Investissement et trésorerie : le BTP souffre plus que les autres

Investissement et trésorerie : le BTP souffre plus que les autres

Le dernier baromètre du spécialiste de l’assurance crédit révèle un secteur du BTP plus en difficulté que d’autres sur les plans de la trésorerie et de l’investissement.




Record des défaillances d’entreprises tous secteurs confondus, pression sur les prix, manque de débouchés commerciaux et d’activité… le secteur du BTP fait toujours grise mine malgré l’accélération de la croissance prévue en 2015.

 

15 820 défaillances d’entreprises ont été recensées dans le secteur de la construction (cumul sur 12 mois) selon les chiffres communiqués dans le dernier baromètre du cabinet Euler Hermes, spécialiste de l’assurance-crédit. Principale difficulté rencontrée cette année par les entreprises du BTP ?

 

Manque de débouchés commerciaux pour 39% des entrepreneurs du secteur interrogés. Selon eux, c’est la pression sur les prix qui pèse le plus sur leur rentabilité (52% des répondants) alors que 30% d’entre eux estiment manquer d’activité.

 

Grâce à l’appui de ses 23 délégations réparties sur l’ensemble du territoire français, Euler Hermes a pu interroger plus de 800 PME et ETI françaises sur leurs intentions d’investissement, l’état de leur trésorerie et de leur carnet de commandes.

 

En résulte la troisième édition de ce baromètre, qui  apporte une analyse exclusive de la situation actuelle des entreprises et de leurs préoccupations en termes de demande et d’investissement. Et révèle d'importants contrastes.

 

Consommation en rebond mais déficit d’investissement inquiétant

 

La croissance française devrait accélérer en 2015 à +1,2% et atteindre +1,5% en 2016, après +0,2% en 2014. Le rebond de la consommation des ménages en sera le principal moteur, contribuant à hauteur de 1 point à la croissance du PIB cette année.

 

Cette demande additionnelle devrait finalement soutenir la croissance des chiffres d’affaires des entreprises : ceux-ci sont attendus en hausse de 2% dans l’industrie cette année, et de 3% en 2016.

 

Les entreprises en profitent aussi pour reconstituer leurs marges. Entre la baisse du prix du baril (+0,4 points de marge), le CICE (+0,5 points) et le rebond de l’activité, le taux de marge des entreprises non- financières devrait atteindre 31,5% en 2015 ; celui-ci reste en dessous de son pic récent de 2007 à 33,5% mais pourrait revenir vers sa moyenne de long-terme à 32,7% d’ici 2017.

 

« Après un deuxième semestre 2014 inquiétant pour l’investissement des entreprises (+0%), celui-ci augmenterait de +1% cette année, pour accélérer à +2,6% en 2016. Dans un environnement de financement porteur, l’amélioration des chiffres d’affaires et des marges donne ainsi le top départ pour un grand retour de l’investissement, analyse Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes.

 

Pression sur les prix, manque d’activité

 

La concurrence accrue (33% des entreprises interrogées) et l’absence de débouchés (33%) sont en 2015 les principales difficultés rencontrées par les entreprises françaises, devançant le niveau de marges (23%).

 

La concurrence se fait relativement plus sentir dans les services où plus de 44% des entreprises interrogées la classe comme première difficulté. C’est dans le BTP que le manque de débouchés est le plus prégnant : il est l’obstacle le plus important pour 39% des entreprises interrogées.

 

En 2015, 46% des entreprises interrogées identifient la pression sur les prix comme le risque principal sur leurs marges ; soit deux fois plus que lors du dernier baromètre investissement, en 2013. Le manque d’activité arrive en deuxième position avec 23% des sondées. La visibilité s’est dégradée : 76% des entreprises déclarent ainsi avoir moins de 6 mois de visibilité sur leur carnet de commandes, contre 58% dans le baromètre précédent.

 

Parmi les entreprises interrogées, les fondamentaux financiers se sont renforcés, témoignant d’une trésorerie globalement assainie : elles sont 92% en 2015 à déclarer avoir pu stabiliser ou améliorer leur trésorerie cette année, contre 75% en 2013.

 

Velléité d’investissement des ETI

 

Malgré une demande toujours aussi complexe à saisir, les entreprises françaises anticipent le retournement de conjoncture et en témoignent dans leurs velléités d’investissement.

 

«En 2015, 8 entreprises sur 10 continueront d’investir. Les ETI seront même plus audacieuses : elles investiront pour 93% d’entre-elles, contre 75% parmi les PME. Au final, 31% des entreprises envisagent d’augmenter leurs efforts d’investissements par rapport à 2014», décrypte Frédéric Andrès, économiste France pour Euler Hermes.

 

« Un léger mieux par rapport à notre dernier baromètre où elles étaient seulement 20% à envisager d’investir davantage» ajoute-t-il. Toutefois, la frilosité demeure importante à l’export : 90% des entreprises n’augmenteront pas leurs investissements à l’export cette année.

 

1 entreprise sur 2 plus offensive en 2015, sauf dans le BTP

 

Les entreprises privilégiaient en 2013 un investissement plutôt défensif, tourné à 60% vers le renouvellement et la modernisation de leur outil de production. En 2015, 1 entreprise sur 2 cherchera un investissement productif (augmentation des capacités de production, lancement d’une nouvelle activité, et dépenses de R&D).

 

Les secteurs de l’automobile (65% d’investissement offensif) et des services (65%) semblent plus offensifs. A contrario, dans le secteur du BTP, 64% des répondants affirment qu’ils prendront une position plutôt défensive en la matière cette année.

 

« Beaucoup d’entreprises françaises ne tournent pas à plein et sont capables de répondre à un supplément de demande avec leurs outils existants avant d’enclencher une stratégie plus offensive d’investissement », complète Hubert Leman, membre du comité exécutif d’Euler Hermes France et Directeur des risques.

 

« 3 entreprises sur 4 enregistrent un taux d’utilisation de leurs capacités inférieur à 80%. Une situation qui s’est même dégradée par rapport à notre dernier baromètre, témoignant d’une demande à l’arrêt et d’un véritable enjeu de surcapacités. »




Source : batirama.com / C.J

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