Le fabricant français de fraiseuses portatives pour le bois Epur au salon Ligna de Hanovre

La nouveauté d'Epur est l'Oakstation, fraiseuse stationnaire.

Le fabricant français de machine de fraisage à commande numérique a exposé à Hanovre pour la première fois.




Quatre ans après le lancement mondial de l’Oakbot à l’occasion du 9eForum Bois Construction de Nancy/Epinal, le constructeur des Pyrénées prend le chemin de la principale foire mondiale de la machine à bois pour exposer notamment sa nouvelle machine stationnaire Oakstation.

 

Changement de perception

 

Pour le fondateur et dirigeant d’Epur, Ilias Zinsstag, la présence à Hanovre lui a fait l’impression qu’Epur change de catégorie. Avec cette machine stationnaire infiniment moins chère que les machines de taille à commande numérique qui dominent le marché mondial, Ilias Zinsstag a ressenti que les visiteurs et aussi les revendeurs allemands prennent Epur plus au sérieux : "L’Oakstation permet d’asseoir l’Oakmobile".

 

Le stand d'Epur à la Ligna 2023

 

Epur était placé dans un hall idéal, à la fois ouvert à l’électroportatif de type Festool, et à des fournisseurs de grosses machines comme Homag ou Hundegger. Surtout, Epur a vu défiler des Japonais, des Chiliens, des Uruguayens, des Texans, des Canadiens, des Indiens, des habitants de l’Asie du Sud Est, et bien sûr de toute l’Europe, dont l’Europe de l’Est qui était la cible principale du fabricant.

 

Pas de concurrent direct

 

Stationnaire ou mobile, l’Oakbot est une solution d’envergure mondiale, car elle permet d’accéder aux atouts du fraisage numérique pour un prix abordable, avec une interface simple et facile à gérer. Epur n’a pas eu la déconvenue de constater que sur le marché mondial, l’invention française se trouve reléguée à une sorte de curiosité, tandis que les Chinois raflent la mise. Pour l’instant, ce créneau n’est pas occupé. La fabrication made-in-France fait plutôt bonne impression, notamment en Inde.

 

L'Oakmobile, valeur sûre

 

Les interlocuteurs s’étonnent de ce qu’une machine produite en Europe de l’Ouest soit aussi bon marché. Cerise sur le gâteau, elle consomme moins, à la fois en matériaux de fabrication, en énergie à l’usage et en énergie de transport. Aujourd’hui, la frugalité commence à devenir une véritable option économique. Surtout si l’on pense que le stationnaire est aussi conçu pour permettre facilement un usage mobile de la fraiseuse. Cependant, Ilias Zinsstag concède que les utilisateurs français auront plutôt tendance à commander un Oakstation en complément de Oakmobile.

 

Produire

 

Le point faible ? C’est qu’il va falloir produire. Les commandes de la Ligna sont honorées dans un délai de trois mois, ce qui est acceptable. La tôlerie, actuellement assurée assez loin des Pyrénées, près d’Angers, pourraient être réalisée à l’avenir par un opérateur plus proche. L’Oakbot est relativement simple et cela lui permet de ne pas être impacté par les problèmes de fournitures en toute sorte qui affectent la machine-outil. Il n’empêche que pour les cartes, depuis le début de l’année, le manque ponctuel de l’un ou l’autres des composants oblige à revoir l’architecture de façon récurrente.

 

L'Oakstation, attraction frugale de la Ligna au rayon machines de taile de charpente.

 

Epur n’a pas attendu la Ligna pour démarcher l’Europe, l’équipe commerciale s’est rendue en Finlande, en Pologne et en Estonie. Mais c’est la Ligna et l’exposition du stationnaire à Hanovre qui a débloqué les achats, notamment en République Tchèque et en Estonie.

 

Epur doit livrer quelques dizaines d’unités dans les mois qui viennent et va organiser plusieurs tours de table pour doper l’outil de production. Après avoir produit 3 exemplaires dans une dernière phase de mise au point, la production du stationnaire va s'accélérer dans les prochains mois.

 

Conjoncture

 

La situation du marché français est bonne, et ce sont les utilisateurs qui ont poussé Epur à développer le stationnaire, non pas en alternative du mobile, mais en complément. Il est vrai que les grands marchés de l’Europe occidentales se tassent un peu, et que, justement, l’Europe de l’Est s’en tire un peu mieux.

 

Obnubilés par la folie industrielle, la production connectée, la robotisation et l’AI, le marché de la machine est passé à côté du cataclysme climatique actuel avec ses multiples accompagnements. L’heure est à la machine frugale. Et la France tarde à comprendre qu’Epur n’est pas le petit dernier de la taille à commande numérique, mais le premier d’une nouvelle ère d’outils.




Source : batirama.com/Jonas Tophoven / Photos ©EPUR

L'auteur de cet article

photo auteur Jonas TOPHOVEN
Jonas Tophoven est journaliste de la presse professionnelle de la construction et du bois en France et en Allemagne depuis 30 ans. Le thème qui lui tient particulièrement à cœur est la réduction drastique des émissions de GES dans la construction, première émettrice humaine du monde devant l'agriculture, avec un impact renforcé en France. Il a d'abord travaillé pendant 12 ans sur la construction sèche, puis depuis 15 ans sur la construction bois préfabriquée et il collabore depuis 10 ans à la programmation des quelque 150 conférences annuelles du Forum Bois Construction, congrès des acteurs de la construction biosourcée.
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