Le logement étudiant en quête d’un standard constructif performant

Le logement étudiant en quête d’un standard constructif performant

Modulaire, économique, performant, mixte ? Le second plan de construction de logements étudiants est lancé mais sans que le premier n’ait fait émerger un standard constructif de fait.





Le logement étudiant a bénéficié d’un plan de 40 000 unités qui s’est achevé plutôt avec succès à la fin de l’année 2017. Le gouvernement annonce un nouveau plan quinquennal de 80 000 unités dont 60 000 logements étudiants et 20 000 destinés à de jeunes actifs.

 

C’est le moment de se demander sous quelle forme ces projets pourraient être construits. Or, tandis que la construction modulaire, notamment en bois, a été stimulée fortement par le plan 40 000, deux opérations récentes, rebasculées en construction bois avec une part mesurée de panneaux CLT, relancent le débat technique.

 

Une résidence de 200 chambres en R+7 en panneaux de CLT

 

A Marseille, l’agence A+, leader de l’arc méditerranéen, conçoit en mode modulaire une résidence de 200 chambres en R+7, en imaginant des modules conçus à partir de panneaux CLT.

 

En fin de compte, tant les questions logistiques qu’économiques font évoluer le projet, avec Arbonis, vers une approche de construction bois 2D. Les planchers et refends sont en CLT, les façades en ossature bois.

 

A Noisiel, une construction modulaire en bois s’impose d’abord dans un contexte de sous-sol existant à conserver. Un long travail de dialogue, notamment avec l’entreprise adjudicatrice Poulingue, conduit finalement à une combinaison de refends et façades en CLT, associés à une Cofradal, le client excluant le plancher bois.

 


Résidence étudiante Le Luzard II, en cours de construction à Noisiel (77). © JT

 

Le plancher, point faible du bois

 

Dans les deux cas, les salles de bains sont entièrement préfabriquées et ce point semble acquis en tout cas, de même que l’approvisionnement en phase chantier par niveau.

 

Tantôt, les modules sont synthétiques comme à Noisiel (Altor), tantôt en bois également, sachant que la démultiplication des pièces humides dans des immeubles de ce type, où les logements sont souvent occupés par des couples, augmente sensiblement le risque de dégât des eaux, que la construction bois ne maîtrise pas encore suffisamment.

 


Salle de bains préfabriquée de l’appartement témoin à Noisiel : le caractère synthétique est masqué. © JT

 

L’autre point faible du plancher bois est la performance acoustique, y compris aux basses fréquences, et notamment à épaisseur égale. Un défaut qui n’est que partiellement compensé par la facilité et la rapidité de pose des panneaux CLT qui, comme dans le cas de Marseille, peuvent assurer le couvert provisoire d’un étage s’ils sont convenablement pourvus de bandes d’étanchéité.

 

Marseille développe d’ailleurs avec succès l’association du CLT avec une sous-couche de granulats sur nids d’abeille, de mise en œuvre pratique car le big bag est déposé sur la dalle en bois de la même façon que la salle de bains.

 


Cette image de chantier d’avril 2017 montre bien la disposition des big bags à côté des salles de bain préfabriquées, encore visibles aux derniers étages.©A+

 

Le béton incontournable

 

Le béton semble incontournable, mais plus forcément omniprésent. Pour Noisiel, la dalle de compression de 7 cm du Cofradal est coulée niveau par niveau avant recouvrement, comme le permettent aujourd’hui les moyens de pompage.

 

A Marseille, la performance consistera à pomper sous couvert en exploitant la configuration particulière de longues circulations rectilignes débouchant sur de petites unités d’habitation plus ou moins uniformes.

 

L’atout CLT

 

Le CLT est un nouveau matériau puissant qui, comme le montrent les deux projets, permet de faire tenir un ouvrage par des descentes de charge choisies, tout en ménageant de larges configurations de cloisonnement intérieur, ce qui est important pour anticiper des usages futurs possibles.

 

Tantôt la façade devient porteuse via le CLT, tantôt l’approche CLT invite à compléter par une façade en ossature bois. En vertical, pour des configurations de volumes assez simples, le bois est donc bien placé, d’autant qu’il peut être apparent sous certaines conditions et améliorer fortement le confort de l’habitat, comme le montre très bien le projet marseillais.

 

Cet aspect invite presque à opter pour le CLT apparent en plancher, ou d’autres solutions de planchers collaborants avec sous-face bois.

 


Le bois apparent confère au logement étudiant un surcroît de confort visuel. ©Benoît Wehrlé

 

La filière bois n’est pas très loin d’une solution complète et performante, rapide, modulable, chaleureuse. Mais voilà, elle bute encore sur le point faible du plancher, et les filières concurrentes peuvent se rassurer : la filière bois n’a pas fléché la question du plancher bois de logements étudiants comme priorité.

 

Ne serait-ce que parce qu’elle n’a pas anticipé le plan 80 000 du gouvernement. D’ailleurs, à Noisiel, tout prêt, d’autres logements étudiants ont été livrés, en maçonnerie traditionnelle.



Source : batirama.com / Jonas Tophoven / Photo d'ouverture : Résidence Lucien Cornil, inaugurée à Marseille fin 2017 © Benoît Wehrlé

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