La FFB annonce une chute de 18 % de son activité et réclame un plan de relance

La FFB annonce une chute de 18 % de son activité et réclame un plan de relance

La Fédération française du bâtiment qui prévoit une chute de 18 % de son activité en 2020 réclame un plan de mesures immédiates pour atténuer les effets de la crise dans son secteur.



Olivier Salleron (en photo), nouveau président de la FFB en poste depuis le mois de juin, a présenté les conséquences de la crise du coronavirus et du confinement imposé pendant trois mois en France. Le Bâtiment devrait chuter de 18 % en 2020 et 120 000 emplois sont menacés, explique-t-il.

 

Certes, les chantiers n’étaient pas contraints de fermer sur le plan administratif, mais il a fallu prendre des mesures sanitaires pour protéger les salariés et les clients (Ndlr : publication du guide de l’OPPBTP), rappelle-t-il. Ces mêmes mesures de précaution (ex : limitation de la coactivité) ont également ralenti la productivité sur les chantiers puisque 17 % d’entre eux fonctionnent encore en activité réduite, cite le président.

 

Les surcoûts sanitaires, estimés à un peu moins de 10 % par la Fédération, sont essentiellement supportés par les entreprises et non leurs clients publics et privés « malgré la signature de chartes régionales ici et là ». Notons une exception concernant les marchés publics de l’Etat qui s’est engagé à assumer ces surcoûts. Mais cela ne suffit pas pour la FFB qui avait estimé que ces marchés ne représentaient que 2 % du chiffre d'affaires du Bâtiment

 

Si les entreprises ne sont pas soutenues, leur santé sera dégradée car elles travaillent à perte et ne pourront pas tenir dans le temps, prédit Olivier Salleron. Il précise que selon les estimations de l'organisation « 30 000 à 40 000 entreprises seront soit en redressement judiciaire soit en faillite si rien n’est fait ». Le président rappelle que la rentabilité moyenne d’une entreprise varie entre 2 et 2,5 %.

 

Suppression des charges des entreprises de mars à décembre

 

La FFB fédération propose par conséquent la suppression des charges des entreprises dès le mois de mars et ce, jusqu’à la fin de l’année. Or, le gouvernement a déjà annoncé, l’annulation des charges des entreprises (tous secteurs confondus) ayant subi « d’importantes baisses de leurs chiffres d’affaires » pendant les 3 mois de confinement. Mais cela ne suffit pas pour l’organisation patronale.

 

Alors que le gouvernement prévoit un plan de relance pour la rentrée, la FFB réclame qu’il soit d’application immédiate dans le cadre du PLF3 (Projet de Loi de Finances3 2020), en cours de discussion à l’assemblée nationale. C’est selon elle, une question de survie pour le Bâtiment pour éviter le trou d’air qui se profile.

 

La FFB rappelle en effet que c’est aux mois de mai et de juin qu’un grand nombre de devis sont établis pour les travaux à venir entre le mois de septembre et de décembre. Or ces devis n’ont pas pu être réalisés en raison du confinement.

 

La mise à l’arrêt des services instructeurs pendant le confinement et le report des délais (permis, appels d’offres non traités) ont retardé d’autant la reprise des chantiers, estime la FBB. « Il faut donc des mesures flash, pour redresser la situation, sinon, nous allons courir à la catastrophe… » insiste le président.

 

La FFB présente donc un plan évalué à 5 milliards d’euros pour relancer l’activité immédiatement. Un coût qui s’inscrit en ligne avec l’objectif de construire 500 000 logements neufs et effectuer 500 000 rénovations, plaide-t-elle.

 

Le souhait d'un plan de relance immédiat pour la rénovation énergétique

 

Les mesures souhaitées concernent en grande partie la rénovation énergétique. Pas question cependant pour le président « d’imposer des mesures qui risquent de bloquer le système ». La FFB préconise ainsi l’élargissement des aides destinées aux particuliers.

