La folle réfection du toit en zinc des Folies Bergère

La folle réfection du toit en zinc des Folies Bergère

La célèbre salle de music-hall parisienne a engagé d’importants travaux de restauration l’année dernière. Son nouveau toit en zinc de 3000 m2 a nécessité des solutions sur mesure !




Rachetée en 2011 par le groupe Lagardère en association avec Jean-Marc Dumontet (voir encadré),elle a fait notamment l’objet de travaux de mise en conformité et de mise aux normes techniques (dont la sécurité incendie, le traitement de l’airet l’isolation thermo-acoustique).

 

Si le bâtiment a bénéficié d’une restauration dans les années 20, peu de travaux de couverture ont été effectués depuis cette époque. Résultat : de nombreuses infiltrations ont nécessité une vaste réfection de la toiture pour un montant d’environ 1,2 million d’euros.

 

L’entreprise Balas, spécialisée dans la restauration de monuments historiques, est donc intervenue sur ce lot précis dès l’été 2012, et ce pour une durée de 9 mois. Une opération délicate pour l’entreprise qui a intervenir en site occupé et dans un contexte urbain complexe. Toutefois, les couvreurs ont pu profiter de la trêve estivale des spectacles pour réaliser près de 2000 m2 de couverture, et ce en seulement 3 mois.

 

Un chantier difficile d’accès

 

« Le théâtre est entièrement enclavé et les moyens d’accès au toit sont rendus difficilespar le peu d’accès disponibles depuis la rue» explique Vincent Combe, chargé d’affaires chez Balas. Il nous a fallu trouver des solutions pour circuler, stocker les matériaux à mettre en œuvre. » Au préalable, l’entreprise a réfléchir à la solution technique à mettre en œuvre sur cette toiture.

 

« Il y avait de nombreux paramètres à prendre en compte et donc pas de solution technique unique pour ce cas de figure » reprend Vincent Combe. Deux postes principaux ont été traités : refaire une couverture à neuf et intégrer une isolation acoustique et thermique conforme à la RT 2012.

 

« Nous avons retenu le principe d’un complexe d’isolation thermique par l’extérieur (ITE), et avons constituer un système à caissons chevronnés. Nous ne pouvions pas utiliser de produits industriels car la couverture est courbe, explique Vincent Combe qui poursuit : « Pour intégrer l’isolant acoustique, nous avons fabriqué des rehaussements en bois afin de s’adapter à toutes les formes du toit ».

 

Une couverture cintrée : 7 et 25 m de rayon

 

Deux cintres caractérisent cette couverture de près de 3000 m2, répartie sur deux bâtiments en forme de L : l’un très prononcé, de 7 m de rayon, et l’autre, de 25 m de rayon.

 

D’où la mise en œuvre d’un complexe sur mesure intégrant un pare-vapeur (qui a assuré notamment la fonction hors-d’eau pendant les travaux), d’un panneau isolant haute densité et un écran HPV, le tout adapté au contraintes de manutention du site

 

Le second chantier concerne la pose de la couverture proprement dite, à savoir le zinc fourni par VMZinc. Près de 3000 m2 de zinc ont été posés, en couverture dite « froide »suivant 2 techniques d’assemblage: le tasseau, le joint debout.

 

Un atelier sur le toit

 

L’entreprise a donc installé son atelier sur le toit de l’édifice afin d’entreposer ses matériaux et de façonner les bacs de zinc de 13,5 m de long. « Il n’y a pas de toit plat, ni de zone d’accès » explique Vincent Combe. Nous avons donc créé une grande plate-forme sur une zone courbe du toit.

 

Afin d’optimiser la pose du zinc naturel sur ce chantier spécifique, des bobines spéciales, avec longueur à la demande, ont été fournies par le fabricant. « Nous avons pu optimiser les chutes de zinc et la manutention  grâce à cette organisation ».

 

Des raccords à foison

 

Enfin, lors de la pose du zinc à joint debout, un système de fixation monovis limitant le nombre de pattes, a également permis de réduire le temps d’intervention des compagnons sur la toiture en pente.

