tout en mettant fin à un contentieux de longue date avec la MEL (Métropole Européenne de Lille).
Le groupe précise que le projet reste soumis "à l’obtention des autorisations contractuelles et légales requises". Les salariés et les instances représentatives du personnel des entités concernées seront également informés ou consultés dans les conditions prévues par la loi.
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Le groupe de BTP et de concessions Eiffage a annoncé, mercredi 28 octobre, être entré en "négociation exclusive" avec le LOSC en vue de lui céder les sociétés qui assurent la gestion de l’enceinte sportive de Villeneuve-d’Ascq. Toutefois, cette opération concerne l’exploitation du stade et non son transfert de propriété. L’enceinte, inaugurée en 2012 et dotée d’une capacité d’environ 50 000 places, appartient à la Métropole européenne de Lille. © Fred Dugit / LP
Pour le club lillois, cette reprise représente un enjeu économique important car jusqu’à présent, l’exploitation commerciale et technique de l’enceinte était assurée par Elisa, filiale d’Eiffage. En devenant lui-même exploitant, le LOSC pourra bénéficier directement des recettes générées par les événements accueillis dans le stade.
Au-delà des rencontres de football, le Pierre-Mauroy peut recevoir des compétitions d’autres disciplines sportives ainsi que des concerts et des manifestations de grande envergure. Cette polyvalence constitue un levier de valorisation pour un équipement dont l’activité dépasse largement le calendrier sportif du club résident. Le but affiché est donc de mieux maîtriser l’exploitation de l’enceinte comme de tirer davantage parti de ses capacités d’accueil. Le stade, également connu sous le nom de Décathlon Arena, représente un actif stratégique pour le LOSC, qui pourra développer son activité événementielle dans le cadre contractuel applicable.
Début octobre, la Métropole européenne de Lille avait déjà confirmé le principe de cette évolution. Selon les informations transmises à l’AFP, le club nordiste devait "acquérir les parts d’Elisa détenues par Eiffage et ses filiales, via Lille Arena SAS, pour assurer l'exploitation commerciale et technique de la Décathlon Arena". La MEL avait donné son accord à l’opération, sans modification du partenariat public-privé (PPP) encadrant le stade. Son président, Eric Skyronka, avait alors précisé : "la MEL donne son accord à cette opération, sans que les termes du PPP (partenariat public-privé) ne soient modifiés".
Le changement d’exploitant s’accompagne d’un accord destiné à solder le différend financier opposant depuis plusieurs années le LOSC à la Métropole européenne de Lille. Le club contestait notamment les conditions d’utilisation du stade et avait accumulé des loyers impayés. La reprise de l’exploitation doit permettre de clore ce dossier, avec le règlement de l’intégralité des sommes dues à la collectivité. "Nous sortons de ce contentieux par le haut, dans l'intérêt de la MEL et de l'avenir de la Décathlon Arena. Le LOSC va solder l'intégralité de ses loyers impayés, soit 24 millions d'euros, à la MEL", avait déclaré Eric Skyronka. Le président de la métropole avait également souligné la portée de cet accord, le qualifiant d'accord "équilibré, qui permet de tourner la page du contentieux tout en sécurisant l'avenir du stade".
Le rachat d’Elisa par le LOSC ne modifiera toutefois pas les conditions de location de l’enceinte par le club auprès de la MEL. La collectivité conserve ainsi la propriété du stade et le cadre contractuel du partenariat public-privé demeure inchangé.
Si elle aboutit comme prévu au premier semestre 2027, l’opération modifiera l’organisation de l’exploitation du stade sans remettre en cause la propriété publique de l’équipement ni les termes du PPP. Elle ouvre surtout au LOSC de nouvelles perspectives de développement commercial autour d’une enceinte conçue pour accueillir, au-delà du football, une programmation événementielle diversifiée.