Des innovations moins carbonées dans le second oeuvre

Des innovations moins carbonées dans le second oeuvre

La volonté de limiter l’impact environnemental des produits et solutions se révèle dans les nouveautés du second œuvre comme dans tous les secteurs de la construction.

FLEXIClean & SKINReflex : les isolants d’EDILIANS, nouvelle génération !


La tendance “lourde” de cette édition 2022 est sans conteste la volonté des fabricants de placer la protection de l’environnement et la décarbonation au centre de la conception de leurs produits. Il s’agit pour les uns de diminuer la quantité de matière dans les produits, pour d’autres, de sourcer leurs matières premières au plus près des usines, d’utiliser des matières biosourcées ou issues du recyclage, en augmentant autant que possible les taux de matière réemployée. Au niveau des process, obtenir de meilleurs rendements et avoir recours à de l’électricité, si possible renouvelable, plutôt qu’aux énergies fossiles participe aussi de cette préoccupation.

 

 

Des produits plus vertueux et plus techniques

 

 

L’innovation au service du “plus soutenable”, c’est aussi la capacité des produits à cocher plusieurs cases : plus faible empreinte carbone, économie de ressource et réponse à des problématiques déjà observées lors des précédentes éditions du salon : faciliter le travail des entreprises de pose, réduire les durées des chantiers et leur pénibilité, apporter encore et toujours plus de confort aux utilisateurs. Pour le recours au biosourcé, retenons l’isolant Thermasoft Natura en lin, jute et coton recyclé (Knauf) ; le mortier écologique au liège recyclé, pour combles, sols et toitures Diathonite Thermostep.047 (Diasen) ; le Parnatur Corps d’Enduit Chanvre projetable à l’intérieur et à l’extérieur du bâti ancien (Parex), ou encore les fenêtres en alubambou (Minco) et les barrettes de rupture de pont thermique en composite de liège (Technal).

 

 

Le plastique (recyclé), c’est fantastique

 

 

Du côté des produits recyclables et recyclés, beaucoup d’inventivité : par exemple, l’isolant en ouate de cellulose UniverCell Cristal valorise le papier support des rouleaux d’étiquettes autocollantes (Soprema). Il fallait y penser ! Idem pour réutiliser ces plastiques si pratiques mais si persistants dans la nature : Plum’Box plenum textile en polyester recyclé ultra léger (France Air) ; Leadax Roov membrane d’étanchéité en plastique recyclé et mise en oeuvre sans flamme (Leadax) ; le panneau isolant issu de bouteilles recyclées et fibres de basalte, auto-extinguible, léger et performant en faible épaisseur (Unit Product) ; IrYs, un coffre de volet roulant 100% recyclé (Geplast). Les dalles demoquette Embodied Beauty, à plus de 87% recyclées et biosourcées, ont même une empreinte carbone légèrement négative (Interface).

 

 

Se simplifier la vie, une bonne philosophie

 

 

Les professionnels sont aidés par des produits polyvalents ou prêts à l’emploi, qui gagnent en légèreté, encombrement et maniabilité. Citons des nouveautés comme Passage, un volet de désenfumage textile enroulable (RFTechnologies) ; Stix A600 Evolution, une colle pour revêtements de sols souples 25% moins lourde que les colles classiques et à 35% d’origine organique renouvelable (Bostik) ; des enduits de rebouchage et de dégrossissage deux en un d’origine biosourcée (Toutpret) ; un receveur de douche allégé et 100% recyclable (Origin Shower Tray de Moldcom). Ils résolvent aussi des casse-têtes comme la mise en oeuvre des plénums de soufflage entre l’extrémité d’une gaine métallique et le diffuseur
d’air (France-Air).

 

 

Economies d’eau tous azimuts

 

 

L’eau est précieuse, on l’a cruellement appris lors de cet été brûlant. Aer’Eau, une chasse d’eau assistée par air comprimé (Siamp) ; une colonne de douche avec mode “eau neuve” et mode plaisir en circuit fermé (Ilya), ou encore un système de recyclage des eaux de pluie et des eaux grises (Skywater de Soprema) sont autant de solutions ingénieuses pour ménager la ressource. La qualité de l’air intérieur, enjeu important s’il en est, trouve des réponses comme l’entrée d’air filtrante EHT² pour VMC simple flux (Aldes et Teqoya).

 

 

Des prix en dents de scie

 

 

Plus techniques, les innovations ont certes un coût, mais dans la valse des prix des matières premières observée depuis des mois, la bonne nouvelle est que le recours aux matières premières locales (dans le cas des biosourcés) ou à des produits recyclés plus ou moins localement permet de limiter les hausses.

