Arbonis, leader de la construction bois, veut « sur-performer »

Arbonis, leader de la construction bois, veut « sur-performer »

Arbonis, leader de la construction bois en France, a effectué des investissements lourds dans l’ossature bois. La société est l’un des métiers de spécialité de Vinci Construction





Le site de Vérosvres livre des éléments lamellé-collés en direct pour des chantiers, en complément pour d’autres sites du groupe ou à des entreprises extérieures.© JT

 

Arbonis désigne désormais l’un des « métiers de spécialité » de Vinci Construction. Vinci Construction conserve sa place de leader de la construction en France, avec un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards d’euros.

 

De son côté, Arbonis fait figure de leader de la construction bois en France, avec un chiffre d’affaires de 46 millions et 270 collaborateurs. C’est quelques millions d’euros de plus que l’Alsacien Mathis et l’entreprise Ossabois, qui joue un peu le rôle de « métier de spécialité » de Bouygues Construction.

 

Pour ce qui est des chiffres disponibles, mieux vaut pour l’instant raisonner en termes de chiffres d’affaires que de rentabilité, car les années 2015 et 2016 ont été calamiteuses pour la construction bois.

 

Profonde restructuration

 

Arbonis n’a pas été de reste, menant à marche forcée une restructuration profonde, marquée par des fermetures de sites, l’abandon des désignations historiques au profit d’une enseigne unique, mais aussi des investissements et rachats.

 

L’ancien conglomérat de lamellistes laisse place à un groupe de quatre sites bien répartis sur le territoire, dont deux, celui de Vérosvres (71) et Chemillé (49) sont toujours dédiés au bois collé, avec une compétence particulière de Vérosvres pour le sur-mesure.

 

La puissance de frappe est conséquente et elle a permis par exemple à Arbonis de décrocher le plus gros marché logistique hexagonal - devant ceux d’Amazon ! - et très largement en bois par-dessus le marché.

 

120 000 m2 de charpente bois livrés en 3 mois

 

Arbonis communique activement sur des références comme le stade de Nice, la salle éphémère de la COP21, la cathédrale d’Evry, la Cité du Vin de Bordeaux ou le complexe Aqualagon, mais il faut consulter son site pour découvrir l’avancement de la plateforme logistique de Poupry (28) pour le promoteur GSE à destination du client Carrefour.

 

La société a pu garantir, trois mois durant, la livraison de deux cellules de 6 000 m2 par semaine, pour un total de 120 000 m2 de charpente en bois lamellé-collé, soit la bagatelle de 7000 m3 de bois : sans doute un record international.

 

 

Jean-Christophe Terrier, le jeune et dynamique directeur délégué chez Vinci Construction, a la foi dans le bois.

 

Poutres de 16 mètres pré-entaillés

 

Pour l’opération de Poupry, Vérosvres et Chemillé se sont partagé la tâche. Il y aura désormais également une interaction entre les sites de bois collés et le site de Péguilhan près de Toulouse, fortement rééquipé pour devenir le pôle ossature bois et charpente traditionnelle.

 

Lors de la récente visite du site de Vérosvres dans le cadre de la Semaine du développement durable, la société a présenté des pièces de 16 mètres pré-entaillées pour la fixation de solives. Ces poutres iront rejoindre le nouveau site de La Charité-sur-Loire (58), acquis par le groupe en septembre dernier et spécialisé dans la construction modulaire.

 

Pour le coup, Arbonis sait jouer la carte du convoi exceptionnel pour sortir des limites du modulaire routier. De fait, le site de la Charité, aidé de son bureau d’études musclé, évite de se cantonner dans le volume standard.

 

 

Guillaume Crouzille, maître d’œuvre de la grande opération du stade Nice Allianz Arena, orchestre la montée en puissance du quarté industriel d’Arbonis.

 

Un avenir « sur-performant »

 

Sans même avoir retrouvé son point d’équilibre financier, Arbonis ne pèse guère qu’un petit pour cent de Vinci Construction en termes de chiffre d’affaires. Pas étonnant qu’au sein de l’organigramme du groupe, elle soit rattachée à un responsable régional de Vinci Construction, qui est le jeune Jean-Christophe Terrier.

 

Chez Vinci, associer une compétence géographique et une compétence thématique est une tradition. On pourrait penser que dans le contexte actuel, cela nourrisse chez Jean-Christophe Terrier une bonne dose de pragmatisme, baigné qu’il doit être d’une culture d’entreprise de major ancré dans le béton.

 

Mais il n’en est apparemment rien. Son discours est celui que l’on attend d’un leader de la filière construction bois. S’il concède que l’activité n’est pas encore vraiment repartie, il est persuadé que son métier de spécialité va « sur-performer » dans les années qui viennent, au regard des autres activités du groupe.

 

 

Exemple de poutres longue portée à inertie variable qui font aujourd’hui le bonheur des logisticiens.

 

La mixité sinon la parité

 

La conviction du directeur délégué ne se base pas seulement sur les arguments habituels comme le stockage carbone, la préfabrication, les chantiers propres et rapides.

 

La perspective du développement massif d’un marché de tours en bois est bien sûr alléchante, d’autant qu’Arbonis s’y est préparé avec un programme de recherche et développement (Arbotech) doté d’un montant de 2 millions d’euros, et qui place le leader dans les starting blocks pour maîtriser la construction de tours mixtes jusqu’à au moins 15 étages.

 

En suivant la devise du « bon matériau au bon endroit », les systèmes d’Arbonis pour le futur sont effectivement mixtes, comme l’explicite actuellement le chantier des bureaux Sadena à Villeurbanne, un projet de 12800 m2 à structure béton et acier, mais où le choix alternatif d’une façade à ossature bois aurait permis de gagner 1000 m2 de surface locative.

 

La mixité préconisée par Arbonis descend parfois au sein même des systèmes, comme ces planchers béton sur solives bois qu’il positionne en réponse aux panneaux massifs CLT. Certes, le groupe attend la livraison provisoire d’une presse sous vide pour tester avec le scieur Ducerf et l’Ensam de Cluny la fabrication de CLT à partir de lamelles de chêne de qualité secondaire.

 

Mais il ne semble pas que le fabricant envisage pour l’heure d’emboîter le pas des Monnet-Sève, Schilliger, Sacba, Belliard et autres Piveteau, en investissant dans la production de ces panneaux contrecroisés.

 

 

Un produit peu commun : poutre de 6 m pré-entaillées pour l’assemble de méga-modules en bois sur le nouveau site de La Charité-sur-Loire.



Source : batirama.com / Jonas Tophoven

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