Charly Lannou, un maçon engagé et solidaire

Charly Lannou, un maçon engagé et solidaire

Charly Lannou, artisan maçon de 42 ans, a créé son entreprise, il y a 12 ans à Bréval (78). Communicant, le jeune artisan « vit » son métier avec passion en s’adaptant aux défis liés au statut de travailleur indépendant.



Charly Lannou est tombé dans la maçonnerie dès son plus jeune âge. Habitué à donner un coup de main en été à ses oncles et cousins, tous dans le Bâtiment, Charly s’est piqué au jeu rapidement.

 

« Mon père était électromécanicien et ma mère, institutrice à Bréval, mais j’aimais effectuer les taches que l’on me confiait, comme préparer la bétonnière. J’étais le « mousse » sur les chantiers » confie-t-il.

 

Convaincu que ce métier est fait pour lui, Charly décide de faire une formation chez les Compagnons du Devoir, après avoir terminé son cursus scolaire au collège, en 3e. Il part à la maison de Reims pendant deux ans où il obtient son CAP de maçon et effectue son stage de regroupement à Strasbourg. Puis voyage pour le Tour de France.

 

Le service national étant obligatoire à ce moment, il part à la Réunion dans les DOM TOM, à l’âge de 19 ans, dans le cadre du RSMA (Régime de service militaire adapté). Il est professeur de maçonnerie-carrelage et remplit sa mission pendant deux ans avant de revenir en France, avec son épouse.

 

Création de l’entreprise à Bréval en 2006

 

Il arrête alors son Tour de France et devient aspirant sédentaire. « J’ai été embauché dans une grosse entreprise de maçonnerie à Mantes, (près de Bréval) et y suis resté pendant 8 ans. Nous étions 150 salariés au départ et nous ne sommes restés que 2 à la fin, l’entreprise ayant connu de grosses difficultés » confie Charly.

 

C’est donc en 2006 que le jeune maçon, soutenu et aidé par son ex-patron, décide de créer son entreprise à Bréval, une SARL*. « Je n’étais pas intéressé par des postes de chef de chantier dans les grosses entreprises du Bâtiment. Le gros béton ne m’intéresse pas » explique Charly qui précise : « J’aime bien les petits chantiers de maçonnerie-carrelage qui durent 3 ou 4 semaines car c’est beaucoup de relations humaines. Je passe parfois beaucoup de temps à discuter avec les clients dont les « petites grands-mères », et c’est très enrichissant » déclare-t-il enthousiaste.

 

Lorsqu’il s’installe en 2006, Charly bénéficie de plusieurs aides dont l’ACCRE et d’un prêt bancaire sans intérêt de 7000 euros, en tant qu’adhérent d’une plateforme constituée d’entreprises, de banques et avocats.

 

Une clientèle locale grâce au bouche-à-oreille

 

Mais c’est surtout son ex-patron qui lui met le pied à l’étrier en lui cédant du matériel à des conditions avantageuses, dont un camion. « J’avais déjà tout mon matériel et peu de gros investissements à effectuer pour démarrer. Il me fallait un peu d’argent pour constituer mon fond de roulement » souligne Charly.

 

Ce dernier peut ainsi démarrer son activité chez lui, à Bréval, dans sa maison. Le bouche-à-oreille lui permet rapidement de se constituer une clientèle essentiellement locale. Charly a même travaillé pour la mairie de Bréval en installant des rampes d’accès sur divers lieux public, dont la mairie et l’église du village. En 2012, il décide d’investir en achetant un entrepôt pour y stocker ses outils de travail et son matériel.

 

Acquisition d’un entrepôt en zone artisanale

 

Moyennant un « gros emprunt », notre maçon part s’installer en zone artisanale de Bréval dans 240 m2 de hangar sur un terrain de 1000 m2. « Si je n’avais pas acheté, il aurait fallu que je loue un entrepôt à fonds perdus » justifie Charly.

 

Cet entrepôt permet en effet à l’artisan maçon de stocker son matériel et une partie de ses matériaux. C’est aussi son atelier de travail. « J’investis mes bénéfices dans le matériel car je veux travailler avec des outils neufs et entretenus et le plus intelligemment possible, c’est-à-dire de manière optimisée » renchérit l’artisan qui poursuit : « Si je travaille avec la pioche ou la pelle, je ne serai pas près d’avancer et ne serai pas pris au sérieux par mes clients ».

 

Des outils et du matériel performant

 

De fait, l’artisan a acquis un camion ampliroll (ndlr : système de bras articulés) dont les bennes (qui se posent au sol) peuvent supporter le poids d’une bétonnière et du sable nécessaire à la fabrication de béton.

 

« Tous les matériaux et outils sont stockés dans ma benne qui reste à demeure chez le client pendant les travaux. De cette manière, je limite les manutentions difficiles, d’autant que je travaille seul. Et, par ailleurs, je ne salis pas la cour ou le jardin du client chez lequel j’interviens. »

 

Dépannage, entraide et bonne entente

 

Autre avantage de son installation en zone artisanale : Charly a fait connaissance avec ses voisins immédiats dont la plupart sont artisans du Bâtiment. Il y a notamment un couvreur, deux maçons, un peintre, un spécialiste de l’isolation, un vitrier et 3 paysagistes.

 

« Nous nous entraidons les uns et les autres et si besoin, à l’occasion, nous travaillons l’un pour l’autre » indique Charly. De bonnes relations se sont tissées entre les professionnels de la zone artisanale où règne une bonne ambiance, selon le maçon. Un repas annuel est même organisé dans l’entrepôt de chacun des artisans, à tour de rôle.

 

 

Charly Lannou travaille avec Téo, son fils de 17 ans, en apprentissage dans l’entreprise. Il passe un CAP de maçon à la maison des Compagnons du Devoir à Rouen. Le jeune homme souhaite par la suite devenir conducteur d’engins et suivre une formation par alternance au campus L’EA/Tecomah

 

Embaucher du personnel : « mission impossible »

 

Ces relations de travail intelligentes entre confrères sont capitales pour maintenir l’activité artisanale sur le territoire, aux yeux du jeune maçon. « Nous avons tous essayé de recruter du personnel, mais c’est une mission impossible. Cela fait 3 ans que je tente d’embaucher un maçon pour ma part, et ce n’est pas une question de salaire. Alors, je me suis fait une raison, et je préfère refuser des chantiers et poursuivre l’activité à mon rythme » regrette Charly .

 

« C’est un vrai problème, ajoute le maçon, car les formations professionnelles proposées pour ces métiers d’avenir sont bonnes et les rémunérations sont intéressantes, mais on n’a pas les jeunes… ».

 

Les carnets de commande de Charly s’étendent jusqu’au mois d’octobre/novembre. Et l’annonce de la baisse d’activité du Bâtiment en 2019 ne semble pas affecter le professionnel qui mise sur une clientèle fidèle et locale de particuliers… avec laquelle de nombreuses relations amicales se sont tissées.

 

*il réalise entre 170 000 et 190 000 euros de CA annuel

 


Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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