La "priorité nationale" est "un droit naturel et juste", a affirmé Marine Le Pen dans son discours de rentrée, en promettant d’appliquer ce principe controversé au logement social. Dans son fief d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, la candidate à la présidentielle a présenté le logement comme "un des grands chantiers" de son éventuel quinquennat et détaillé plusieurs mesures concernant directement la construction, le logement social, la rénovation et l’aménagement du territoire. avec notamment l’abrogation de la loi SRU, la suppression du ZAN et une remise en cause de la politique actuelle des DPE.
Marine Le Pen entend d’abord appliquer sa conception de la "priorité nationale" au logement social. "Nous allons garantir à tous les Français, comme cela se pratique dans tous les pays du monde, un droit naturel et juste. Avec nous les Français, quelles que soient leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence [...] seront prioritaires chez eux", a-t-elle déclaré. La candidate souhaite ainsi "donner la priorité d'accès au logement social aux Français" et "réserver" les aides personnelles au logement (APL) aux Français.
Elle entend également "abroger" la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) obligeant les maires de certaines communes à réserver une partie de leur parc immobilier au logement social. Son programme prévoit par ailleurs la vente "d'un certain nombre de HLM aux Français", ainsi que "l'expulsion des familles délinquantes" de ces logements sociaux.
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La propriété individuelle occupe également une place importante dans le discours de la candidate RN, ici en photo. "Il n'y a rien, mes chers amis, de plus heureux que le sentiment d'exprimer une harmonie dans son foyer en pouvant dire « je suis chez moi» ", a-t-elle plaidé. © Thomas Samson / AFP
Sur le volet de la construction, Marine Le Pen affirme vouloir agir sur le foncier public. Elle résume cette orientation autour de quatre objectifs :
– libérer la construction ;
– Valoriser le parc existant ;
– Encourager et protéger la propriété.
Dans ce cadre, les terrains publics "seront mis gratuitement à disposition des constructeurs", avec une contrepartie annoncée : ces derniers devront en effet construire "des milliers d'appartements" à loyer modéré.
L’autre volet important concerne les règles d’aménagement et de performance énergétique des logements. Marine Le Pen entend supprimer le "zéro artificialisation nette" (ZAN), qu’elle qualifie de "norme idéologique".
Elle souhaite également faire cesser la "politique absurde" des diagnostics de performance énergétique des logements qui déterminent leur valeur. Sur la rénovation, elle a réaffirmé sa volonté de remplacer Ma Prime Renov' par un dispositif baptisé "100 % rénov", consistant en "un prêt à taux zéro" pour les travaux de rénovation. Ce mécanisme est présenté par le RN comme une rupture avec le système actuel de subventions : l’objectif est de financer les travaux par des prêts verts à taux zéro, plutôt que par des aides directes.

En juin 2026, Jean-Philippe Tanguy avait précisé le projet en évoquant "un plan massif de prêts verts, de prêts à taux zéro" provisionné à hauteur de 20 milliards d’euros d’ici 2030. Selon sa présentation, ces financements couvriraient l’ensemble des rénovations, notamment les travaux liés au chauffage et à l’isolation, mais aussi la climatisation. Le RN affirme que les prêts seraient remboursés grâce aux économies d’énergie générées par les travaux. Cette logique doit permettre, selon Jean-Philippe Tanguy, de limiter le coût pour les particuliers et les finances publiques. © Magnific
Marine Le Pen souhaite enfin lancer une "vaste politique de transformation des bureaux vacants en logements".
Marine Le Pen inscrit ces propositions dans un projet politique plus large à l'approche de l'élection présidentielle. "Cette présidentielle décidera de tout, soit de laisser notre pays s'enliser dans les sables mouvants des habitudes et des turpitudes, soit le sursaut, celui que nous voulons et qui mènera à la renaissance de la France", a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que la "renaissance" qu'elle appelle de ses vœux ne "sera pas seulement politique et économique", mais "transformera notre manière de vivre, d'habiter et de regarder notre pays".