Décollement de plaquettes en façade : à qui la faute ?

Décollement de plaquettes en façade : à qui la faute ?

Quelques années après la réalisation de l’ouvrage, les plaquettes de parement en terre cuite de la façade ont commencé à se décoller. Fissurations et plaquettes sonnant le creux ont peu à peu entraîné des décol­lements par plaques plus importants. À qui la faute ?
 




Il s’agit d’un bâtiment de logements collectifs de facture classique avec structures béton et remplissage maçonné en blocs béton en façade. Ce bâtiment a été réa­lisé en corps d’états séparés, sous une maîtrise d’œuvre complète. L’architecture des façades prévoyait une alternance entre enduits de type monocouches et parements en plaquettes de terre cuite. Des enduits sont ainsi réalisés directement contre des bandes de plaquettes de parement. Le bâtiment a été réceptionné sans dommage visible particulier. Environ cinq années après la réception, les premiers signes d’une défaillance des façades se sont manifestés.


Fissurations et décollements


Les premiers signes ont été très localisés : quelques fissurations des plaquettes qui, très ponctuellement, sonnaient le creux. Ces fissurations se sont révélées aux endroits fragiles du gros œuvre c'est-à-dire à proximité des appuis et baies. La zone de décollement s’est, par la suite, assez rapidement étendue à une zone plus importante englobant également une bonne partie de l’enduit monocouche réalisé contre la bande de plaquette défectueuse. De nouveaux signes de décollements se sont révélés également dans différentes zones de la même façade.
 Les autres façades semblent épargnées par ce phénomène : une investigation exhaustive par sondages de l’ensemble des façades sera toutefois nécessaire pour confir­mer ce point et éviter tout risque de chute préjudiciable à la sécurité des personnes.



Un enduit gris minéral à la loupe


L’analyse des parties décollées met en évidence la présence d’un enduit gris général avant plaquettes et monocouche d’épaisseur assez forte. C’est ce premier enduit qui s’est décollé du support (maçonnerie en parpaings béton), les plaquettes et l’enduit monocouche de finition étant resté parfaitement collés à cet enduit gris. La façade est située au sud : le défaut d’adhérence le plus probable est une application sur support trop sec avec un ensoleillement important pendant l’application et après cette dernière par le rayonnement solaire sur un enduit teinté. La période d’application en début d’été correspond bien à cette hypothèse.
Une mauvaise préparation du support ou la mise en œuvre d’un enduit inadapté n’est pas non plus exclue pour ce type de pathologie.



Joints de fractionnement absents


L’application d’un nouvel enduit et de plaquettes de parement collées sur cet enduit peu adhérant n’a eu d’autre effet que de fragiliser davantage cette interface : lors de leur séchage et de leur retrait, ces nouveaux matériaux ont exercé une tension supplémentaire sur le premier enduit. L’alternance importante des températures en façade exposée au sud a eu raison des dernières adhérences. L’absence de joints de fractionnement est également un facteur aggravant pour ce type de désordres.

 

Fondation d'entreprise Excellence SMA

 

Qui est responsable ?

 

Dans le cas présent, compte tenu du risque pour la sécurité des usagers, ces décollements, même s’ils n’affectent ni la solidité de l’im­meuble, ni (pour l’instant) son étanchéité, relèvent de la garantie décennale. S’agissant précisément d’un problème d’application, l’en­treprise ayant réalisé

la pose de ces enduits et plaquettes apparaît principalement responsable. La responsabilité du maître d’œuvre, dans le cadre de sa mission de suivi de l’exécution, peut également être en partie engagée surtout si les dommages se généralisent.

 

Que fallait-il faire ?

 

Suivant l’orientation des façades et les conditions climatiques du moment des travaux, il faut adapter son mode de pose.
• Les supports doivent être préparés et humidifiés le cas échéant.
• L’enduit monocouche ne peut être effectué en plusieurs passes distantes?: un enduit traditionnel aurait donc, pour la partie enduite, été plus approprié aux conditions de mise en œuvre par phases successives. 

Les règles actuelles de mise en œuvre des plaquettes de parement sont celles décrites dans le Cahier des prescriptions techniques d’exécution (cahier CSTB 3266 et modificatifs 3524,3552).
• Les mortiers colle utilisés doivent être “certifiés CSTB”.
• Les enduits sur maçonnerie doivent être à caractéristiques mécaniques élevées telles que décrites dans ce cahier CSTB précité.


En savoir plus

 

Fiche pathologie du bâtiment “Décollement de revêtements de façades posés au mortier colle” et sur internet : 
• http://www.smabtp.fr (espace prévention)
• Cahier du CSTB 3266 d’octobre 2000 modifié par 3524 de juin 2005 et 3552 de mai 2006.
• Norme NFP15-201-1 – DTU 26.1
• Certification CSTBat et classification MERUC des enduits monocouche.

 

 


































 

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