Le cimentier Vracs de l’Estuaire face à la crise du Covid-19

Le cimentier Vracs de l’Estuaire face à la crise du Covid-19

Vracs de l’Estuaire, nouvel acteur cimentier en France, a dû adapter son organisation pour maintenir une activité réduite de son site à Oudalle (76). La PME espère une légère reprise avec l’accord signé dans le BTP.





Vracs de l’Estuaire qui appartient au groupe Cimat/Cimaf - dont le groupe marocain OIP (Omnium des industries et de la promotion) est actionnaire - a démarré son activité en septembre 2016, à l’usine de Oudalle, près du Havre.

 

Un investissement de 50 millions d’euros a permis à la société de lancer la production de 4 gammes de ciments certifiés (CE et NF), issus du broyage de clinker, et distribués dans un rayon de 350 km, (600 000 tonnes annuelles).

 

Il s’agit des gammes CEM 1 52,5 N ; CEM 1 52,5 SR 5; CEM II 42,5 R et CEM II 42,5 N. Si cette gamme de ciments demeure standard, elle se différencie cependant avec le CEM I 52,5 N SR5, lancé en 2018, qui résiste aux sulfates et convient donc aux sols agressifs. « Ce ciment demandé par notre clientèle, est notamment prescrit pour réaliser les fondations des ouvrages en Ile-de-France » explique Youssef Alaoui, directeur général de la société.

 

Un objectif initial de 36 millions d’euros de CA pour 2020

 

La société commercialise sa production auprès de 4 types de clientèles, dont les acteurs du Béton prêt à l’emploi pour leurs centrales à béton, les industriels du béton préfabriqué, les entreprises de travaux (de toutes tailles) ainsi que les distributeurs de matériaux.

 

« Nous avons une gamme pour le négoce, avec des sacs conditionnés en 25 et 35 kg,» explique Youssef Alaoui. En outre, Vracs de l’Estuaire a développé une gamme de produits dédiés aux grandes surfaces de bricolage, achetés par les particuliers et/ou artisans.

 

La société a réalisé un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros en 2019. « Nous avions prévu de réaliser 36 millions d’euros de CA pour 2020, selon un budget élaboré en septembre 2019 » indique le directeur général. 

 

Depuis la crise sanitaire a rebattu les cartes. « Nous avons subi les évènements comme tout le monde, et avons pris les premières mesures dès le 13 mars pour assurer la santé et la sécurité de nos collaborateurs » reprend le responsable.

 

 

« Nous avons pris la décision d’adapter notre organisation à la demande de nos clients pour continuer à les accompagner. Et même si nous n’avions eu que 2 ou 3 clients à servir, il aurait été hors de question de tout stopper" explique Youssef Allaoui, directeur général de Vracs de l'Estuaire

 

Mise en place d’un plan de continuité de l’activité

 

La société a donc distribué des masques FFP2 (disponibles car utilisés par les équipes de maintenance, notamment pour effectuer les soudures), du gel hydro-alcoolique et a mis en place les mesures barrière.

 

« Nous avons pris la décision d’adapter notre organisation à la demande de nos clients pour continuer à les accompagner. Et même si nous n’avions eu que 2 ou 3 clients à servir, il aurait été hors de question de tout stopper » assure Youssef Alaoui.

 

Un plan de continuité d’activité a donc vu le jour, dans le but de maintenir une activité partielle sans prendre de risques pour les collaborateurs. La PME peut en effet compter sur un effectif total de 34 personnes en CDI et CDD et 5 intérimaires.

 

Le 15 mars, la société interdit les réunions et déplacements de ses commerciaux et met en place le télétravail. Elle instaure parallèlement des mesures barrières strictes (distanciation et lavage des mains) pour les équipes au travail dans le site de production.

 

Une baisse immédiate de 30 % du chiffre d’affaires

 

Le 16 mars, au soir, après le discours du président de la république, Vracs de l’Estuaire enregistre déjà une baisse de 30 % de son chiffre d’affaires. La société décide donc de réduire le nombre d’équipes au travail sur le site, en supprimant les postes de nuit. « Nous fonctionnons en 3 fois huit heures en temps normal et n’avons donc gardé que deux équipes de jour, chaque équipe comprenant 4 salariés » précise le dirigeant de VDE.

 

Cependant, deux jours plus tard, la société constatant une chute drastique de ses ventes et commandes, décide de revoir à nouveau son organisation et de maintenir une seule équipe sur le site. Cette équipe comprend 5 personnes incluant le responsable des expéditions.

 

« L’équipe assure ainsi les activités prioritaires de VDE, à savoir, la production de ciment sur la base des stocks du silo et des prévisions de ventes. Par ailleurs, elle « fabrique » les palettes destinées à être commercialisées » ajoute le responsable.

 

Au bureau des expéditions, une personne recueille les commandes, contacte les transporteurs et réceptionne les chauffeurs, un par un, avec respect des consignes sanitaires (lavage des main, distanciation obligatoire).

 

« Nous avons mis en œuvre différentes mesures concernant les salariés, dont l’activité partielle et le télétravail » détaille le dirigeant. Ainsi, l’équipe de direction, incluant la responsable Qualité sécurité environnement, le directeur financier, le responsable des transports et logistique travaillent à domicile, tout comme l’un des 4 commerciaux en postes.

 

Maintenir un lien social avec notre personnel

 

Autre mesure mise en place : le maintien d’un lien permanent avec les équipes de la société. Une newsletter hebdomadaire faisant un point de la situation est envoyée aux équipes. « Nous avons également instauré deux appels téléphoniques hebdomadaires pour chaque salarié, le lundi et le jeudi, assurés par les responsables de service » indique Youssef Alaoui.

 

« C’est important car les équipes en arrêt ne savent pas ce qui se passe, et peuvent avoir besoin de nous en cas de maladie. Je les connais personnellement et c’est le minimum que de s’enquérir de leur santé. Et enfin, le jour, où la reprise viendra, ce sera plus facile de les contacter afin qu’ils reprennent leurs postes progressivement » poursuit le responsable.

 

Quant à l’avenir, Youssef Alaoui, conserve l’espoir d’une reprise d’activité progressive, grâce à l’accord signé entre les acteurs du BTP et le gouvernement. « Nous enregistrons une chute de 80 % de notre activité et pensons qu’il y aura une légère reprise avant la fin du confinement ». En effet, certains négoces ont redémarré partiellement leurs activités grâce à la mise en place du Drive et du Click and Collect.

 

Par ailleurs, selon le dirigeant, les centrales à béton, se préparent à redémarrer : « elles nous ont transmis des protocoles afin que les transporteurs respectent certaines procédures » indique le dirigeant. Mais, prévient-il, ce sera une très légère reprise car la société espère assurer de l’ordre de 40 à 50 % de son activité dans les deux semaines à venir. « Je ne pense pas que l’on puisse dépasser 50 % de l’activité, au moins jusqu’à la fin du confinement » termine le directeur général.

 

*Le groupe Cimat/Cimaf (Ciments de l’Atlas ) est présent dans 13 pays essentiellement en Afrique de l'Ouest

 


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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