Massification de la rénovation : EnergieSprong lance un marché de 2000 logements en Pays de la Loire

Massification de la rénovation : EnergieSprong lance un marché de 2000 logements en Pays de la Loire

L’industrialisation de la rénovation poussée par EnergieSprong fait l’objet d’une première grande expérimentation en France avec la rénovation de 2000 logements lancée par 14 Maîtres d’Ouvrage sociaux






Avec l’aide d’EnergieSprong, 14 bailleurs sociaux se rassemblent en Pays de Loire pour lancer une centrale d’achat pour la rénovation de 2000 logements avec l’approche globale « énergie zéro » EnergieSprong. L’appel d’offres sera publié le 13 novembre. C’est le premier pas significatif vers la massification de la rénovation.

 

 

 

EnergieSprong a lancé un concours d’idées pour des procédés de rénovation industrialisés, englobant l’enveloppe, le chauffage, la ventilation, et avec un fort aspect architectural. Le résultat a été présenté en Septembre à Pantin. ©PP

 

 

L’approche EnergieSprong

 

Lancée aux Pays-Bas en 2012, importée en France en 2017 par GreenFlex, la démarche EnergieSprong (saut énergétique) tente d’accélérer, de massifier et de réduire les coûts de la rénovation énergétique des logements. Elle repose sur la préfabrication et l’industrialisation de la rénovation et propose 4 principes :

 

  • ultra-performante, la rénovation doit atteindre le niveau zéro énergies, garanti durant 30 ans et tous usages confondus. Pour y parvenir, EnergieSprong recommande une considérable amélioration du bâti pour réduire les consommations d’énergie, plus une production d’énergie sur site.

 

  • la rénovation est réalisée en site occupé en temps court, de manière à réduire les nuisances pour les occupants. La préfabrication en atelier est systématisée.

 

  • la rénovation vise une haute qualité de confort de vie – thermique, acoustique, visuel – et porte une forte attention à l’esthétique et à la qualité architecturale.

 

  • Un équilibre économique doit être atteint, grâce à la baisse des coûts et au partage des économies entre les occupants et les Maîtres d’ouvrage, de manière à réduire les subventions aux maximum, tout en sécurisant les investissements par une garantie de résultat de 30 ans.

 

GreenFlex estime que le marché potentiel pour de telles rénovations atteint 9,5 millions de logements, soit un tiers du patrimoine de logements. La démarche EnergieSprong est financée en France depuis 2019 par l’Ademe et la DGEC, qui ont confié son déploiement à GreenFlex.

 

 

 

Podeliha apporte 224 logements à l’opération, construits entre 1960 et 1983 et répartis sur 10 sites, dont les 45 pavillons mitoyens du domaine Claude Bernard à Angers. ©Podeliha

 

EnergieSprong en Pays de la Loire

 

L’opération des Pays de la Loire, qui réunit 12 Maîtres d’Ouvrage sociaux des Pays de Loire et 2 autres venant de Bretagne, constitue la première réelle tentative de massification d’une rénovation radicale (zéro Energie tout de même).

 

Comme le souligne Sébastien Delpont, le directeur du développement chez GreenFlex France, la massification de la rénovation est un sport collectif. Le projet réunit donc un grand nombre de partenaires locaux : le Conseil Régional, les Conseils Généraux, 14 bailleurs sociaux coordonnés par l’USH Pays de la Loire et trois clusters : Novabuild, Atlanbois et Atlansun. A eux-trois, ils réunissent environ 1000 entreprises.

 

En Partenariat avec l’USH Pays de la Loire et GreenFlex, les trois clusters ont créé en juillet 2019, le Club Réhabilitation EnergieSprong Pays de la Loire.

 

Ce club s’est réuni une dizaine de fois depuis sa création pour faire émerger des solutions techniques au problème de l’industrialisation de la rénovation, habituer les entreprises à constituer des groupements capables de répondre en totalité à un tel appel d’offres.

