L'éolien offshore français a le vent en poupe

L'excellente santé de l'éolien offshore en France.  © Freepik

Selon un bilan annuel publié par la filière, les énergies marines renouvelables, et avant tout l'éolien en mer, ont représenté en 2023 plus de 8 300 emplois, et ce tout en doublant leurs revenus d'activité.




Selon un bilan annuel publié par la filière ce mercredi 26 juin, les énergies marines renouvelables, et avant tout l'éolien en mer, ont représenté en 2023 plus de 8 300 emplois (équivalent temps plein) et quasiment doublé leurs revenus d'activité, notamment à l'export.

 

 

 

800 emplois en plus et un chiffre d'affaires en hausse ... de 82 % !

L'Observatoire des énergies de la mer, qui rassemble des données du secteur, rapporte que plus de plus de 8 300 emplois dans les énergies marines renouvelables, cela représente 800 emplois en plus par rapport à l'année précédente, alors qu'à fin 2023 huit sites éoliens étaient en construction.

Près de la moitié de l'emploi total est pourvu par cinq grosses entreprises industrielles. Pour 2024, plus de 1 100 créations de postes sont prévues par les entreprises de la filière, dont une bonne part déclarent cependant des difficultés de recrutement, faute de formations suffisantes.

L'an dernier, la filière a réalisé un chiffre d'affaires en hausse ... de 82 % ! Ce C.A est chiffré 3,5 milliards d'euros, dont 1,45 milliard à l'export (soit trois fois plus qu'en 2022), ajoute le bilan, publié à l'occasion de Seanergy, le salon annuel des énergies marines.

 

 

 

La belle compétitivité des entreprises françaises

L'Observatoire des énergies de la mer souligne que les trois quarts de l'activité sont liés à la fabrication et l'assemblage, "confirmant le caractère industriel de la filière française" et ajoutant que ces "résultats démontrent la compétitivité des entreprises françaises et témoignent du fait qu'elles peuvent se positionner sur les deux marchés simultanément", dans "un marché mondial en forte croissance (à noter le décollage du marché américain)".

 

Pour Nathalie Mercier-Perrin, ici en photo, la présidente du Cluster maritime français, "la filière tient ses promesses avec un rythme de création d'emplois sur la route des 20 000 promis pour 2035", pour qui "un changement d'échelle se déroule sous nos yeux avec la multiplication des chantiers de construction de parcs" et "une filière française compétitive". © DR

 

 

 

La France, en retard sur les ambitions qu'elle s'était fixées dans l'éolien offshore dans les années 2010, compte à ce jour :

– trois parcs commerciaux en fonctionnement : Saint-Nazaire (depuis 2022) et Saint-Brieuc et Fécamp (depuis ce printemps) ;

– trois parcs en construction : Yeu-Noirmoutier, Courseulles et Dieppe-Le Tréport ;

– Trois fermes pilotes flottantes (par opposition à la technologie actuelle des éoliennes posées sur le sol marin) sont aussi en cours d'installation en Méditerranée, dont celle de Provence Grand Large, qui devrait être opérationnelle à la rentrée 2024.

 

La technologie de l'éolien flottant, encore en développement, permettrait d'installer des sites plus au large. Quant aux autres énergies marines, notamment l'hydrolien (énergie des courants) et le houlomoteur (énergie des vagues), elles représentent près de 500 emplois.

 

 

 

Les industriels français inquiets du programme du Rassemblement national en faveur de l'éolien

S'il arrivait au pouvoir à l'issue des élections anticipées, le Rassemblement national s'est tout simplement engagé à stopper net le déploiement de l'énergie éolienne, sur terre comme en mer. À la place, il promet vingt réacteurs nucléaires d'ici 2042, un objectif que le secteur lui-même s'estime largement incapable de tenir.

Pour Pierre Peysson, le directeur France de RWE pour l'éolien en mer, "c'est le radeau de la Méduse des illusions", a-t-il commenté depuis Nantes et le salon annuel des énergies marines Seanergy. Selon lui, "le principe de réalité", commandé par les forts besoins en électricité et l'impératif climatique, finira par s'imposer, mais en attendant les dégâts pourraient être lourds."Il y a un vrai risque de saccage, n'organisons pas une casse industrielle !", a-t-il plaidé, relevant qu'"il faut respecter le programme de déploiement (prévu jusqu'ici par l'Etat, sinon la filière va couler". © RWE France

 

 

L'éolien en mer a promis 20 000 emplois d'ici 12 ans et fait actuellement vivre 300 entreprises en France, grands groupes ou artisans. La France compte trois usines d'éoliennes et une usine de stations électriques pour les parcs (les Chantiers de l'Atlantique, qui se sont diversifiés au-delà de leur activité navale traditionnelle, et exportent aujourd'hui).

De fait, la France représente un tiers des capacités européennes de production industrielle éolienne offshore.

 

 

Une quarantaine de grands groupes et PME, industriels et développeurs, dont Bouygues TP, EDF Renouvelables, Eiffage infrastructures, Gican, etc., se sont d'ailleurs mobilisés dans une tribune dans Le Marin, s'interrogeant : "L'enjeu est simple : va-t-on rester dépendants des énergies fossiles, qui représentent encore 60 % de notre consommation finale d'énergie ?". Ils rappellent que les "ressources en France sont immenses, notamment pour l'éolien en mer" et que "l'ambition française est de produire entre 25 et 30 % de notre consommation électrique en 2050, ce qui ne nécessitera que 2 % de l'espace maritime métropolitain, sans en être exclusif" ...

 



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Laure Pophillat est rédactrice web polyvalente depuis plusieurs années. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent ! Pour Bâtirama, elle rédige avec bonheur sur un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière BTP (actualités, conjoncture, réformes, innovations, etc.). Elle apprécie notamment réaliser des portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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