Rupteurs de ponts thermiques, incorporations, enduits et finitions à BAU 2023

un rupteur de pont thermique Isokorb de Schöck

Il ne suffit pas de produire du béton décarboné, il faut encore compenser les ponts thermiques, gérer les incorporations et poser les couches de ragréage et les enduits. Tout cela était mise en scène à BAU 2023.




Commençons par les rupteurs de ponts thermiques. Même si la RE2020 ne les rend pas systématiquement nécessaires, leur mise en œuvre, notamment au droit des balcons, améliore tout de même nettement la performance thermique du bâtiment. Cette année au salon BAU 2023, l’Allemand Schöck, présent en France de longue date, fêtait les 40 ans de sa gamme de rupteurs de ponts thermiques Isokorb, née en 1983.

Elle avait été imaginée par Eberhard Schöck, le fondateur de l’entreprise, après un séjour au ski où il avait remarqué le développement de moisissures au droit du raccordement de balcons.

Aujourd’hui, Isokorb est vendu dans 40 pays avec des emplois très divers : isolation et reprise de charge des liaisons béton/béton, béton/acier, acier/acier pour des balcons en porte-à-faux ou sur poteaux, des loggias, des coursives, avec isolation par l’intérieur ou par l’extérieur, …

 

 

Schöck montrait à BAU2023 les dernières évolutions de ses rupteurs de ponts thermiques. Celui-ci, issu de la gamme Schöck Sconnex est destiné à une liaison poteau/dalle ou mur de refend/dalle. Avec cette gamme Sconnex, Schöck transfère son expertise Isokorb des balcons au murs et poteaux. ©PP

 

 

Chez Schöck, la grande nouveauté du salon était ce rupteur de pont thermique pour acrotères ou parapets maçonnés Isokorb CXT Type A, dont l’entreprise vante la facilité de mise en œuvre. ©PP

 

 

Pfeiffer, quant à lui, se spécialise dans les connexions : bois/béton, bois /acier, etc. Au passage, c’est une entreprise, toujours familiale, qui fête en 2023 son 444ème anniversaire : bientôt 500 ans. C’est, selon le quotidien d’affaires allemand Handelsblatt, la 5ème plus vieille entreprise allemande. Il présentait à BAU, ses solutions de câblage et de sabots qui assurent une connexion stable et porteuse entre éléments de béton, de béton et de bois, etc. ©PP

 

 

Un peu oublié, le coffrage isolant est encore très présent à BAU2023

 

 

Un emploi du béton, devenu peu courant sur le marché français, est encore bien présent au salon BAU : il s’agit des coffrages isolants ou des blocs à bancher en PSE. On assemble les blocs de coffrage sur un niveau, on pose le ferraillage et on coule le béton dedans. On attend que ça sèche, on pose la prédalle ou un système de poutrelles et d’entrevous, on coule une dalle de compression, on attend que ça sèche et on continue avec le niveau suivant. Le marché allemand monte jusqu’à R+5 avec ce système. En France, cette solution est plutôt limitée à la maison individuelle en R+2 maximum.  Le résultat est une paroi de béton banché, isolée à la fois par l’intérieur et par l’extérieur, soit une excellente performance thermique.

Le marché allemand ne connaît pas encore d’exigence règlementaire sur l’empreinte carbone, car ces solutions béton banché plus polystyrène expansé sur deux faces de parois verticales, très simples à mettre en œuvre, pèsent lourd en empreinte carbone.

 

 

Isorast propose tout un système de blocs à bancher isolants. Hauteur d’étage pour parois verticales, angles droits verticaux, angles de 30°, linteaux, … ©PP

 

 

Nudura vient d’Amérique du Nord et importe en Europe sa technique de blocs à bancher ou de CIB (Coffrages Isolés pour Béton), comme ils disent. Ces coffrages sont en PSE. Une fois terminé, ces murs offrent une résistance au vent de plus de 400 km/h, soit une tornade F4. Les coffrages Nudura peuvent être rectilignes, courbés, verticaux ou horizontaux. Aux Etats-Unis et au Canada, ils sont utilisés aussi bien pour du logement que pour du tertiaire. ©PP

 

 

Ragréage et finitions

 

 

Une fois que les dalles de béton sont coulées, il faut encore assurer une parfaite planéité, passer quelques réseaux, traiter l’acoustique pour réduire la transmission des bruits de choc, voire améliorer l’isolation thermique entre niveaux.

