La crise du logement et l'interdiction de louer les passoires thermiques conduisent à bien des contorsions. Dans le cadre de son plan d’électrification de l’économie française, le gouvernement souhaite descendre le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire à 1,7, après l’avoir déjà abaissé à 1,9 au 1er janvier 2026.
Selon KRNO, cette nouvelle valeur du coefficient d’énergie primaire ferait sortir 382 000 logements du statut de passoire thermique. Ce qui, explique KRNO, en cumul depuis trois ans porterait à 1,5 million de logements classés F ou G selon leur DPE initial, le nombre de passoires thermiques effacées. Rappelons en effet que le calcul du DPE avait été modifié pour les logements de petite surface en juillet 2024, puis le coefficient de conversion en énergie primaire pour l’électricité abaissé au 1er janvier dernier de 2,3 à 1,9, maintenant ce coefficient baisserait de 1,9 à 1,7. Tout ça pour contourner l’interdiction de louer les passoires thermiques, dans un contexte de pénurie et de crise du logement. Ces changements successifs ont extrait 1,5 million de logements du statut de passoire thermique, soit environ 37 % du nombre total de passoires thermiques dans le parc de logements en France. Sans travaux. L’une des conséquences immédiates sera d’ailleurs d’effacer de nombreux chantiers de rénovation à un moment où la rénovation est en baisse. KRNO évalue à 77 Md€ le montant de travaux qui disparaît pour les trois prochaines années.
Comme nous l’avions déjà remarqué, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est également utilisé pour un calcul RE2020. Mais, dans ce calcul, le coefficient vaut 2,3. Depuis le 1er janvier 2026, nous avions donc deux valeurs du coefficient – 1,9 pour le DPE, 2,3 pour la RE2020 – et il semble que ça doive continuer, puisqu’aucune mention n’est faite de la RE2020. Il faut encore attendre la parution d’un arrêté qui fixera les modalités de l’apparition du coefficient à 1,7 et, notamment, la possibilité de recalculer le DPE des bâtiments qui en ont un.
Bon et sinon, à propos du plan d’électrification : produire un million de pompes à chaleur par an en France en 2030, ce n’est pas difficile. Les vendre, c’est une autre affaire.