 

 

 

Habitat 44, Office départemental de la Loire Atlantique, possède 8330 logements sur 144 communes. Il apporte à l’opération 92 logements, dont les 72 logements collectifs du Bois Rochefort à Guérande. Ils ont été construits en 1969 et sont classés E ou F. L’objectif d’Habitat 44 est de les remonter en A et de classer tout son parc en A à C d’ici 2025. ©Habitat 44

 

MASH, une centrale d’achat pour la massification de la rénovation

 

Les 14 Maîtres d’ouvrage HLM ont constitué entre eux une centrale d’achat nommée Mutualisation d’Achat au Service de l’Habitat (MASH). Ils s’engagent sur une première opération de rénovation de 2000 logements.

 

Les Maîtres d’ouvrage rassemblés dans MASH sont : Atlantique Habitations, Bretagne Sud Habitat, CDC Habitat, CISN Résidences Locatives, Habitat44, Harmonie Habitat, La Nantaise d’Habitations, Maine&Loir Habitat, Mancelle d’Habitation, Nantes Métropole Habitat, néotoa (embellit la ville et la vie), Podeliha (groupe Action Logement), Sarthe Habitat et Saumur Habitat.

 

Le cahiers des Charges de l’opération est sévère : la rénovation doit garantir un niveau de dépense énergétique inférieur à 10% des rennus les locataires durant toute la durée du contrat (30 ans). La performance énergétique à atteindre est zéro énergie (production sur site – consommation) ou proche. La rénovation est garantie par un contrat de performance énergétique sur 30 ans englobant travaux et maintenance, pour un usage « norma et confortable », soit 21°C dans les logements et une température d’ECS de 45°C au point de puisage.

 

 

 

La Nantaise d’Habitation apporte la résidence Le Vallon à Carquefou : 13 logements construits en 1989, avec une efficacité énergétique moyenne de D. ©Nantaise d’Habitation

 

2000 logements en quatre lots

 

Pour faciliter l’opération – dispersée dans tout le territoire Pays de la Loire, les 2000 logements ont été répartis en quatre lots sensiblement de même taille, en séparant le logement collectif et les pavillons, en distinguant le type de toiture et la mitoyenneté des logements dans le cas des maisons individuelles pour faciliter la réplicabilité et l’industrialisation des solutions proposées.

 

Deux à six organismes figurent dans un même lot, chaque organisme participant au maximum à deux lots différents. La répartition en quatre lots aboutit donc à :

 

  • lot 1 : environ 450 logements individuels mitoyens (sauf exceptions), avec des toitures 2 pans en très grande majorité, dans les départements 44 et 49,

 

  • lot 2 : même chose, mais dans le le 49 et le 72,

 

  • lot 3 : environ 450 logements individuels mitoyens en majorité, plus quelques logements isolés, avec des toitures 2 pans en majorité et quelques toitures terrasses. Ils sont situés dans les départements 44, 49, 72, 35 et 56.

 

  • lot 4 : 550 logements en petits et moyens collectifs avec tout type de toiture, dans le 44 et le 72.

 

Le marché est lancé le 13 novembre. Les réponses seront examinées début 2021. Les travaux devraient commencer en 2022.

 

Le financement de l’opération repose sur des prêts à long terme de la Banque des Territoire (Caisse des Dépôts et Consignations) et sur un partage des économies. 80% des économies attendues seront divisés entre le Maître d’ouvrage et le locataire. Le locataire verra donc une 3e ligne apparaître sur sa quittance de loyer, avec un montant égal à 50% de 80% (soit 40%) de l’économie prévue. Le locataire devrait donc bénéficier de 60% de l’économie prévue en €.


Source : batirama.com / Pascal Poggi

Articles qui devraient vous intéresser

Laissez votre commentaire

Saisissez votre Pseudo (votre commentaire sera publié sous ce nom)

Saisissez votre email (une alerte sera envoyée à cette adresse pour vous avertir de la publication de votre commentaire)

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais après validation par nos modérateurs.

Newsletter


Retrouvez toute l'actualité du bâtiment.
 
ARTIDEVIS Autopub

Produits







Articles

Votre avis compte

La situation sanitaire mérite-t-elle des mesures radicales pour freiner le virus ? (346 votants)
Certainement, pour sauver de nombreuses vies
Non, cela risque de tuer l'économie et les artisans
 

Boutique