La mousse minérale isolante classée A1 promet une révolution

La mousse minérale isolante classée A1 promet une révolution

Deux Français, retraités actifs, disposent d’un brevet qui peut changer le monde de l’isolation, en commençant par celui de la protection passive contre l’incendie. La France laissera-t-elle filer cette occasion ?



Légende : Hubert Barth, le promoteur de l’Isolfeu, tenant un échantillon du produit révolutionnaire, sous forme de plaque. ©FLC

 

Depuis fin 2016, la société FLC, de Metz, détient pour sa mousse minérale baptisée Isolfeu un rapport de classement européen de réaction au feu A1.

 

Le rapport précise qu’il s’agit d’une « mousse minérale à base de polymères inorganiques composée à plus de 95% de minéral », d’une masse volumique nominale de 150 kg/m3, d’épaisseur variable et de coloris beige.

 

A1, cela veut dire que l’on se trouve hors classement des productions de fumées ou des gouttes ou particules enflammées, qui ne sont prises en compte qu’à partir du classement A2. A1, c’est le classement habituel des laines minérales, qui se réservent quasiment le marché de l’isolation dite incombustible, notamment dans le domaine de la façade.

 

 

Le chimiste Philippe Toussaint, druide de l’Isolfeu, en train de tester de nouvelles machines qui permettront de passer à l’étape industrielle.

 

Le classement A1, enjeu stratégique

 

Cette solution ne garantit pas, du moins pas encore et pas de sitôt, un award du concours de l’innovation du salon Batimat. Pour cela, il faudrait que le produit Isolfeu soit fabriqué de façon industrielle, commercialisé ou sur le point de l’être.

 

Pour l’heure, il ne s’agit encore que d’échantillons produits selon une formule tenue secrète dans un laboratoire. Rien à voir avec la laine de roche que Knauf s’apprête ce mois-ci à livrer en masse à partir de son nouveau site d’Illange en Lorraine. Fabriquée selon une formule éprouvée, elle est le fruit d’un investissement de plus de 100 millions d’euros, génère une bonne centaine d’emplois voire quelques réserves chez les riverains inquiets.

 

L’isolation incombustible incontournable pour la façade

 

La réalité du monde actuel de l’isolation, ce sont ces investissements lourds dans des sites de production en continu qui misent sur le développement, précisément, du marché de l’isolation A1, notamment en façade.

 

Arrivera-t-on enfin à prendre le taureau par les cornes et à rénover massivement le parc existant, à lui donner une performance d’isolation thermique par adjonction d’une enveloppe extérieure, afin de diminuer les déperditions énergétiques et de baisser sensiblement la contribution du Bâtiment à l’émission de gaz à effets de serre ?

 

Pour l’heure, bien malin qui dira si cet impératif sera suivi d’actes ou si l’on se contentera à nouveau d’effets d’annonce. Ce qui semble par contre acquis, c’est que l’isolation incombustible A1 règne en maître sur le secteur de la façade. L’isolation sous bardage, d’une part, mais aussi celle sous enduit, où les systèmes incorporent obligatoirement des bandes de recoupement A1.

 

 

L’Isolfeu est généré par une réaction chimique entre plusieurs composants dont à 95% de l’argile.

 

Un procédé délaissé depuis la seconde guerre mondiale

 

Qu’une solution d’isolation A1, minérale, soit produite industriellement sans cubilot fonctionnant au coke comme dans le bon vieux temps, sans recours à du laitier que le déclin de la sidérurgie locale rend de moins en moins accessible, ce serait bien surprenant.

 

Un produit présenté comme étant à base d’argile, sans fibres, sans liants dérivés du pétrole. Comment cela serait-il possible ? Hubert Barth, le maître d’œuvre lorrain de la commercialisation du procédé Isolfeu, raconte que trois chimistes se sont penchés sur le berceau d’un procédé délaissé depuis le début de la Seconde guerre mondiale ;

 

Ils ont transmis les résultats de leurs recherches à un chimiste retraité résident en Bretagne, Philippe Toussaint ; les trois premiers chimistes, découragés par les difficultés qu’ils voyaient se dresser sur le chemin de l’industrialisation, et des investissements massifs requis, ont quitté la barque.