 

Il s’agit par exemple de relever le forfait de MaPrimeRenov à 400 €/ m2 au lieu de 150 euros aujourd’hui, pour l’ensemble des ménages. « On estime que le prix au m2 d’une rénovation énergétique s’élève à 500 euros » indique Olivier Salleron.

 

Le président propose également de diminuer le montant du reste à charge, bien trop élevé aujourd’hui et donc dissuasif pour les ménages modestes. En effet, ce reste à charge compris entre 10 et 15 % des travaux implique souvent un endettement des particuliers (soit 1000 euros sur 10 000 euros de travaux). La proposition de la FFB porte sur un reste à charge de 200 à 400 euros au total, variable selon les revenus des ménages concernés.

 

Autre souhait pour stimuler la rénovation : restaurer l’éligibilité des ménages des déciles 9 et 10 de revenu, soit ceux disposant d’un revenu de 50 000 euros avant impôt. « Ils ont été exclus des dispositifs d’aides et ne sont plus incités à faire de travaux de rénovation énergétique » appuie Olivier Salleron qui précise qu’un amendement porté par un député LERM a été déposé en ce sens.

 

Le dispositif de MaPrimeRenov ouvert aux résidences secondaires

 

Enfin, en matière de rénovation énergétique, la FFB veut rouvrir le dispositif de MaPrimeRenov aux résidences secondaires en zone de revitalisation rurale. « Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas des villas luxueuses mais souvent des maisons modestes de famille qui permettent à leurs occupants de passer leurs vacances et y envisager une retraite à terme » insiste le président.

 

Enfin, la FFB préconise de donner un coup de pouce pour la rénovation globale des maisons individuelles en mobilisant les certificats d’économie d’énergie (CEE), avec une aide relevée d’environ 50 €/m2 à 200 euros. Et au titre de la relance, la FFB demande le retour d’une TVA réduite à 5,5 % pour tous les travaux d’amélioration entretien.

 

En matière de construction de logements, l'organisation veut notamment relever les montants du prêt à taux zéro (PTZ), une aide à l'achat dont l'Etat a réduit l'ampleur ces dernières années.

 

Il s’agirait d’un retour à un prêt de 40 % du montant de l’opération sur tout le territoire d’une part, et d’une majoration temporaire à 60 % de la quotité pour les opérations affichant une performance environnementale améliorée, d’autre part. Des performances qui resteraient à définir avec, soit un label de type RE 2020, soit des opérations de rénovation permettant un saut de deux classes du DPE (diagnostic de performance énergétique) dans l’ancien.

 

Revoir les mesures de soutien à l’investissement locatif privé

 

Dans le neuf, la FFB veut soutenir l’investissement locatif privé avec une profonde réforme du système qui s’inspirerait du modèle allemand. « Il faut mettre fin aux dispositifs dérogatoires, de type Pinel et mettre en place un système durable, simple et lisible » résume Olivier Salleron.  

 

Les mesures concernent l’amortissement du bâti pendant 50 ans, soit un taux de 2 % l’an (neuf et ancien), l’amortissement des gros travaux sur 15 ans, la déductibilité des intérêts d’emprunt des petits travaux et charges locales des revenus fonciers bruts ou encore l’amputation sans limite du déficit foncier sur le revenu global positif.

 

Il reste quelques mesures complémentaires et non des moindres comme l’assouplissement des recommandations du Haut conseil de stabilité financière (pas de prêt immobilier au delà d’un taux d’effort de 33 % et limité à 25 ans). Enfin, la FFB souhaite définir clairement ce que visent les termes « artificialisation des sols », une notion mise en avant par le gouvernement pour limiter l’étalement urbain engendré par la Construction.

 

Pour finir, la profession réclame un choc administratif de simplification, notamment en matière de traitement de permis (dématérialisation de la procédure et création d’un permis déclaratif) et un relèvement à 100 000 euros du seuil des appels d’offre, du côté de la commande publique…

 


Source : batirama.com/ Fabienne Leroy

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