 

Dans le cas des isolants biosourcés, qui connaissent une croissance exponentielle depuis 5 ans (+ 87% des volumes entre 2016 et 2020 et une trajectoire au moins équivalente depuis, grâce à la RE 2020 notamment), les prix ont même largement chuté avec la massification de la production (+ 58% du chiffre d’affaires sur la même période). Leur part sur le marché de l’isolation (autour de 10%) pourrait doubler d’ici 5 ans.

 

Quoi qu’il en soit, la hausse des coûts de l’énergie et de certaines matières premières s’inscrit dans la durée. « Les artisans ont tout intérêt à mieux valoriser leur savoir-faire pour réduire la dépendance aux marges réalisées sur les produits et solutions vendus » indiquait récemment Benoît Bazin , DG de Saint- Gobain, en évoquant les difficultés rencontrées par les entreprises de pose pour répercuter les hausses de prix.

 

 

"Le salon présente une part importante de nouveautés françaises."

Trois questions à Guillaume Loizeaud, directeur du Mondial du Bâtiment

 

Guillaume Loizeaud lors de la journée presse des Awards de l'Innovation, avril 2022 © Emilie Wood

 

Quelles grandes tendances avez-vous notées parmi les offres des exposants, et notamment dans les produits, solutions et services liés au second oeuvre ?

 

 

Guillaume Loizeaud : Cette édition se distingue d’abord par une forte dynamique d’innovation sur les trois salons rassemblés au Mondial du Bâtiment, avec plus de 170 nouveaux produits et solutions. Ensuite, un changement majeur par rapport à l’édition de 2019, est sans conteste cette démarche commune à tous les exposants pour réduire l’impact sur le climat de l’activité construction, tant au niveau de la fabrication des produits que dans leur mise en oeuvre, leur utilisation et leur fin de vie. L’économie circulaire est un sujet largement présent. Cette tendance s’exprime soit par des produits et solutions destinés à répondre spécifiquement à des préoccupations environnementales, soit par des compléments à des gammes qui répondent à d’autres thématiques, comme l’amélioration des conditions de travail, l’amélioration de la performance des solutions et du confort des utilisateurs finaux, mais avec une dimension environnementale supplémentaire.

 

Pour ce qui est du second oeuvre, par exemple, la majorité des fabricants d’isolants traditionnels disposent désormais d’une gamme de produits à base de recyclé ou de biosourcé. A leur suite, d’autres industriels font des efforts, comme Technal qui remplace dans certaines de ses menuiseries les barrettes de polyamide par un liège recyclé. Donc pas de sujet disruptif pour cette édition mais une accélération de cette préoccupation environnementale, avec des produits et solutions qui deviendront les standards de demain.

 

 

Comment percevez-vous la situation des industriels de la construction par rapport à la situation des marchés ? Les augmentations de prix des matières premières et de l’énergie, les aléas dans les approvisionnements perturbentils leur participation au salon ?

 


G. L. : Dans un contexte de tension sur la disponibilité des matières premières et sur le prix des énergies, les entreprises ont besoin de rencontrer leurs clients et d’échanger de visu pour rassurer, expliquer, fidéliser. Plus de 100 grandes entreprises leaders reviennent sur Batimat 2022 et plus de 600 des 1200 exposants enregistrés* sont de nouveaux entrants ; une augmentation significative, comparé aux éditions précédentes, où les nouveaux exposants représentaient environ un tiers des stands. Parmi eux, beaucoup sont des sociétés françaises, et là encore, elles sont plus nombreuses que lors des éditions précédentes. D’une part, la crise sanitaire a restreint les déplacements internationaux jusqu’il y a peu, voire, dans certains cas, les rend encore impossibles. D’autre part, nous avons particulièrement sollicité les entreprises françaises et notre nouvelle formule, qui ramène le salon dans Paris, à la Porte de Versailles, et avec une taille de stand limitée à 99 m² qui en réduit le coût, les a particulièrement séduites, ce sont nous sommes très satisfaits.

 


Qu’attendez-vous de la fréquentation du salon nouvelle formule ; les artisans et PME répondront-ils présents ?

 

G. L. : Les artisans et PME représentaient 100 000 visiteurs en 2019, soit un tiers de la fréquentation ; ils forment traditionnellement le gros du visitorat. Même s’il est encore un peu tôt pour l’affirmer à deux mois de l’échéance, je suis persuadé qu’ils resteront la catégorie la plus importante cette année aussi et qu’ils apprécieront l’édition 2022, avec ses nouveaux exposants et des nouveautés Made in France qu’ils découvriront notamment dans l’espace Innovation.

 

*fin juillet




Source : batirama.com / Emmanuelle Jeanson

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