Quel avenir pour les toitures dites traditionnelles ?

Quel avenir pour les toitures dites traditionnelles ?

Sauvegarder le patrimoine et le restaurer dans les normes s’avère parfois délicat. Le dossier des toitures traditionnelles en Vanoise (73) en témoigne.






La toiture est un élément marquant dans le paysage en France, elle joue un rôle important dans l’identité d’un territoire. Pour ne pas dénaturer ce dernier, le Parc national de la Vanoise et le Conseil général de la Savoie mènent depuis de nombreuses années une politique de sensibilisation.

 

Leur objectif : inciter les artisans à utiliser des matériaux traditionnels dans les restaurations de bâtiments anciens. La lauze et le tavaillon, matériaux de couverture du patrimoine local, sont ainsi mis en avant.

 

Mais aujourd’hui, les évolutions constatées amènent des questions : lors d’une intervention sur un bâtiment traditionnel, comment conserver sa qualité de témoin d’une histoire, d’une époque, d’un environnement ethnoculturel ? Quelles pratiques pour préserver l’aspect ancien en restant aux normes ?

 

Le Parc de la Vanoise en réfléxion

 

De nombreuses questions ont été soulevées par le Parc national de la Vanoise, qui en collaboration avec le Caue de la Savoie, le service territorial d’architecture et du patrimoine, de la Capeb et de la FFB, a organisé une journée dédiée.

 

Destinée à un large public, agents du Parc, architectes, entreprises, artisans et représentants de collectivités, cette journée a permis aux invités de débattre et mieux s’informer sur ce dossier. Plus de 50 personnes ont ainsi répondu présents.

 

La matinée a été consacrée à trois interventions. La première par Hervé Dubois, architecte au Caue, traitait du bâti traditionnel de la Vanoise et de ses enjeux. «La toiture en zone de montagne est visible dans le paysage, elle a un intérêt par rapport au froid, au vent... Ce sont des notions fondamentales par rapport au bâti traditionnel », a-t-il souligné en préambule, s’interrogeant ensuite sur l’intérêt des toitures traditionnelles et définissant les spécificités et les évolutions de l'architecture traditionnelle.

 

Le deuxième point intitulé « Le dispositif d'aide à la restauration des toitures traditionnelles en Vanoise : l'évolution des pratiques et les difficultés constatées », a été traité par Marie-Pierre Bazan, chargée de mission aménagement, patrimoine culturel et paysages au Parc national de la Vanoise.

 

Un toit traditionnel doit-il être recouvert de lauze ?

 

Cette spécialiste a abordé l’évolution des pratiques ainsi que la difficulté face à des réalisations qui ne sont pas conformes aux projets présentés dans les dossiers de demande de subvention. Les couvertures en lauzes deviennent dans certains secteurs systématiques alors que, «ce n’est pas parce qu’on met de la lauze sur le toit qu’il est traditionnel», souligne-t-elle.

 

Autre thème abordé « de la charpente à la couverture : la notion de projet, ou comment conserver l'aspect extérieur d'une toiture traditionnelle, tout en répondant aux demandes d'isolation ». Philippe Ganion, architecte des bâtiments de France, service territorial d'architecture et du patrimoine de la Savoie a expliqué les niveaux d'intervention sur le bâti ancien (entretien, rénovation, restauration) et les règles à respecter

 

Autour de ces trois thèmes, les échanges ont aussi porté sur le coût d'une restauration d'une toiture en lauze (les prix moyens sont de 90 €/m² pour la fourniture et la pose de la lauze, 300€/m² si la charpente est incluse). Autre thème abordé, la coordination des dossiers de demande de subvention instruit par le parc national de la Vanoise avec la fondation du Patrimoine et le conseil Général de la Savoie.

 

La couverture en tavaillon en difficulté

 

Enfin, il a également été question de la tradition des toitures en bois qui se perd, certaines communes refusant les couvertures en tavaillons. Il devient par ailleurs difficile de s’approvisionner en tavaillon local d'épicéa et l’on assiste à des importations de Red Cedar du Canada, ce qui pose des difficultés surtout dans des hameaux emblématiques comme Champagny-le-Haut.

 

L’après-midi a, quant à elle, été consacrée aux tables rondes sur les thèmes des matériaux, des pratiques et savoir-faire, des expériences et retours d'expériences…

 

Au-delà des questionnements, cette journée d'échanges et de dialogue a incontestablement permis de bien réaffirmer ensemble les éléments, matériaux et techniques, à prendre en compte pour une démarche de restauration de qualité. D'autres rencontres de ce type seront sans doute nécessaires pour continuer œuvrer efficacement pour la sauvegarde du patrimoine.

 

Photo : Toiture sur la Commune de Montvalezan - © Marie-Pierre Bazan



Source : batirama.com / Aude Moutarlier

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1 Commentaire


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  • par vincent
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Conserver le patrimoine et l'architecture correspondante est primordial. Il existe certainement des solutions techniques pour associer les performances thermiques des bâtiments tout en respectant leur âme.

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