Trois systèmes constructifs en bois ... et des cartes à jouer avec la RE 2020

Trois systèmes constructifs en bois ... et des cartes à jouer avec la RE 2020

Ossature bois, bois massif lamellé croisé collé ou briques en bois ? Voici trois solutions de construction bois qui ont chacune des cartes à jouer, dans le cadre de la future réglementation environnementale.






Ressource renouvelable, abondant, le bois issu de forêt géré de manière durable suivant une des deux certifications PEFC ou FSC, sait déjà se revêtir de vert. « Faiblement énergivore, il émet peu de gaz à effet de serre et possède la propriété d’absorber massivement le gaz carbonique pendant la croissance de l’arbre », rappelle Manel Cheour, responsable Recherche & Développement au sein du groupe ISB.

 

L’application de la future réglementation environnementale, la RE 2020, on le sait, aura non pas lieu le 1er janvier 2021, mais au moins 6 mois plus tard. Néanmoins, dans le contexte E+C-, la construction bois fait valoir des arguments environnementaux.

 

Estampillé d’une fiche FDES, « un prérequis pour s’intégrer dans une démarche E+C- qui préfigure la RE 2020 demain », le matériau bois démontre qu’il a fait l’objet d’une déclaration de ses impacts environnementaux. De plus, la filière n’a pas attendu la prochaine échéance de cette nouvelle réglementation pour faire évoluer ses méthodes et améliorer sa productivité.

 

Une réponse mixte

 

Le bois évolue dans un contexte de recherches scientifiques et normatives qui l’inscrivent comme un matériau de construction environnementale à part entière. Les procédés se sont rationnalisés.

 

Le bois bénéficie désormais des atouts de la préfabrication, synonymes de maîtrise des coûts, de construction rapide, et de production de déchets réduite. Encore des évolutions qui boostent l’avenir du bois dans la construction RE 2020.

 

« Pour autant, il ne se prête pas à tous les ouvrages, tempère Manel Cheour. Si le béton par exemple consomme de l’eau, il amène d’autres qualités telles que son inertie. La mixité permet d’exploiter les atouts de chacun des matériaux pour apporter la meilleure réponse tant d’un point de vue écologique qu’économique ».

 

Enfin, la gestion des déchets et du transport quand tous les bois ne viennent pas de France, mais de l’Europe entière demeurent pénalisantes pour la construction bois. La filière continue d’affiner son ACV et du coup, ses FDES face à l’échéance 2021 et le sprint déjà entamé dans le contexte France Bois 2024 qui vise l’excellence environnementale pour la filière bois-construction dans le cadre des prochains JO parisiens devrait apporter des réponses pertinentes.

 

Solution 1 : L’ossature bois

 

© Soltech Piveteau

 

Plus de 80 % des maisons individuelles qui sortent de terre sont à ossature bois. Et pour cause. Engouement environnemental aussi du côté des particuliers, la MOB séduit pour son excellente régulation de l’humidité, ses espaces modulables ainsi que ses murs moins épais qu’en maçonnerie.

 

Pouvant se prévaloir d’une faible consommation de CO2 et d’énergie grise, elle rime avec réduction des pertes de matériaux et une meilleure gestion des déchets sur les chantiers grâce à la préfabrication. De plus, l’utilisation de logiciels 3D en ateliers a permis d’optimiser la matière première, mais également de mieux intégrer les isolants, les réseaux ou les menuiseries extérieures.

 

Enfin, sur le plan technique, ce mode constructif a connu des évolutions certaines. En effet, des études et essais ont été réalisés par rapport à l’étanchéité des murs à ossature bois. En particulier, sur les questions qui touchent la migration de la vapeur d’eau et l’intégration des menuiseries. Ces travaux ont été intégrés dans la version révisée du NF DTU 31.2 Construction de maisons et bâtiments ossature en bois.

 

Avantages : mode constructif maîtrisé pour la maison individuelle, économique, rapidité de mise en oeuvre, quasi absence de ponts thermiques.

 

Limites : faible inertie qui doit être intégrée dans le confort d’été, n’autorise pas de très grandes dimensions.

 

Solution 2 : Le bois massif lamellé croisé contrecollé

 

© Soltech Piveteau

 

Le bois massif lamellé croisé contrecollé (CLT) allie robustesse, performance mécanique, légèreté, pérennité et étanchéité à l’air des bâtiments.

 

Biosourcé et recyclable, ce bois construction stocke 460 kg de CO2 par mètre cube face au béton qui en émet 470 kg. Grâce à la préfabrication en usine, les pièces éco-conçues sont prêtes à l’emploi. Le CLT autorise donc une construction rapide sur site avec un temps de gros oeuvre annoncé comme divisé par deux.

 

Résultat : la rotation des véhicules est réduite pendant le gros oeuvre, limitant encore une fois les émissions de gaz à effet de serre. De même pour les nuisances sonores et les émissions de poussière. Du fait de sa préfabrication, le CLT diminue les déchets liés à la construction sur site. Il se révèle également comme une réponse pertinente face aux enjeux d’économie circulaire sous-jacent à la RE 2020 puisqu’il peut également être assemblé ou désassemblé pour un changement d’usage ou une réutilisation. Ainsi, le CLT augmente la durée de vie des composants des bâtiments.

 

Avantages : réponse pertinente pour la construction de grandes hauteurs, impact carbone très faible, six fois plus légers que les matériaux traditionnels.

 

Limites : une production non hexagonale, un surcoût estimé entre 1 % et 5 % par mètre carré construit par rapport à du béton.

 

Solution 3 : Les briques en bois

 

© Soltech Piveteau

 

Les systèmes de briques ou bloc en bois tentent de s’imposer faisant valoir de nombreux arguments.

 

À côté du bois massif empilé, – l’empilement de madriers, pièces en bois profilées et souvent contrecollées dont la part représente à peine 2 % des systèmes constructifs -, des systèmes de briques ou bloc en bois tentent de s’imposer faisant valoir de nombreux arguments pour simplifier la réalisation d’extensions, de surélévations et la construction d’habitat passif et écologique en bois.

 

Egalement en filière sèche, ces briques s’assemblent pour la plupart par emboîtements pour réaliser des murs porteurs. Elles autorisent l’exécution de chantiers propres à faibles nuisances que ce soit d’un point de vue sonore ou des déchets.

 

La continuité du manteau climatique supprime les ponts thermiques. Les murs perspirants assurent une bonne migration de la vapeur. Sans pL’emploi d’isolant 100 % naturel tel que des copeaux de bois issus de la fabrication de ces briques améliore d’autant l’impact carbone de cette solution constructive.

 

Avantages : faible empreinte carbone, filière sèche, facilement transportables et manuportables

 

Limites : une offre restreinte par le nombre d’intervenants.



Source : batirama.com / Stephanie L. Haertelmeyer

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1 Commentaire


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  • par .BRUNO ravette haut
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>>> Le bois, un des matériaux du futur ? Puits de carbone, excellent isolant thermique et acoustique, économe en énergie lors de sa transformation, résistant mécaniquement, versatile et esthétique, et qui plus est, valorisable en fin de vie. >>> >>> Notre rôle à tous : améliorer les performances des produits élaborés à base de bois afin d'augmenter leur spectre d'applications, leur durée de service et la satisfaction des utilisateurs finaux. >>> >> La proposition Green Window : Intégration qualitative et économique d'une fenêtre BOIS ou BOIS/ALU dans la construction BOIS . https://www.batirama.com/article/31285-brevet-un-dormant-structurel-pour-reveiller-la-construction-bois.html bernard.bruno@greenwindow.info 0638959676

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