Une "hausse des prix sans précédent" alerte l'industrie de la chimie de formulation

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Dans un communiqué le 28 mars, la Fipec appelle à une "solidarité de filière" pour faire face aux tensions d'approvisionnements des matières premières et à la hausse des prix.




Photo : le coût des palettes en bois atteint des montants historiques : +60% sur un an selon le CEEB, +30% par an selon la Fipec. © Bru-No

 

 

La Fipec, Fédération des industriels des peintures, encres, couleurs, colles et adhésifs, et préservation du bois et qui regroupe les syndicaux Afcale, Afei, Aficam, Sipev, et SPB, tire la sonnette d'alarme le 28 mars face à une hausse des prix sans précédent et des tensions d'approvisionnement des matières premières. 

 

Après plus d'un an d'inflation sur les prix des approvisionnements, conséquence d'un déséquilibre structurel et durable entre l'offre et la demande des matières premières, la guerre en Ukraine provoque une accélération et une généralisation des tendances haussières des coûts de production de l'industrie de la chimie de formulation ainsi que de nouvelles difficultés d'approvisionnement sur certaines matières stratégiques.

 

"Les industriels représentés par la Fipec subissent depuis mi-février une inflation sans précédent des coûts de l'ensemble des postes de production", indique le communiqué. Matières premières, emballages, coût de l'énergie et transport des marchandises sont affectés.

 

 

Matières premières et emballages

 

 

Les matières premières utilisées dans la fabrication des mélanges chimiques sont toutes en augmentation tarifaire forte : les substances issues de la chimie minérale, servant principalement de pigments, et les substances issues de la chimie organique, pétro-sourcée ou biosourcée, produites à partir d’industries fortement électro-intensives, subissent des hausses de prix considérables. La situation du dioxyde de titane est particulièrement sensible. Les résines alkydes, les isocyanates, les époxy, certaines résines acryliques, certains solvants (MEK, MIBK) sont particulièrement sous tension. Par exemple les époxy subissent une hausse de 73 % en moyenne sur un an selon la Fipec, tandis que les acryliques augmentent de 40% et les polyesters insaturés de 30%.

 

La quasi-totalité des entreprises adhérentes constatent des difficultés d’approvisionnement pour le dioxyde de titane, la nitrocellulose, l’éthanol, l’acétate d’éthyle, le polyphosphate d'ammonium, les émulsions acryliques, les éthers cellulosiques, les résines alkydes, l’uréthane, les durcisseurs PU, la silice pyrogénée, le talc, la baryte, etc.

 

Les emballages nécessaires au conditionnement des produits sont en situation de hausse excessivement forte : pour les emballages plastiques (+25% en un an), comme pour les emballages métalliques (+35% en un an). Le coût des palettes en bois atteint des montants historiques (+60% sur un an selon le CEEB, +30% par an selon la Fipec).

 

 

Une répercussion des prix indispensable

 

 

Le communiqué indique : "jusqu'ici, les fabricants ont pris sur eux le choc en proposant, parfois avec difficulté, des hausses de prix contrôlées et mesurées par rapport à la capacité de l'aval à les absorber, sans commune mesure avec l'effondrement des marges provoquées par la flambée des hausses de prix des matières premières." L'allongement de la crise va rendre indispensable la répercussion des hausses des prix sur toute la chaine de valeur.

 

Le communiqué appelle également tout le secteur à "une solidarité de filières". Interrogé par Batirama, Gilles Richard, délégué général de la Fipec, précise : "après un an et demi de crise, nos entreprises ne peuvent plus assumer seules les augmentations de prix. Nous appelons tous les acteurs de la filière à faire preuve de solidarité, en amont et en aval, et à intégrer dans leurs prix de vente essentiellement l’impact de la hausse du prix de leur propres matières premières. Le cas inverse ne fait que fragiliser davantage tout le secteur. Chacun doit assumer sa part."

 

"La capacité des acteurs des filières à réagir positivement à l’appel à la responsabilité de la Fipec sera décisive pour assurer la survie d’une grande partie des PME et ETI de la Fipec, et par conséquent, contribuer aux objectifs de réindustrialisation du pays," conclut le communiqué. 

 

 




Source : batirama.com / Emilie Wood

L'auteur de cet article

photo auteur Emilie Wood
Journaliste, photographe, vidéaste, Emilie Wood travaille depuis 2010 pour la presse, qu’elle soit professionnelle dans les domaines du BTP et de l’agriculture, ou généraliste. Pour Batirama, elle écrit sur des sujets aussi variés que la conjoncture BTP, l’évolution de la réglementation, la rénovation énergétique, les réformes, les innovations, ou encore l’actualité de l’immobilier. Elle apprécie particulièrement réaliser des portraits d’entreprises et révéler les femmes et les hommes qui, chacun à leur manière, font une différence, qu’ils soient entrepreneurs ou collaborateurs d’entreprise.
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