Le Bâtiment redoute un essoufflement de l'activité dès 2018

Le Bâtiment redoute un essoufflement de l'activité dès 2018

L’année 2018 devrait être une année charnière, selon la Fédération française du bâtiment : les bons résultats de ce début d’année n’excluent pas certaines tendances négatives qui pèseront sur l’activité en 2019.





La performance de l’année écoulée ne fait aucun doute : 2017 restera une année excellente en termes de logements construits, affirme la Fédération française du Bâtiment. Les mises en chantier ont en effet décollé et l’année 2017 obtient la 5e place (et donc le 5e meilleur score) depuis 1986, avec 426 000 mises en chantier (+ 20 % au-dessus de la moyenne à long terme qui s’établit à 360 000 logements mis en chantier).

 

Dans le non résidentiel, 2017 demeure encore une « année surprenante » avec + 10 % de mises en chantier par rapport à 2016, soit 19,5 millions de m2 de surfaces, avec de bons scores pour les bureaux mais de moindres performances pour le commerce toujours en recul et en difficulté dans les territoires.

 

Dans le neuf, l’analyse des trois derniers mois achevés à fin janvier confirme une poursuite de la reprise entamée. « Les mises en chantier ont progressé de 6,5% en nombre de logements sur les trois mois achevés fin janvier, et même de 15,7% pour les surfaces non résidentielles hors locaux agricoles » indique le président de la FFB, Jacques Chanut.

 

Des difficultés de recrutement et des métiers en tension

 

Du côté de l’amélioration-entretien, le début d'année s'inscrit "dans la bonne lignée de la fin 2017", que ce soit dans le secteur résidentiel ou non résidentiel. « Il y a un effet d’anticipation de la révision du Crédit d’impôt transition énergétique (CITE) dont les mesures s’arrêteront au premier Juillet 2018 pour les fenêtres et certaines chaudières et qui auront des conséquences sur l’activité » remarque Jacques Chanut

 

Conséquence de la reprise, le secteur a enregistré la création de 19 900 postes en 2017 dont 9300 salariés et 10 600 intérimaires. « Les difficultés de recrutement persistent puisque de nombreux métiers en tension ne parviennent pas à embaucher de personnel, que ce soit des salariés qualifiés ou des intérimaires » précise Jacques Chanut. Selon l’Insee, 60 % de entreprises de plus de 10 salariés et 49 % des artisans sont confrontés à des difficultés de recrutement, rappelle la FFB.

 

L’organisation professionnelle constate d’ailleurs qu’en dépit d’une baisse de demandeurs d’emplois dans la construction, leur nombre s’établit toujours à 240 000, en dépit des difficultés d’embauche. « Comment expliquer un tel volume autrement que par la prise en compte de personnels peu employables ou qui ne souhaitent pas vraiment rejoindre le secteur ? » s’interroge le président.

 

Des retournements de ventes en logements

 

Conséquence des difficultés de recrutement, la FFB relève une hausse des rémunérations de 2,8 % en moyenne sur l’année 2017, et même de 3,5 % en rapportant le 4e trimestre 2017 au même trimestre 2016 (source Acoss). Parallèlement, l’augmentation des tarifs des matériaux (+ 2,7 % dans le neuf et + 2,3 % en rénovation) n’aident pas les entreprises à reconstituer leurs marges, en dépit d’une petite hausse des prix de construction de 1,6 %.

 

Pour 2018, la fédération s’inquiète de certaines tendances « en amont de la filière ». Dans le domaine du locatif social neuf, la FFB relève une chute de 10 % des demandes d’agrément (moins de 100 000) donnés par l’Etat en 2017 et qui produiront leurs effets négatifs dans 2 ans.

 

Par ailleurs, l’organisation professionnelle exprime des inquiétudes liées au retournement des ventes de logements qui « s’accélère sur la période récente ». Ainsi, en maison individuelle, en glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2018, la chute ressort à 17,4 %. Tandis que les ventes du dernier trimestre 2017 de la promotion immobilière diminuent de 3,8 %. Et, le ralentissement de l’investissement des ménages, constaté par l’Insee dans une note de conjoncture, conforte les inquiétudes de la FFB.

 

L’entretien-rénovation en question

 

Quant à l’entretien-rénovation, « le marché le plus important pour les entreprises du Bâtiment car il touche tous les territoires », il est en question « car l’activité se tient, mais sans plus » précise Jacques Chanut. « Les paramètres de la prime qui doit remplacer le crédit d'impôt transition énergétique (CITE) ne sont toujours pas connus, pas plus que l'avenir du label Reconnu garant de l'environnement (RGE) » reprend le président.

 

« La révision du label RGE devrait le rendre plus lisible mais il ne faut pas que les fraudeurs du système impactent négativement des entreprises qui respectent le RGE » estime-t-il. L’important, selon lui, est de conserver les budgets d’accompagnement pour les TPE qui se forment notamment via les formations FEEBAt Renove.

 

Jacques Chanut insiste enfin sur la stigmatisation de l’immobilier assimilé à une rente. Il redoute les effets des mesures prises en Loi de finances dont le rabotage des aides (prêt à taux zéro, dispositif Pinel, APL succession) qui pourraient déstabiliser les marchés.

 

Des mesures positives… en attente

 

En revanche, le projet de loi sur le Logement baptisé Elan (évolution du logement et aménagement numérique), est jugé « positif » par la fédération qui n’attend pas d’effets avant trois ou quatre ans. Ce qui pourrait occasionner un trou d’air que devront supporter les entreprises en attendant d’autres mesures comme le NPNRU (nouveau programme national de renouvellement urbain) ou encore plan « Action cœur de ville », encore en projet.

 

Enfin, rappelons que la FFB fait une estimation de 418 000 mises en chantier en 2018, soit 2,5 % en moins qu’en 2017.

 

Photo ©F. Leroy


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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1 Commentaire


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  • par periervauban
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Les formations filières bâtiment débordent de personnes n'ayant rien à y faire. On lles a mis là contre leur gré (trop cons pour aller ailleurs) résultat: des personnes peu ou pas motivées, un turn-over énorme, des malfaçons...

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