Chaleur Renouvelable : le solaire thermique est loin d'avoir dit son dernier mot

Chaleur Renouvelable : le solaire thermique est loin d'avoir dit son dernier mot

Dans l’industrie et pour le chauffage urbain, il est possible de couvrir 100% des besoins de chaleur annuel en associant solaire thermique et stockage saisonnier.





En prélude à la semaine de la chaleur renouvelable qui aura lieu en présentiel au Grand Rex à Paris, les 7 et 8 décembre, voici une série d’articles sur les solutions et les marchés de la chaleur renouvelable. Ce second article porte sur les immenses possibilités de la chaleur solaire thermique en chauffage urbain, en industrie et en logement, tant individuel que collectif, en construction neuve comme en rénovation lourde.

 

Avec une constatation claire : il est possible de couvrir 100% des besoins de chaleur, ou presque, seulement avec du solaire thermique. Pour y parvenir, il faut déployer des stockages de chaleur saisonniers : de grands, très grands réservoirs d’eau très chaude que l’on chauffe en été et dans lesquels on puise en hiver.

 

Le solaire thermique affiche d’excellents rendements

 

En France, le solaire thermique a mauvaise réputation. En logement collectif, certains Maîtres d’ouvrage n’en veulent plus. C’est à la fois une erreur et une réaction trop brutale à de mauvaises raisons. Si des installations solaires thermiques fonctionnent mal en France, c’est qu’elles sont mal conçues, mal exploitées et mal entretenues, voire les trois à la fois.

 

Ce n’est pas du tout une fatalité, mais plutôt une question de formation insuffisante, voire même une profonde méconnaissance des technologies, pourtant relativement simples, du solaire thermique.

 

Socol, le site consacré à la chaleur solaire qui a récemment fait peau neuve, liste les formations accessibles à tous les acteurs, depuis les Bureaux d'études jusqu’aux entreprise de maintenance.

 

Socol  démarre d’ailleurs un nouveau groupe de travail, avec pour objectif de réaliser un guide technique pour accompagner le développement des SSC collectifs et leur entrée dans le Fonds Chaleur. Il est possible d'y participer en s'inscrivant ici.

 

Mais, en attendant, la méconnaissance des performances du solaire thermique est telle que le marché baisse en logement d’année en année

 

 

Voici l’exemple du français Newheat et de sa filiale Narbosol. NewHeat démontre l’étendue des performances que l’on obtenir avec des solutions solaires thermiques. Ce faisant, il espère dépasser les réticences et le manque d’information des Bureaux d’études, dont les cahiers de charges de production de chaleur en industrie et en chauffage urbain ne mentionnent jamais le solaire thermique. ©NewHeat

 

NewHeat : solaire thermique en chauffage urbain et en industrie

 

Créée en 2015 à Bordeaux, NewHeat conçoit, finance, réalise et exploite des centrales solaires de production de chaleur renouvelable, de récupération de chaleur et de stockage thermique, pour fournir une chaleur durable, locale et compétitive aux grands sites industriels, aux réseaux de chaleur urbains et aux serres maraîchères.

 

NewHeat vient d’inaugurer Narbosol, une centrale solaire thermique consacrée à la fourniture de chaleur renouvelable au réseau de chauffage urbain de Narbonne, dans l’Aude. L’histoire de Narbosol combine organisation, financement et technique.

 

 

Pour commencer, NewHeat conçoit, construit et exploite ses installations solaires thermiques de grande puissance. Comme le dit Hughes Defréville (à gauche), l’un des deux fondateurs de NewHeat avec Pierre Delmas (à droite), en cas de défaut sur Narbosol, par exemple, l’intérêt de NewHeat est d’y remédier au plus vite, sinon l’entreprise perd de l’argent. ©NewHeat

 

Narbosol est une filiale à 51% de NewHeat, dans laquelle les Fonds régionaux de la Transition énergétique Terra Energies, Arec Occitanie et Oser ENR ont investi en tant qu’actionnaires minoritaires (49%).

