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Quand le désembouage ne suffit plus

Batirama Alternative climatique

Les tuyaux en P.E.R. sont-ils vraiment un bon choix ? Comment les entretenir ?



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Appel en dépannage en plein hiver sur une pompe à chaleur air eau, en « défaut débit d’eau ». L’installation n’a pas été entretenue au cours des trois dernières années. L’utilisateur remet de l’eau tous les jours depuis des mois dans son installation jusqu’à se décider à appeler un dépanneur intervenant près de chez lui à Tours en Indre-et-Loire ...

 

Orange vif, verte, blanche ou noire ?

A la purge de l’unité hydraulique, c’est de l’eau de chauffage orange vif, chargée en limailles de cuivre et en résidus de plastique qui sort sous pression. Il faut changer successivement le vase d’expansion, le circulateur intégré et le débitmètre. Et procéder à un nettoyage du réseau de chauffage avec ajout de produit anti-corrosion pour nettoyer les radiateurs acier et le plancher chauffant raccordés avec des tuyauteries passées dans les murs. Le filtre à tamis continue toutefois de se boucher périodiquement par la suite, avec des micro-limailles de cuivre, certaines d’entre elles passent à travers le tamis pour aller se stocker dans le serpentin de production d’eau chaude non purgeable... Une nouvelle intervention est alors nécessaire pour déboucher le serpentin sous pression.

A quelques kilomètres de là, un couple a fait construire sa maison depuis environ 10 ans. Ils ont fait installer une pompe à chaleur air eau. La pompe à chaleur a été raccordée à des radiateurs acier par des tuyaux passés dans les murs. L’eau du chauffage ici n’est pas orange mais d’un noir intense, extrêmement salissante, chargée en limailles d’acier. Le désembouage et l’ajout de produit anti-corrosion ne résolvent pas complètement le problème. Tous les ans lors de l’entretien de la pompe à chaleur, c’est le même constat.

Un peu plus loin, le plancher chauffant et rafraichissant d’une autre maison est rempli d’algues vertes foncées et nauséabondes.... La liste de ce type d’intervention s’allonge. Parfois des tuyaux de chauffage bouchés par une épaisse boue noire qu’il faut déboucher avec une pompe à épreuve sous 8 bars de pression. Parfois il sort des tuyauteries bouchées une sorte de sable blanc à grain fin. Ou bien encre ce sont des limailles d’acier de parfois 2mm de longueur qu’il est possible de récupérer dans la pompe à désembouer.

Le point commun : des tuyaux en PER installés dans des pavillons modernes

Toutes ces installations ont en commun d’avoir été réalisées avec des tuyaux en P.E.R ou polyéthylène réticulé dans des pavillons modernes en lotissement.

Il existe différentes classes (classes 2, 4 ou 5 suivant la classification EN ISO 15875) de P.E.R en fonction des applications visées et des températures de l’eau et du nombre de cycles possibles à haute température. A cela s’ajoute que pour faire du chauffage, les P.E.R doivent avoir une barrière anti-oxygène, empêchant l’entrée d’oxygène venant corroder les métaux.

Si la faute de l’installateur du réseau de chauffage est souvent la cause du problème, avec la mauvaise sélection de la classe des tuyaux, il arrive qu’un embouage incontrôlable d’un réseau de chauffage se présente sur des installations avec des P.E.R marqués comme ayant une barrière anti-oxygène.

 

Changer toute l’installation de chauffage après 10 ans et bien des questions en suspends

Au bout d’environ 10 ans d’utilisation, il faut expliquer au client que son installation de chauffage sera bientôt à jeter et qu’il faut envisager de refaire le réseau de chauffage en passant des tuyauteries en cuivre en apparent en perçant les murs et les planchers... En effet, l’action de désembouage sur des tuyaux plastique de mauvaise qualité est limitée. Il n’est pas possible d’utiliser des produits chimiques pour décoller les boues, sans attaquer la matière plastique. Et il n’est pas non plus possible d’utiliser des pompes à désembouer fonctionnant sous 8 bars de pression et d’eau, sans fragiliser les raccords et provoquer des fuites parfois dans les ... murs.

Les questions à se poser sont de savoir si la certification des tuyaux P.E.R est satisfaisante et si de produits mis sur le marché ne sont pas ouvertement des arnaques venant s’ajouter à l’incompétence cupide d’installateurs peu scrupuleux, développant leurs affaires en réduisant leurs coûts au dépends de la qualité. Peut-être faudrait-il envisager de contrôler les installations avant que les tuyaux ne soient coffrés derrière les plaques de placoplâtre, le contrôle s’étendant à la classe, à la barrière anti-oxygène et aussi au diamètre des tuyaux P.E.R installés pour les raccordements des émetteurs. Finalement comment retraiter ces tuyaux P.E.R démontés après 10 ans de mauvaise utilisation ?



Source : batirama.com / Alternative-climatique

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