 

« Il reste qu’en réhabilitation, nous avons toujours beaucoup de raccords à effectuer, que ce soit autour des passerelles, des poteaux, sorties de cheminées…

 

Des multiples façonnages, raccords et soudure ont permis également de terminer ce chantier en beauté et de valoriser le savoir-faire technique des 15 couvreurs permanents de l’équipe sur place (parfois jusque 30).

 

Fiche chantier

 

  • Maitrise d’Ouvrage : SEFB (Société d’Exploitation des Folies Bergère)
  • Assistant à Maîtrise d’Ouvrage : A7 ingénierie
  • Maître d’œuvre : Clé Millet International,
  • Entreprise : Ballas

 

 

A propos de Balas

 

Cette entreprise familiale a été créée il y a 210 ans, et a reçu le label Entreprise du Patrimoine Vivant en 2012. Sa spécialité : la couverture parisienne haussmannienne.Ses équipes sont intervenues sur des édifices célèbres comme la tour Eiffel, l’Opéra Comique, la Comédie Française, la place des Vosges, le Ritz à Paris, mais aussi la cathédrale de Beauvais…. puisqu’elle bénéficie de la qualification Monuments Historiques. 

 

Cuivre, zinc, ardoise, plomb, toutes les techniques de couverture et d’étanchéité sont traitées par l’entreprise. « Nous traitons l’enveloppe globale du bâtiment incluant la façade car on y peut poser de beaux bardages aujourd’hui, explique Vincent Combe. Cela nous demande de maîtriser plusieurs compétences : l’étanchéité à l’eau, l’étanchéité à l’air et l’étanchéité thermique car nous pouvons assurer aujourd’hui une réception thermique à l’aide d’une caméra dédiée », conclut-il.

 

 

Source : batirama.com / Fabienne Leroy

 

Logistique et manutention à la carte !

 

Cette zone fortement enclavée a nécessité le recours à une méthodologie de manutention très précise. En effet, comment travailler et mettre en œuvre près de 3000 m2 de zinc naturel sur un toit à 25 m de hauteur, dépourvu d’espace de circulation et d’aire de stockage ? Qui plus est, à ces 18 tonnes de zinc, s’ajoutent 450 m3 d’isolant et 80 m3 de bois à hisser sur le toit ! Faute de grutage possible, l’entreprise a dû se faire livrer quotidiennement les matériaux dont elle avait besoin, au compte goutte avec des petits camions, afin de ne pas bloquer les accès très étroits de ce quartier…

 

 

Les Folies Bergères

 

Le théâtre des Folies Bergère est une salle de music-hall parisienne (9e arrondissement au 32 rue Richer) qui, de la Belle Époque à la fin des Années folles symbolisa la vie parisienne, en présentant des revues dansées et des spectacles de variétés.

 

Le bâtiment est construit comme une maison d'opéra par l'architecte Plumeret. Il ouvre le 2 mai 1869 sous le nom de « Folies Trévise », et devient « Folies Bergère » le 13 septembre 1872. La salle de spectacle contient 1679 places réparties sur trois niveaux.

 

En septembre 2011, le théâtre des Folies Bergères est racheté par le Groupe Lagardère pour 9 millions d’euros, en association avec Jean-Marc Dumontet (à la tête de Bobino, théâtre Antoine, le Point virgule…et producteur de Nicolas Canteloup)


 

Le chantier en images

 

 

  1. L’entreprise a installé son atelier sur le toit de l’édifice afin d’entreposer ses matériaux et de façonner les bacs de zinc de 13,5 m de long.

 

 

  1. Un système à caissons chevronnés a été créé : pour intégrer l’isolant acoustique, des rehaussements en bois ont été fabriqués afin de s’adapter à toutes les formes du toit.

 

 

  1. Le complexe sur mesure intègre un pare-vapeur (qui a assuré aussi la fonction hors-d’eau pendant les travaux), un panneau isolant haute densité et un écran HPV.

 

 

  1. Afin d’optimiser la pose du zinc naturel (VMZinc) sur ce chantier spécifique, des bobines spéciales, avec longueur à la demande, ont été fournies par le fabricant.

 

 

  1. L’entreprise Balas a intervenir en site occupé et dans un contexte urbain complexe avec la présence de nombreux immeubles aux alentours…

 

©Balas

 

Source : batirama.com / Fabienne Leroy
 

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