 

Narbosol a requis un investissement de 2 M€, financé à 55% par l’Ademe, pour 100 000 € par la Région Occitanie, par NewHeat et ses partenaires pour le solde.

 

Un réseau de chaleur décarboné à 70%

 

L’inauguration de Narbosol concrétise contrat de fourniture de chaleur pour une durée de 25 ans signé fin 2019 entre Narbosol, SNDC (Société Narbonnaise de Chauffage, filiale de Dalkia et délégataire de service public pour gérer le réseau de chaleur de Narbonne) et la ville de Narbonne.

 

La chaleur produite par Narbosol – la centrale se trouve en bout de réseau sur un terrain municipal inutilisé jusqu’alors – alimentera directement le réseau du quartier Saint-Jean-Saint-Pierre, pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. Déjà équipé d’une chaufferie biomasse de 2,5 MW, le réseau de chaleur de Narbonne est désormais décarboné à 70%, grâce à l’ajout de Narbosol.

 

Le réseau de Narbonne alimente plus de 900 logements, 7 écoles, 1 collège et d’autres bâtiments publics. En été, la chaufferie biomasse sera arrêtée et Narbosol fournira la chaleur pour la production d’ECS.

 

3232 m² de capteurs solaires thermiques et stockage de chaleur

 

La centrale de Narbosol est composée de 3232 m² de capteurs solaires thermiques, fournis par le finlandais Savosolar, soit une puissance crête de 2,8 MW, et d’un stockage de chaleur en eau chaude de 1000 m3 hors sol. Narbosol devrait produire 18% des besoins de chaleur annuels du réseau, soit environ 2300 MWh/an, en substitution du gaz naturel.

 

Le régime des températures de départ/retour d’eau de la centrale Narbosol seront de 80°C/60°C.

 

Les installations de NewHeat sont toujours accompagnées d’un stockage de chaleur. Ici, c’est une cuve de 1000 m3. Mais pour des projets industriels, NewHeat étudie avec un BE danois, spécialiste de la question, le développement de stockages saisonniers.

 

Il s’agira notamment de cuves de 150 000 m3 – 1 ha de surface et 15 m de profondeur - dont le contenu sera porté à 80 ou 90°C l’été, puis utilisé l’hiver pour alimenter des besoins en eau chaude à moins de 100°C en industrie ou en chauffage urbain.

 

Le stockage de chaleur saisonnier

 

Le Danemark est spécialiste de cet exercice et une partie du chauffage urbain de Munich en Allemagne fonctionne de cette manière. Cette solution assure une couverture solaire thermique de 100% de besoins de chaleur en dessous de 100°C.

 

Pour des besoins d’eau chaude de 100°C ou davantage, NewHeat a lancé un programme de recherche sur les pompes à chaleur capables de remonter en température de tels stockages d’eau ou d’utiliser la chaleur stockée dans le sol en été – le système de boreholes : des sondes d’eau glycolées qui réchauffent le sol à moyenne profondeur en été et puisent la chaleur ainsi accumulée en hiver – pour alimenter des pompes à chaleur industrielles très haute température eau glycolée/eau.

 

NewHeat est également lauréat du «Innovation Fund » européen avec son projet Decarbolmat Croatia. Innovation Fund est un programme européen qui consacre 20 milliards d’euros à la décarbonation de l’industrie en Europe au cours de la période 2020 – 2030.

 

Du coup, NewHeat présentera un projet de chaleur solaire thermique en industrie, situé en France, lors de la semaine de la chaleur renouvelable.

 

L’entreprise installe en ce moment un nouveau réseau de chaleur urbain à Pons (17). Des capteurs solaires thermiques montés sur trackers – ce sera spectaculaire – alimenteront le retour du réseau de chauffage urbain.

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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