Isolation thermique par l'extérieur : un marché soutenu par la rénovation

Isolation thermique par l'extérieur : un marché soutenu par la rénovation

Les murs extérieurs représentant 20% de la déperdition de chaleur d’un bâtiment, l’ITE est une technique prometteuse.



Si l’isolation par l’intérieur reste encore, en 2014, la technique privilégiée par les particuliers, l’isolation par l’extérieur (ITE) continue de progresser, représentant aujour­d’hui environ le quart du marché de l’isolation thermique des murs.

 

Il est vrai qu’il s’agit d’une technique qui cumule les arguments de vente : elle n’impacte pas l’intérieur du bâtiment, n’imposant pas de revoir la distribution des réseaux ou la décoration, elle ne réduit pas la surface habitable de l’habitation et elle permet de procéder, en une seule opération, à l’isolation et à la réfection de la façade de la maison.

 

­Toutefois, le renforcement des exigences réglementaires de performance énergétique, ainsi que les nouvelles dispositions en matière de soutien financier aux ménages contribuent également à la bonne santé de ce secteur en France.

 

Grâce à la suppression des ponts thermiques de structure, l’isolation thermique par l’extérieur est, en effet, adaptée au neuf comme à la ­rénovation et permet de gagner jusqu’à 3 classes de DPE. Ces avantages lui ouvrent ainsi droit à l’Eco-Prêt à Taux Zéro au crédit d’impôt transition énergétique (CITE).

 

Or, depuis le 1er septem­bre 2014, ce dernier est fixé à 30% du montant des travaux d’isolation thermique des parois opaques (fourniture et pose) dans la limite d’un plafond de dépenses fixé par arrêté de 150 € TTC par m² de parois isolées par l’extérieur.

 

Par ailleurs, si après un repli déjà marqué des dépôts de permis de construire et des projets d’investissement des Français, les ventes de constructions neuves ont poursuivi leur chute en 2014, la rénovation a été marquée en revanche par une bonne dynamique, aidant le secteur à maintenir une situation stable.

 

On note aussi que c’est le secteur du collectif social qui demeure le principal débouché en surface d’ITE installée. Quant aux techniques, on constate également un basculement : alors que l’enduit sur isolant hydraulique et organique est encore la première technique utilisée en France, il voit ses parts de marché peu à peu grignotées par les bardages rapportés sur isolant.

 

 

AVIS D'UN REPRÉSENTANT DE SYNDICAT

 

Carlos Ferreira
Secrétaire Général Groupement Isolation Thermique par l’Extérieur et Union Nationale des Entrepreneurs d’Enduits de Façade

 

« Au 1er trimestre 2015, les entreprises de notre secteur ont enregistré 20% de demandes de devis de plus qu’au 1er trimestre 2014 »

 

Batirama : Quelles sont les tendances du marché de l’ITE en France par rapport à 2013 ?


Carlos Ferreira : Alors que les entreprises du secteur de l’ITE avaient enregistré une croissance de + 6,5% en 2013, force est de constater que l’année 2014 est restée sur les mêmes chiffres que l’année précédente, soit entre 17 et 20 millions de m2 d’isolation.

L’ITE est-elle davantage mise en œuvre dans le neuf ou dans la rénovation ?
En logements individuels ou collectifs ?


L’explosion du marché de l’ITE en 2012 s’est tout d’abord produit dans le logement neuf. Or, en 2014 le marché de la construction neuve a marqué un fort recul, ce qui a, bien sûr, impacté celui de l’ITE. En revanche, ce recul a été contrebalancé par un développement en rénovation, équilibrant ainsi les pertes.

 

Quant à la segmentation, il est clair que l’ITE est privilégiée dans le collectif, à + de 80%, voire 90%, le reste allant aux particuliers. On peut d’ailleurs observer ici que le marché des constructeurs de maisons individuelles ne suit pas encore vraiment cette technique.

 

Quelles sont les solutions techniques privilégiées ?


En 2013, on observait 80% du marché aller à la filière humide, c’est-à-dire en enduit sur isolant mince ou épais. En 2014, cette part a chuté à 60%, laissant 40% à la filière sèche (bardages et vêtures). Nous pensons que 2015 verra un équilibre entre les deux filières à 50/50.

 

Comment percevez-vous, par ailleurs, les tendances pour 2015 ?


Il est évident que des dispositifs comme le CITE, le PTZ+ ou l’éco-conditionnalité vont largement nous soutenir. Ainsi, nous constatons à ce jour une demande en ITE
de la part des maîtres d’ouvrage publics et privés beaucoup plus importante.

 

Il est même clair que si la totalité des devis demandés aujourd’hui étaient transformés en chantiers réels, nous aurions en 2015 une progression très nette de l’ITE par rapport à 2014 et 2013… Rappelons d’ailleurs qu’il faut être obligatoirement “RGE” pour faire bénéficier le maître d’ouvrage des dispositifs ci-dessus et que notre rôle est d’aider nos entreprises à atteindre cette labellisation, qui est une démarche obligatoire et surtout qualitative.

 

 

CE QU’EN DIT LA RÉGLEMENTATION

 

 

©Knauf

 

Outre les normes, DTU et Avis techniques, les professionnels ont aussi à leur disposition :

  • La RT 2012, qui a introduit de nouveaux objectifs d’efficacité énergétique minimale propre au bâti, imposant aux murs une résistance thermique en m2.K/W (R) ≥ 4.
  • Une déclaration préalable ou un permis de construire selon la nature du bâtiment est obligatoire pour tous travaux modifiant l’aspect extérieur de celui-ci.
  • La conformité à la réglementation incendie. Les exigences réglementaires sont ici définies suivant le type de bâtiment :
    • Habitation : arrêté du 31 janvier 1986
    • ERP : l’Instruction Technique (IT) 249, qui propose des solutions limitant la propagation du feu dans les étages supérieurs. Si l’isolant est classé au moins A2-s3, d0, il n’y a pas de disposition constructive particulière à mettre en œuvre. Si ce n’est pas le cas, il faut se reporter à d’autres dispositions.

 

 

©Ateliers FL

 

  • Le marquage CE : ce marquage européen obligatoire atteste que les produits peuvent être utilisés dans des ouvrages satisfaisant aux exigences essentielles du Règlement Produits de la Construction.
  • La certification Acermi (Association pour la Certification des Matériaux Isolants) est une certification volontaire contrôlée par des organismes officiels (CSTB ou LNE) garantissant les performances d’un produit.
  • L’Agrément Technique Européen (ATE) est le document faisant foi de la possibilité d’utiliser un produit dans un domaine donné, sans que ce dernier soit couvert par les normes européennes harmonisées. Délivré par un organisme habilité désigné auprès de la Commission Européenne, il est valable cinq ans.
  • Le Document Technique d’Application (DTA) est une forme particulière de l’Avis Technique. Délivré par le CSTB, il désigne l’avis formulé pour l’emploi d’un produit relevant du marquage CE. Il dicte les règles de mise en œuvre de l’ATE en France.

 

 

Source : batirama.com / Michèle Fourret

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1 Commentaire


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  • par carcosmetiks
  • 0
  • 0

Quel moyen efficace pour démarcher la clientèle dans ce domaine d'activité quand on est au tout début de son entreprise?

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