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À Bussy-Saint-Georges, le nouveau temple hindou dévoile une architecture monumentale

Temple hindou BAPS : le chantier monumental de Bussy-Saint-Georges. © Kenzo Tribouillard / AFP

À Bussy-Saint-Georges, le premier temple hindou traditionnel du mouvement BAPS en France vient d’être consacré. Ce chantier hors norme associe savoir-faire artisanal indien et techniques de construction françaises.



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À Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, le BAPS Swaminarayan Hindu Mandir vient d’être consacré après plusieurs années de chantier. Présenté comme le plus grand temple hindou construit dans un style traditionnel en Europe continentale, l’édifice de 5 000 m2 associe conception architecturale française et savoir-faire artisanal indien. Sa particularité tient notamment à ses parements en grès naturel, sculptés en Inde puis assemblés sur le chantier francilien.

Au-delà de sa dimension religieuse, le bâtiment constitue surtout un projet architectural et constructif particulièrement singulier. Implanté sur l’Esplanade des religions et des cultures, il s’inscrit dans un ensemble comprenant le temple proprement dit, le mandir, ainsi qu’un bâtiment culturel appelé haveli. L’agence Arte Charpentier a assuré la conception architecturale du projet. "À travers ce projet unique, nous invitons les visiteurs à un voyage culturel où chaque espace et chaque pierre sont un témoignage vivant de l’art de construire, hérité de deux grandes traditions architecturales" a déclaré Andrew Hobson, l'architecte et l'administrateur à Arte Charpentier.

 

 

 

Un bâtiment conçu entre France et Inde

Le projet repose sur un principe assez inhabituel dans la construction contemporaine française : reproduire les codes de l’architecture traditionnelle hindoue tout en répondant aux contraintes réglementaires et techniques françaises. La conception mêle ainsi deux cultures constructives. Les architectes français ont travaillé avec des artisans indiens afin de retrouver les formes, les proportions et les motifs caractéristiques des mandirs traditionnels. Le projet est notamment organisé autour de plusieurs éléments architecturaux codifiés :

– dômes,

– shikharas – les flèches qui couronnent le temple –,

– colonnes,

– encadrements de baies,

– et éléments décoratifs sculptés.

 

Le résultat est particulièrement visible sur les façades. Loin d'un simple bâtiment revêtu d'un décor rapporté, le temple est habillé de milliers de pièces de pierre travaillées individuellement. Le chantier a notamment mobilisé du grès naturel provenant d'Inde, dont une partie des éléments a été taillée et sculptée sur place avant d'être expédiée en France puis transportés jusqu'à Bussy-Saint-Georges afin d'être intégrés à l'ouvrage par les entreprises intervenant sur le chantier.

 

 

Plus de 2 000 pièces de pierre déjà posées

La façade constitue l'une des principales particularités techniques du projet. Les éléments décoratifs ne se limitent pas aux parties basses : les dômes et les shikharas sont eux aussi habillés de pierre sculptée. À l'été 2026, plus de 2 000 pièces de pierre avaient déjà été posées sur le chantier. Les six petits dômes et trois dômes intermédiaires étaient achevés, tandis que la pose des jharukhas – des encadrements de baies sculptés caractéristiques de l'architecture indienne – était alors largement avancée.

La mise en œuvre de ces éléments a nécessité des études techniques spécifiques. Socotec, chargé notamment de missions de contrôle et d'accompagnement technique, indique avoir étudié plusieurs dispositifs inhabituels au regard des pratiques constructives courantes en France. Parmi eux figurent le système de fixation du revêtement en pierre des dômes et des shikharas, ainsi que le support des planchers en dalles alvéolaires précontraintes par des consoles courtes en béton isolant.

 

Le projet ne consistait donc pas à reproduire à l'identique une construction traditionnelle indienne : derrière les formes anciennes se trouve une structure conçue selon les exigences contemporaines de stabilité, de sécurité, de performance énergétique, d'acoustique et d'accessibilité. © Kenzo Tribouillard / AFP

 

 

Des fondations adaptées à un édifice hors norme

Le chantier a véritablement démarré en juin 2024 avec la réalisation des fondations profondes. Le muovement BAPS indique que les premiers pieux ont été mis en œuvre à cette date, avant l'élévation progressive de la structure.

Le bâtiment s'organise sur plusieurs niveaux. Le socle accueille notamment le haveli, qui regroupe des fonctions culturelles, éducatives et communautaires. Le programme comprend des salles de classe, des espaces polyvalents, des bureaux et des installations destinées aux activités de la communauté. La partie cultuelle forme le cœur du projet, avec une grande salle de prière pouvant accueillir plus de 800 personnes, ainsi que des équipements complémentaires, dont des espaces sportifs et un restaurant.

La toiture est ponctuée de plusieurs familles de volumes : dix ghummat, ou dômes, cinq shikharas et quatre chhatris, auxquels s'ajoutent de nombreux éléments sculptés. Ces éléments donnent au bâtiment sa silhouette immédiatement identifiable. Les shikharas, en particulier, accentuent la verticalité de l'ensemble et constituent les points culminants de la composition.

 

 

Le mandir illustre finalement une combinaison assez rare entre construction contemporaine et artisanat traditionnel. © Kenzo Tribouillard / AFP




Source : batirama.com / AFP / © Laure Pophillat / © Kenzo Tribouillard / AFP

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Après un doctorat en Littérature française, puis un passage de quelques années dans l'enseignement (du français, notamment aux Compagnons du Devoir et du Tour de France), Laure Pophillat s'est tournée vers la rédaction web, ainsi que le journalisme. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent !

Aujourd'hui rédactrice en chef du bimédia Batirama, elle oriente la ligne éditoriale vers un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière bâtiment et construction, avec une prédilection pour les portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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