CAPEB : Jean-Christophe Repon reconduit pour un troisième mandat sous tension

Jean-Christophe Repon reconduit à la tête de la CAPEB. © CAPEB

Réélu à la tête de la CAPEB, Jean-Christophe Repon entame un troisième mandat dans un contexte de crise durable du bâtiment et appelle à des mesures urgentes pour les TPE.



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Ce 23 avril 2026, sans surprise, le conseil d’administration de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) a renouvelé sa confiance à Jean-Christophe Repon. Cette réélection pour un troisième mandat consécutif s’inscrit dans une période charnière pour les entreprises artisanales du bâtiment, confrontées à une crise durable fragilisant leur modèle économique.

Après deux mandats marqués par une reconnaissance accrue du rôle des très petites entreprises (TPE) dans le débat public, l’enjeu est désormais d’obtenir des avancées concrètes. Une ambition affichée dans un contexte où les signaux économiques demeurent orientés à la baisse.

 

 

 

Une réélection dans un climat de crise structurelle

 

Un secteur en repli continu

La situation économique du secteur artisanal du bâtiment ne montre aucun signe de redressement à court terme. "On était déjà en récession [...] et après le conflit au Moyen-Orient la dynamique d'activité est très négative", a déclaré Jean-Christophe Repon ce jeudi lors d'une conférence de presse. La guerre au Moyen-Orient a provoqué une envolée du coût des carburants et les professionnels du bâtiment commencent à voir les prix des matériaux augmenter aussi, jusqu'à 35 % pour certains produits.

Selon les premiers chiffres de la CAPEB, l'activité des artisans du bâtiment est en repli de 1,5 % au premier trimestre 2026, dont - 1,5 % dans la rénovation énergétique et - 2,5% dans la construction neuve. Cette contraction s’explique notamment par la hausse persistante des prix de l’énergie et des matières premières, qui alourdit les coûts de production, de transport et de logistique. Les conséquences sont directes : trésoreries sous tension, marges érodées et emploi en net recul, avec 30 000 destructions de postes enregistrées en deux ans.

Dans ce contexte, la CAPEB alerte sur un risque d’enlisement durable et appelle à un plan de sauvegarde immédiat afin de soutenir l’activité et préserver le tissu économique local.

 

 

Des premières réponses jugées insuffisantes

Si certaines mesures ont récemment été actées par les pouvoirs publics, elles restent, aux yeux de l’organisation, en deçà des besoins réels du secteur. Parmi les avancées obtenues :

– la mise en place d’une mesure compensatoire sur le GNR pour les TPE du bâtiment ;

– La création d’un observatoire des prix dans le cadre du comité de crise interministériel ;

– L’ouverture d’une concertation sur les délais de prévenance fournisseurs ;

– L’examen d’un recours facilité à l’activité partielle.

 

Autant de signaux positifs, mais qui ne suffisent pas à inverser la tendance dans un contexte de dégradation continue.

 

 

 

TVA à 5,5 % : une revendication centrale pour relancer l’activité

 

Un levier économique majeur

Au cœur du plaidoyer de la CAPEB figure la généralisation du taux de TVA à 5,5 % sur l’ensemble des travaux de rénovation. Portée dans le cadre du projet de loi de finances 2027, cette mesure est présentée comme structurante pour l’avenir du secteur. Elle permettrait, selon l’organisation, de générer 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire, de créer entre 10 000 et 11 000 emplois et de soutenir directement la demande des ménages.

 

 

Un investissement pour la transition et l’économie

Au-delà de son impact conjoncturel, cette disposition est envisagée comme un levier stratégique afin d'accompagner la transition énergétique du parc immobilier. La CAPEB insiste sur la nécessité d’un soutien public à la rénovation, comparable à celui accordé à la construction neuve, face à l’ampleur des besoins.

 

 

 

Un troisième mandat orienté vers l’action et la reconnaissance des TPE

Pour ce nouveau mandat, Jean-Christophe Repon entend concentrer son action sur trois axes : transformer l’écoute en décisions concrètes, faire reconnaître pleinement le rôle économique et territorial des TPE, et défendre un modèle d’entreprise de proximité.

Les entreprises artisanales représentent à elles seules 96 % du secteur, assurant l’emploi local, la transmission des savoir-faire et la vitalité des territoires. Un poids que la CAPEB juge encore insuffisamment pris en compte dans les politiques publiques.

 

Jean-Christophe Repon, ici en photo, réaffirme son engagement : "c’est avec beaucoup de détermination et de fierté que je poursuis mon engagement aux côtés des artisans du bâtiment. Les TPE du bâtiment sont la colonne vertébrale de notre économie. Je suis convaincu que le modèle d’entreprises que la CAPEB défend a beaucoup de sens et est nécessaire à l’équilibre de notre société. Je m’emploierai tout au long de mon mandat à donner aux 526 000 entreprises artisanales du bâtiment un horizon clair, juste et durable. Cela passera inévitablement par une meilleure prise en compte de leurs voix qui constituera un axe clé de ma présidence." © CAPEB

 

Dans un environnement réglementaire encore jugé éloigné des réalités de terrain, il plaide pour l’instauration d’un véritable "réflexe TPE" dans chaque décision publique.

 

 

 

Une CAPEB mobilisée à l’aube de ses 80 ans

Face aux défis économiques et structurels, la CAPEB affirme sa détermination à défendre les intérêts des entreprises artisanales, notamment face aux distorsions de concurrence comme aux évolutions du secteur.

L’année 2026, année symbolique, marquera les 80 ans de l’organisation. Une échéance que la CAPEB entend mettre à profit afin de renforcer son influence et rappeler son rôle historique de représentation des artisans du bâtiment.

 

Pour Jean-Christophe Repon, les "petites entreprises artisanales du bâtiment ne peuvent plus être les oubliées des politiques publiques. Elles représentent l’immense majorité du secteur et en assurent la vitalité au quotidien. Notre responsabilité est de faire reconnaître leurs spécificités et d’obtenir des décisions adaptées. La réalité est simple : sans changement structurel, la filière s’enfonce dans une crise durable. Aujourd’hui, seule la CAPEB défend pleinement les intérêts des petites entreprises du bâtiment, avec constance et sans ambiguïté". © CAPEB

 



Source : batirama.com / Laure Pophillat / © CAPEB

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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