4 start-ups innovent pour la santé et la sécurité dans le BTP

4 start-ups innovent pour la santé et la sécurité dans le BTP

Solutions clé en main basées sur l’exploitation des données, ou matériel innovant, le but de ces 4 start-up est d’améliorer la sécurité des opérateurs sur le terrain.






Depuis 3 ans, l’Accélérateur Santé Prévention du BTP (fondé par le CCCA-BTP, l’OPPBTP, le groupe PRO BTP et la Fondation Excellence SMA) fait connaître aux acteurs du BTP des start-ups dont les solutions innovantes contribuent à rendre les entreprises plus sûres et performantes.

 

La 4e session de l’année 2020 innove en donnant voix au chapitre à deux start-ups basées hors de France : IntSite est israélienne et WearHealth est allemande. Les deux autres, Parsys Telemedicine et Bulane, sont françaises.

 

Si les trois premières solutions, basées sur l’exploitation des données, relèvent de chantiers importants, menés par des acteurs comme Eiffage, Bouygues, ou Vinci, la dernière apporte une innovation de matériel qui peut tout à fait être adoptée par des entreprises de taille modeste.

 

Bulane : Dyoflam Mobile, une solution oxy-flamme sans gaz

 

A Fabrègues (34), les 15 collaborateurs de Bulane conçoivent des électrolyseurs permettant de produire une flamme à plus de 2500°C, à partir d'eau et  d'électricité (l'hydrogène est extrait par électrolyse de l'eau).

 

Plus de 1000 de ces électrolyseurs sont utilisés chaque jour pour des opérations de brasage et de soudure, d’oxycoupage et de traitement de surface, dans l’industrie et le bâtiment, dans des applications flamme en chauffage, ventilation et climatisation, pour les équipements frigorifiques, les moteurs électriques, etc.

 

Le Dyoflam Mobile 2 est l’un des générateurs proposés dans la solution dyomix (qui inclue par ailleurs les accessoires et les services d’assistance et d’appui à la mise en place).

 

Des conditions de travail améliorées

 

Ce chalumeau sans bouteille de gaz est alimenté par un appareil qui produit lui-même le gaz, à la demande (sans stockage), branché sur le secteur et à partir d’eau. Il permet d’éviter les risques d’accident liés à la manipulation de gaz. Avec un seul tuyau connecté par un raccord tournant, le chalumeau est plus léger et plus ergonomique qu’un appareil traditionnel.

 

De même, le confort visuel (pas d’UV émis) et auditif (-30dB(A)) est augmenté, par rapport à une flamme oxyacétylénique de puissance équivalente). Enfin, la combustion dégage 7 fois moins de monoxyde de carbone, ce qui améliore la qualité de l’air respiré et un impact global sur l’environnement réduit de 94 %.

 

L’un des modèles développés, le Dyoflam Mobile 2, permet une autonomie de brasage d’une heure, se recharge en 2 minutes et est beaucoup plus économique : le coût moyen d’une heure de brasage est de 1,30€ (pour 0.25 L d’eau, 0.10 L d’additif et 2,4 kWh), contre une trentaine d’euros pour un poste classique.

 

A raison de 5 h d’utilisation par mois, à coût d’utilisation équivalent, la durée d’amortissement du Dyoflam Mobile 2  est de 2 ans (son coût est de 4 250 euros HT et la location est possible, à partir de 75 €/ semaine, pour le premier modèle).

 

 

A poids équivalent, le Dyoflam Mobile 2 est plus compact qu’un poste oxyflamme classique.

 

Parsys Telemedicine : pour un suivi médical complet à distance sur les chantiers

 

Créée en 2010 à Vincennes, la start-up de 35 personnes conçoit des solutions logicielles et matérielles de téléconsultation et téléexpertise.

 

D’abord spécialisée dans la location et vente d’équipements médicaux, Parsys Telemedicine a étoffé son offre avec des services d’assistance (les données sont stockées en France sur des serveurs agréés HDS).

 

Elle a identifié dans l’industrie des besoins de continuité et d’optimisation de la prise en charge médicale des salariés, qu’ils soient mobiles ou qu’ils travaillent sur des sites éloignés des centres médicaux d’urgence. Notamment, des accidents récurrents qui sont pris en charge dans l’urgence, dans des conditions  médicales non maîtrisées.