 

Le seuil critique de l’industrialisation

 

Cependant Hubert Barth et Philippe Toussaint ont poursuivi leurs efforts en faisant passer une recette ancienne et théorique à l’état de spécimen de laboratoire dont les performances exceptionnelles ont pu être validées et la formulation brevetée.

 

Tout en poursuivant l’amélioration du produit et la recherche de nouvelles applications, le tandem s’est mis en quête d’investisseurs afin de passer du laboratoire à la production industrielle.

 

Interlocuteurs tous désignés, les grands industriels de l’isolation présents en France sont à la fois les mieux placés pour apprécier la performance de ce produit hors norme, et les moins enclins à adopter un procédé qui remet en cause leurs habitudes. Qui sait d’ailleurs si ce produit prometteur passera le cap de la viabilité industrielle en termes de process mais aussi de compétitivité ?

 

 

La nouvelle évolution du process opte pour l’injection d’air, garante d’une meilleure régularité des bulles et de performances d’isolation thermique optimisées.

 

Dépasser l’immobilisme

 

La question est de savoir qui peut s’intéresser à cette matière simplement élaborée à base d’argile, qui se propose de remplacer les retardateurs de flammes dérivés du pétrole par un liant sain d’origine minérale…  et dont la fonction de retardateur ne génère pas de dégagements toxiques et dangereux de fumées ou de gouttes.

 

A la clef, la possibilité de rendre plus abordable, plus durable et plus sain un parc immobilier qui pourra recourir massivement à des produits biosourcés auxquels, au besoin, l’Isolfeu aura été incorporé comme liant.

 

Mais aussi de doper la performance de réaction au feu des isolants à base de PU, voire des laines minérales si leur classement A1 ne les plaçaient pas d’emblée au-delà du bien et du mal.

 

Une performance coupe-feu de 3 heures

 

En panneau, l’Isolfeu devrait atteindre une performance coupe-feu de 3 heures pour une épaisseur de 4 cm, surtout dans la version 2.0 que FLC a désormais développée à l’aide d’une chimiste recrutée.

 

Les marchés potentiels de l’Isolfeu sont insoupçonnés, comme le gainage des câbles de pylônes de la TDF sujets à des actes de vandalisme. En théorie, les panneaux d’Isolfeu pourraient afficher des performances d’isolation thermique intéressantes, surtout depuis que le procédé est amélioré par l’injonction directe d’air.

 

La voie de la projection d’une isolation thermique et efficace contre le feu s’ouvre aussi. Sur un marché de l’isolation où rien ne bouge, Isolfeu a déjà le mérite de faire un peu rêver.  

 

 

Source : batirama.com /Jonas Tophoven

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2 Commentaires


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  • par ISOLFEU
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Je me fais un plaisir de répondre à vos questions. La conductivité thermique de la mousse ISOLFEU est de 0,04 W.m-1.K-1, ce qui représente une résistance thermique de 1,25 m(2).K/W. Les mises en œuvre sont variées : projection, injection, panneaux. En ce qui concerne les applications, là aussi, elles sont très diversifiées : façades, combles, mûrs, planchers, fours...... N'hésitez pas à rentrer en contact avec moi pour plus de détails. Cordialement Hadjer HAMEK


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  • par Patou-22
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Très intéressant, mais cela manque de chiffre (dont le "lambda" pour calcul de résistance thermique") et les modes de mise en oeuvre dans l'habitat (projection ?). Est-ce que cela ne concernerait que les façades ? On a forcément envie d'en savoir plus. Merci et cordialement, Patou-22

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