 

 

Le groupe italien Edilteco proposait à BAU une palette étendue de solutions « au-dessus du béton ». Voici la chape XX NANO BC 250 contenant des billes de polymères Sunfoam fabriquées par SUMTEQ, la couche acoustique contrer les bruits de choc FONOTECH 5 et la dalle thermiquement isolante ISOLCAP MAC 800 chargée en billes de PSE. ©PP

 

 

Pour le ragréage de surfaces inégales, Edilteco proposait sa chape XXs, en français dans le texte. Prête à l’emploi, fibrée et allégée par des billes de PSE, elle ne dépasse pas 1200 kg/m3. ©PP

 

 

Plusieurs des nouvelles solutions Edilteco sont développées en collaboration avec SUMTEQ, une start-up allemande spécialisée dans la chimie du bâtiment. ©PP

 

 

Maxit, de son côté a choisi de développer des solutions biosourcées l’entreprise collabore avec le groupe Saint-Gobain et fabrique des produits pour Weber. Elle propose d’ailleurs des enduits extérieurs, sur toutes sortes de supports, dans plus d’une trentaine de teintes. A Bau, elle mettait en avant, de nouveaux panneaux rigides en paille en 4 épaisseurs – 22, 30, 40 et 50 mm -, destinés aussi bien à l’ITI, à l’ITE qu’à la fabrication de cloisons séparatives. ©PP

 

 

Maxit montrait à BAU 2023, une solution de plancher chauffant mince et réversible. La dalle isolante, un mélange de paille et de fibre de bois, fait aussi office de fixation pour les tubes du plancher. ©PP

 

 

Une nouvelle idée pour les panneaux béton en façade

 

 

Avec 11 partenaires, l’institut Fraunhofer ISE a imaginé un nouveau panneau en béton double emploi pour les façades des bâtiments collectifs et tertiaires, dans le cadre du projet TABSOLAR qui vise à solariser le bâti.

 

 

Le projet TABSOLAR du Fraunhofer ISE se traduit par des panneaux de façade en béton parcourus d’étroits canaux dans l’épaisseur du panneau. Ces canaux dans lesquels circule de l’eau glycolée servent de source froide à des pompes à chaleur eau glycolée/eau. ©PP

 

Les panneaux TABSOLAR sont reliés entre eux pour atteindre la surface d’échange requise par la puissance des pompes à chaleur installées dans le bâtiment. Ils peuvent être colorés dans la masse, posé en rangées verticales, horizontales ou couvrir toute la façade. Posés au sud et à l’ouest, ils réchauffent l’eau glycolée. Ce qui améliore nettement les performances des pompes à chaleur en chauffage. Ce système n’est pas prévu pour le rafraîchissement. ©PP



Source : batirama.com / Pascal Poggi

L'auteur de cet article

photo auteur Pascal Poggi
Pascal Poggi, né en octobre 1956, est un ancien élève de l’ESSEC. Il a commencé sa carrière en vendant du gaz et de l’électricité dans un centre Edf-Gdf dans le sud de l’Île-de-France, a travaillé au marketing de Gaz de France, et a géré quelques années une entreprise de communication technique. Depuis trente ans, il écrit des articles dans la presse technique bâtiment. Il traite de tout le bâtiment, en construction neuve comme en rénovation, depuis les fondations jusqu’à la couverture, avec une prédilection pour les technologies de chauffage, de ventilation, de climatisation, les façades et les ouvrants, les protocoles de communication utilisés dans le bâtiment pour le pilotage des équipements – les nouveaux Matter et Thread, par exemple – et pour la production d’électricité photovoltaïque sur site.
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