Réseaux d'eau chaude : bouclage ou cordon chauffant ?

Réseaux d'eau chaude : bouclage ou cordon chauffant ?

Assurer instantanément de l’eau chaude sanitaire en tout point d’une installation, tel est le défi que doit relever chaque entrepreneur, pour le confort et la sécurité de ses clients. Deux techniques existent : le cordon chauffant ou le bouclage de l’installation.




Eau et gaz à tous les étages ! Les temps ont évolué depuis la fin du XIXe siècle où cette affichette informait les clients du confort des logements. On devrait maintenant afficher eau chaude sanitaire (ECS) à tous les étages, le “S” de cette abréviation prenant toute son importance au vu des maladies liées aux accidents bactériologiques dans les réseaux d’eau. Distribuer de l’ECS ne se résume pas seulement à aligner du tube. Il est primordial de bien concevoir ces réseaux à risques, notamment pour les chantiers de plomberie en établissements de santé et recevant du public depuis le 1er juillet dernier.


Contrôle obligatoire une fois par an


Des mesures doivent maintenant être effectuées au moins une fois par an pour contrôler si des légionelles se trouvent dans les installations. Il existe plusieurs pistes à ne pas négliger comme la lutte contre l’entartrage et la corrosion, le maintien en température et en circulation de l’eau dans les réseaux, depuis la production jusqu’aux points de puisage. Face à cette problématique, deux solutions s’imposent d’elles-mêmes : le traçage ou le bouclage des installations.


Source : batirama.com / L. Denovillers

 

 

Avis d’expert - Jacques Naitychia*  « Limiter le nombre de boucles »

 

jacques_naitychia.jpg« Cette limite de 3 litres ne doit pas être prise en considération à la lettre car on s’aperçoit que l’on pourrait installer 38 m de tuyauterie en diamètre 10/12 ou 26 m en diamètre 12/14 comme antenne finale sans bouclage! Cela n’interfère en rien dans les problèmes de légionelles, toutefois il est totalement aberrant de gaspiller 3 l d’eau pour simplement se laver les mains ou les dents ! L’antenne doit, bien évidemment, être la plus courte que possible. 

Un nouveau guide rédigé conjointement entre la direction générale de la société (DGS) et le CSTB devrait sortir dès novembre 2010 en attendant le nouveau DTU actuellement en refonte totale. Ce guide indiquera que 5 à 6?m paraît unelongueur raisonnable pour les antennes terminales d’eau chaude en terme de confort et d’économies d’eau.

 

Précisons que cette règle des 3 l était à l’origine destinée à des installations individuelles qui ne présentent pas de bouclage. On autorise donc une longueur de 20 m en­tre la chaudière et le point de puisage le plus éloigné. D’ailleurs des études chez des particuliers ont montré qu’il n’y avait pas de légionelles dans ces réseaux. Il est donc impératif d’avoir une bonne conception afin d’éviter tout accident bactériologique. Limiter le nombre de boucles d’eau chaude et faciliter la maintenance, tels sont les gages d’une bonne installation. On voit trop encore trop souvent des organes de réglages dans des faux-plafonds inaccessibles !


*Gérant d’Isagua Concept, conseil et expertise des réseaux sanitaires, ancien gestionnaire des risques dans les réseaux sanitaires de l’AP Hôpitaux de Paris

 

 



 


 

Véritable solution technique pour maintenir en température les réseaux d’eau chaude sanitaire, la solution bouclage nécessite un minimum de connaissances afin de bien la mettre en œuvre.  

 
Quand on parle bouclage ou recyclage d’une installation d’eau chaude sanitaire, on parle forcément équilibrage. Il ne s’agit pas simplement d’installer un circulateur (ou pompe de bouclage), mais aussi d’équilibrer correctement l’installation grâce à des organes d’équilibrage, qui permettent d’irriguer correctement toutes les antennes du réseau et d’éviter ainsi les bras morts, source parmi d’autres de prolifération des légionnelles. L’objectif à tenir est une température minimale de 50 °C en tout point de l’installation, à l’exception des canalisations terminales d’alimentation des points de puisage qui doivent avoir un volume inférieur ou égal à 3 litres, suivant l’arrêté du 30 novembre 2005.