 

Une solution complète et souple

 

Pour assurer un suivi médical continu, optimiser la prise en charge en urgence, mais aussi pour mener des actions de prévention avec le référent médical du site (infirmier ou autre), Parsys Telemedicine propose à ce personnel médical attaché au chantier des solutions clés en main de télémédecine sur site, à l’aide de matériels semi fixes ou mobiles (chariot ou valise connectés) et d’une plate-forme Web médicale.

 

Celle-ci permet l’envoi des examens réalisés sur place, du dossier du patient, et rend possible une téléconsultation (patient avec médecin), ou une téléexpertise (personnel médical chantier avec médecin spécialiste, ou SAMU pour les urgences), le tout en visioconférence sécurisée.

 

Dans une fourchette de 15 à 30 000 €, la start-up fournit le terminal informatique (PC ou tablette), le matériel pour prendre les constantes vitales (ECG, oxymètre de pouls, tensiomètre, …), des Webcams, des caméras médicales et bien d’autres appareils (spiromètre, audiomètre, etc.). Sa plateforme de partage des données est accessible à tous les médecins du parcours de soin.

 

Déjà utilisé dans l’industrie en France et ailleurs (par exemple sur des sites d’extraction d’uranium d’ORANO), cette solution, qui a l’avantage d’être souple et aisée à mettre en œuvre, est amenée à se développer dans le monde du BTP, sur les chantiers qui disposent d’un personnel médical.

 

IntSite : des solutions d'assistance aux opérateurs de machine

 

Dans le domaine de la détection des risques sur chantier, IntSite développe des systèmes combinant assistance à la conduite d’engins (technologie ADAS) et algorithmes basés sur l'IA, pour obtenir un mouvement optimal des gros engins de chantier (y compris les grues). Ces kits permettent de guider l'opérateur vers les trajectoires les plus efficaces, et l’alertent sur les défauts de sécurité de son environnement de travail.

 

Ces solutions se distinguent de celles des concurrents par le double intérêt qu’elles présentent : plus de sécurité pour les personnels et une productivité accrue (les responsables des travaux reçoivent en temps réel des notifications d’aide à la décision, pour optimiser le rendement des machines).

 

InstSite commercialise déjà ses solutions en Israël, notamment sur les engins de chantier de marque Komatsu. L’équipement comprend jusqu’à 4 caméras, pour une couverture à 360 degrés, un écran de contrôle qui permet de distinguer les personnes des objets, des systèmes d’alarme visuels et sonores.

 

Le tout est compatible avec le RGPD (traitement des données personnelles), pour une utilisation dans l’Union Européenne. Le kit d'adaptation ForeSite est installé en 2 heures. D’un coût de 1 000 €/mois/machine, il génère un gain de rendement évalué à 1 500€ / mois/machine.

 

Wear Health : Des EPI et des vêtements connectés

 

Emanation de l’Institut pour l’Intelligence Artificielle de brême, cette start-up allemande créée en 2017 s’est spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à l’interprétation des mouvements des opérateurs sur leur lieu de travail.

 

Ses EPI (bracelets connectés, etc.) et ses vêtements connectés (avec capteurs cardiaques, notamment) transmettent des données que Wear Health se charge de collecter via sa plate-forme, et d’interpréter avec ses logiciels, afin d’évaluer avec le plus d’objectivité possible les risques liés aux diverses tâches sur un chantier ou une zone d’intervention.

 

Cela lui permet notamment de cartographier les zones à risque sur un site, et de les signaler en temps réel ; d’identifier les tâches les plus pénibles et à risque, et d’alerter les opérateurs sur les signaux négatifs pour leur santé ; et d’optimiser les opérations, en permettant une gestion adaptée des tâches de la part des managers. La baisse constatée de l’absentéisme et des erreurs humaines en font une solution déjà validée dans l’industrie, en France et ailleurs.

 

La solution (déjà utilisée par Vinci, notamment) a vocation à pénétrer le secteur de la construction. Elle est disponible à partir de 4900 €, pour une souscription de trois mois de la solution clé en main.


Source : batirama.com/ Emmanuelle Jeanson

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