Immeuble de bureaux Lowcal : les atouts du bâtiment passif

Immeuble de bureaux Lowcal : les atouts du bâtiment passif

Conçu par le bureau d’études Enertech, Lowcal est un bâtiment de bureaux qui illustre la convergence du passif et du Low Tech. Retour sur les atouts des bâtiments passifs (2/3).



En cours de labellisation, ce bâtiment de 614 m2 de surface utile, construit en 2016 par et pour Enertech, a été instrumenté. Ce BE fluides spécialisé dans les bâtiments performants fait élever ce R+1 avec rez-de-jardin, de forme compacte, à  Pont de Barret, dans la Drôme, par des entreprises basées dans les 40 km alentour.

 

Le demi-niveau enterré est en béton isolé en PU à l’extérieur et laine de bois par l’intérieur. Au sol, un radier flottant sur isolant offre une coupure thermique, avec l’isolant remontant en périphérie.

 

Les panneaux hauteur d’étage sont des caissons préfabriqués en paille de 36 cm d’épaisseur, avec un complément en laine de bois pour protéger la frontière d'étanchéité à l’air, l’OSB, et passer les gaines électriques. En combles, la charpente bois traditionnelle est isolée en ouate de cellulose 400 mm. Elle porte plus de 150 m2 de capteurs solaires exposés au sud.

 

Triple vitrage généralisé

 

Le triple vitrage choisi pour les 4 faces laisse entrer presqu’autant de lumière qu’un double vitrage tout en isolant beaucoup plus (les couches peu émissives réfléchissent la chaleur intérieure dedans et celle de dehors).

 

La terre décaissée du terrain a été broyée et moulée en adobes. Séchées quelques semaines, puis montées à la terre crue, elles habillent les bois structurels pour réaliser des murs de refend.

 

Ces 30 tonnes de briques de terre crue, ainsi que les 70 tonnes de rebut de fabrication d’argile compressée dont sont remplis les planchers intermédiaires, apportent l’inertie nécessaire pour obtenir un confort d’été passif. L’OSB posé par-dessus a un rôle structurel, ce qui a retardé l’élévation et fait durer le chantier 9 mois.

 

Un travail en équipe nécessaire dès l’amont

 

 « Nous souhaitions un bâtiment à faible coût de construction et de fonctionnement, avec un faible impact sur l’environnement et qui soit reproductible », précise le gérant de la SCOP, Thierry Rieser.

 

 « Travailler en équipe dès le tout début de la conception est nécessaire pour ne pas créer un « mille feuilles » où s’empilent les contraintes, ce qui explose les coûts. » Le coût travaux de 1120 € HT/m2SHON (hors VRD) a été tenu, et le bâtiment tient ses promesses, mesures à l’appui.

 

La Simulation Thermique Dynamique a permis d’optimiser les besoins de chauffage et le confort d’été. « Enlever le chauffage permet une économie radicale », souligne Thierry Rieser, « Nous avons choisi de poser une ventilation double flux décentralisée par bureau, pour éviter beaucoup de tuyauterie et une gestion compliquée ! La régulation est réduite à un interrupteur, actionné individuellement. Posé par nous-même, chaque appareil souffle et reprend l’air soit dans le même bureau, soit dans un WC voisin. Le coût doit être sensiblement le même que pour une centralisée. »

 

Faible consommation électrique

 

La consommation électrique de cette VMC est très faible : 5 W pour 25-30 m3/h, avec un SFP (coefficient qui qualifie l’efficacité énergétique globale du système de ventilation) de 2 à 3 fois inférieur à celui d’une VMC centralisée, car les pertes de charge sont inexistantes.

 

Ce bâtiment affiche un bilan énergétique tous usages confondus de 7 kWh d’électricité/(m2.an) « Cela montre que par des actions de sobriété et le choix d’équipements économes, notamment en informatique, on peut gagner énormément. Nous avons obtenu une énergie positive d’un facteur 7 la première année, où nous étions moins nombreux qu’à présent. »

 

 

 

Confort d’été et qualité d’air

 

Le confort d’été s’avère à la hauteur des attentes, avec pas ou très peu d’heures au-dessus de 28°C, grâce aux occultations (notamment les brise-soleil orientables installés au sud), à l’inertie du bâtiment et à la très faible chaleur interne dégagée. La fraîcheur nocturne stockée pendant la nuit et tôt le matin, en aérant, se décharge progressivement durant la journée.

 

Côté QAI, les taux de CO2 et de PM1 sont satisfaisants. Les deux premières années, les COV dégagés par le liant des panneaux OSB, ont été importants: ils s’accumulaient pendant la nuit, quand la ventilation est éteinte, puis étaient évacués très vite, à la mise en route, ce qui souligne l’importance de la ventilation dans la QAI.

 

Le facteur humain

 

Le coût de ce bâtiment, inférieur au marché, est lié à une architecture sobre, à un plan du bâtiment résolument compact et à l’absence d’une installation de chauffage à eau. Mais la performance est aussi très dépendante de l’usage : il faut un usager actif dans un bâtiment passif !

 

Ici, les usagers manipulent manuellement les BSO et les volets bois pour s’abriter du soleil, et les fenêtres pour l’aération nocturne. « encore une fois, le calcul des AUE dans E+C- est forfaitaire, ce qui ne valorise pas les bonnes pratiques ni les choix en équipements économes en énergie. Cela ne tient pas non plus compte des éléments de conception qui sont pourtant majeurs », regrette Thierry Rieser.

 


Source : batirama.com/ Emmanuelle Jeanson

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