 

La conception est donc essentielle et les entreprises ainsi que les bureaux d’études spécialisés doivent s’intéresser de très près au sujet du bouclage qui se résume trop souvent à la vieille méthode de dire qu’un diamètre de bouclage est en général celui de l’aller diminué de deux diamètres ! Il est impératif de prendre en considération 5 paramètres essentiels qui sont liés, à savoir, le débit, le diamètre, la longueur, la perte de charge et le coefficient KV des organes de réglages. L’avantage de la solution bouclage est que l’on maintient l’eau en circulation en tous points du réseau, en effet, un des artifices pour lutter contre les développements bactériens étant d’éviter les eaux stagnantes.

 

Intérêts : bonne circulation du fluide dans les réseaux. Sécurité contre les infections bactériologiques.
Limites : le coût de l’installation de bouclage (tubes, pompe, équilibrage…).

 

 

Solution n° 2 : Le cordon chauffant, pratique

 

La pose d’un cordon chauffant le long des tuyauteries de distribution d’eau chaude ­sanitaire permet de compenser les déperditions en ligne en chaque point  de l’installation.    

 


reseau-ecs-2.jpgSon installation peut se concevoir dès la construction, mais se réalise également aisément en rénovation. Il permet de maintenir, dans les canalisations, une température d’eau suffisante pour ne plus à avoir à chasser l’eau immobilisée et refroidie dans les tuyauteries au moment de puiser de l’eau chaude. Un cordon chauffant est toujours installé avec un calorifuge pour le recouvrir. Les domaines d’applications sont divers même si l’on trouve des cordons chauffants sur des réseaux d’ECS dans des immeubles d’habitation neufs ou rénovés, des hôtels, maisons de retraite ou des hôpitaux.

 

Pour ces deux dernières applications, il convient de s’assurer que la maintenance est bien réalisée car le remède pourrait vite être pire que le mal, si un cordon chauffant était en panne et que personne ne s’en apercevait. En effet, on a déjà vu sur des installations qui nécessitaient deux cordons chauffants pour les tuyauteries de diamètres important, et ne plus fonctionner qu’avec un seul! N’ayant aucune maintenance sur ces systèmes, l’eau distribuée aux robinets était chaude, mais pas suffisamment pour endiguer le risque de développement bactérien, tel que des légionelles par exemple.

 

Pour résumer, on peut dire que simplicité et investissement réduit sont les deux atouts liés à cette solution, en effet, pas de dédoublement de canalisation, ni de pompe de bouclage et pas non plus d’organes d’équilibrage avec tout ce que cela implique comme réglages au moment de la mise en service de l’installation. 

 

Intérêts : aucune maintenance, pas d’entretien. Rapidité d’installation. Pas de pompe de bouclage.
Limites : ne permet pas une circulation suffisante dans les réseaux d’eau chaude. Pas de maintenance, donc impossibilité de s’apercevoir quand il est en panne.

 

 

Infos pratiques

 

capacite_des_tubes.jpg


Attention aux KV des vannes !


Le choix d’une vanne de réglage est une étape primordiale dans la conception d’un réseau d’eau chaude sanitaire. Dans le passé, trop de boucles présentaient des débits trop faibles, de l’ordre de 50 l/h. Aucun organe d’équilibrage n’était capable de régler correctement ce débit calculé. Une vanne de réglage habituellement installée en diamètre 15 mm a un passage de l’ordre de 0,10 mm pour laisser passer un débit aussi faible que 50 l/h. Ceci est “hors plage” d’utilisation si l’on se réfère aux documentations des fabricants. Pour éviter ces soucis, les textes réglementaires à venir vont imposer un diamètre minimum de 14/16 mm pour un piquage, ce qui obligera, pour une vitesse de 0,20 m/s, un débit de 110 l/h. Ce débit minimum induit donc un coefficient KV de 0,22, ce qui fait que l’installation deviendra équilibrable.

 

 

3 points essentiels pour éviter la légionellose


Pour limiter le développement des légionelles, il est nécessaire d’agir à trois niveaux?:
• éviter la stagnation de l’eau et en assurer une bonne circulation?;
• lutter contre l’entartrage et la corrosion par une conception et un entretien adapté à la qualité de l’eau et aux caractéristiques de l’installation?;
• maîtriser la température de l’eau dans les réseaux, depuis la production et tout au long des circuits de distribution.

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