Cement Lab, une pépinière d'innovations en béton

Cement Lab, une pépinière d'innovations en béton

Début juillet à la Station F à Paris,, l'industrie cimentière a poursuivi son cycle de rencontres avec les start-up spécialisées dans la construction, les matériaux et la transition numérique.



Mi-janvier, l'industrie cimentière avait annoncé le lancement de l'initiative Cement Lab, un laboratoire d'idées consacré au ciment et à son usage, créé pour favoriser l'innovation. Plusieurs start-up dont XTree avec son béton imprimé et 360 Connect avec son béton connecté avaient alors défilé pour présenter leur activité.

 

Le 4 juillet, une nouvelle matinée de rencontres a été organisée avec l'aide d'Impulse Partners. Huit autres start-up sont venues détailler sur scène leur technologie. « L'enjeu est de faire dialoguer et échanger sur un mode open innovation les start-up avec les acteurs de la filière, les industriels, les entreprises de construction en associant le monde économique et les laboratoires académiques », présente Anne Bernard-Gely, directrice générale de l'Atilh (Association technique de l'industrie des liants hydrauliques).

 

Le cadre de cette rencontre était à nouveau celui de la Station F, l'incubateur de start-up situé dans l'ancienne Halle Freyssinet, rénovée avec brio. Le rythme très dynamique de la matinée était donné par un tempo très contraint d'un quart d'heure alloué à chaque intervenant.

 

Cinq minutes de présentation étaient suivies de dix minutes de questions réponses avec la salle. Des thèmes aussi variés que les capteurs sans fil, le béton auto-cicatrisant, le recyclage des déchets de chantier ou la réalité augmentée ont pu être abordés. Une nouvelle session a été annoncée pour la mi-novembre.

 

Recycler les déchets

 

 

La start-up lilloise Etnisi a été fondée l'an dernier par Espérance Fenzy pour fabriquer des produits de parement et de revêtement composés au minimum de 75% de produits recyclés.

 

« Notre environnement croule sous des montagnes de déchets et de gravats issus des chantiers, l'idée est d'utiliser tous types de déchets pour créer des objets. J'ai baptisé Wasterial ce nouveau matériau qui contient au moins 75% de matière usagée, qui peut être du béton, de la brique, du verre mais aussi du marc de café ou des vélos concassés », avance Espérance Fenzy.

 

La jeune société fabrique des produits standards comme des pas japonais, des pavés drainants ou des dalles de sol extérieur mais peut aussi produire sur mesure pour un chantier. Le process comprend le broyage, le mélange avec le liant, la compression et la cuisson avec moulage.

 

Espérance Fenzy poursuit : « Dans les chantiers, nous utilisons les parties fines des gravats car au-dessus de 6 mm le matériau est utilisé en remblais. Nous travaillons aussi sur la méthode de déconstruction, afin de réduire l'hétérogénéité des déchets ».

 

Suivi de chantier nomade

 

 

Les applications nomades gagnent les chantiers. La start-up parisienne BulldozAIR a développé un outil de suivi en temps réel des chantiers et des sites industriels qui est mobile et collaboratif.

 

Son PDG et co-fondateur Ali El Hariri explique que « le principe est de fournir un outil logiciel pour les intervenants d'un chantier de construction, où toute la vie du projet est numérisée et accessible sur tablette ou smartphone. Au bureau ou sur le terrain l'utilisateur peut visualiser les différentes tâches, suivre leur avancement et veiller ainsi aux bonnes pratiques et aux points de vigilance, en s'appuyant sur une liste d'éléments à vérifier ».

 

La solution logicielle prend le meilleur d'une GED (Gestion électronique de Documents) qui organise et donne accès aux documents du chantier, plans, photos, etc, et d'un outil de suivi de chantier et de gestion de projet. L'outil permet de fixer des échéances, de qualifier les retards et d'automatiser l'édition de rapports.

 

Capteurs sans fil

 

 

L'innovation peut aussi venir du froid. Ainsi les solutions de capteurs sans fil de la société norvégienne Disruptive Technologies, sont distribuées en France depuis juillet 2017.

 

Pour le directeur des Ventes en France de Disruptive Technologies, Matthias Sicard : « Actuellement l'usage de capteurs demeure complexe avec le coût, l'alimentation par piles, les données sur cloud et les problèmes de sécurité. Il fallait simplifier d'où le développement de capteurs miniaturisés, des carrés de 2cm de côté pour seulement 2 mm d'épaisseur ».

 

Côté autonomie, le capteur miniaturisé peut tenir quinze ans en envoyant une centaine de messages par jour. Actuellement le fabricant propose à ses clients des capteurs de température, de proximité et de toucher, qui sont en location à un ou deux euros par mois. Les capteurs communiquent suivant un protocole sans fil et encrypté avec un réseau de routeurs qui doivent être achetés par l'utilisateur.

 

Béton auto-cicatrisant

 

 

Lors de cette matinée consacrée à l'innovation, le plus surprenant est peut-être venu des Néerlandais de Basilisk, avec leur solution de béton auto-cicatrisant.

 

Le principe de Basilik est de réparer les fissures du béton lorsqu'elles sont encore de la taille d'un cheveu, en utilisant des bactéries qui fabriquent naturellement du calcaire (carbonate de calcium) bouchant ainsi parfaitement les fissures et évitant qu'elles ne s'agrandissent. Le produit appliqué est un liquide comprenant les spores et leur nutriment.

 

« Nous proposons un produit de réparation, qui peut boucher des fissures jusqu'à 0,9 mm de large en une passe et jusqu'à 1,5 mm en deux passes. Nous avons des démonstrateurs convaincants réalisés sur des citernes d'eaux usées ou des infrastructures en béton soumises à la corrosion marine.

 

Mais notre marché principal est celui du neuf », explique le Directeur Général Bart Van der Woerd. Pour doper un m3 de béton neuf de propriétés d'auto-cicatrisation, le surcoût des 5 kg de produit nécessaire est d'environ 100 euros. Ce qui réserve pour l'instant l'innovation à des installations critiques.



Source : batirama.com / François Ploye

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