Comment enlever les déchets des travaux en rénovation urbaine ?

Comment enlever les déchets des travaux en rénovation urbaine ?

La gestion des déchets de chantier est une contrainte réelle dans les quartiers urbains denses. De nouveaux services facilitent la vie des entreprises.



Outre le manque de place sur le chantier et ses alentours, faire coïncider matières, lieu et temps est une difficulté supplémentaire qui peut faire perdre du temps. Ecodrop propose un service souple d'enlèvement des déchets des petits chantiers conçu pour le tissu urbain et pour les artisans.

 

L’artisan s’inscrit en ligne et s’identifie grâce à son numéro de Siret et une carte bleue. Ensuite, pour chaque chantier, il indique l’adresse, l’heure et le jour de dépose des déchets dans l’espace public, généralement “sur le trottoir”, et la quantité de déchets à enlever. La quantité cumule des sacs à gravats et des déchets en vrac comme des équipements : ballon d’eau chaude, chaudière, bac et parois de douche, baignoire, évier, caissons de meubles et plan de travail, etc. Ces indications se traduisent en prestations estimées en forfaits.

 

Nombre de professionnels recourent au téléphone pour délivrer les données de l'enlèvement. Cette situation a conduit Ecodrop à développer d’autres prestations comme la mise à disposition de bennes, avec un service précis pour la date et l’heure. L’enlèvement de déchets au grappin est également proposé.

 

 

Les sacs de gravats déposés sur le trottoir sont chargés, par le chauffeur et le compagnon du chantier, dans une fourgonnette à la capacité suffisante. ©KD

 

Aux bons enlèvements

 

Franck Lacroix anime une petite entreprise spécialisée dans la rénovation des salles de bain, Aux bons travaux, située en très proche banlieue sud de Paris. Avec ses quatre compagnons et une employée administrative, il travaille presque exclusivement dans Paris. « La gestion des déchets, notamment ceux du démontage, ne représente aucune valeur ajoutée en terme de savoir-faire », note-t-il.

 

Il poursuit : « Le premier jour des travaux, la déconstruction des équipements et des carrelages, et parfois de faux-plafonds, représente une quantité réelle de déchets. Le plus souvent 15 à 20 sacs à gravats et 1 ou 2 m3 d’encombrants selon l’absence ou la présence de meubles de salles de bain. La plupart des pièces offrent une surface de 3 m2 et dans 80 % des cas, le logement est occupé. Généralement, le compagnon descend les gravats sur le trottoir en faisant attention afin de laisser un passage suffisant pour les piétons et en prévoyant une place de stationnement pour la fourgonnette, généralement un bateau proche. »

 

 

Carrelage mural, carrelage de sol et divers équipements d'une salle d'eau constituent une quantité importante de déchets lourds. ©KD

 

L'indispensable smartphone pour gérer ses déchets

 

Franck Lacroix se réjouit : « La transmission des informations est bonne, le chauffeur appelle le compagnon avant d’arriver. » Comment pourrait-on travailler sans smartphone, maintenant ? Il regrette : « Dans les rues piétonnes, il est nécessaire de prévoir un malus financier, l’accès étant nettement plus difficile. » Il conclut : « Pour une salle de bain, l’enlèvement des déchets de déconstruction s’élève en moyenne à 140 € HT. »

 

Un chantier dure en général deux semaines pour un compagnon. En conséquence, Aux bons travaux prévoit en général un enlèvement chaque lundi. Il ne procède pas un troisième enlèvement des emballages des différents équipements. Les cartons et les plastiques correspondants sont directement gérés par l’entreprise et ses fourgonnettes.

 

 

Un diable aide à transporter deux sacs de gravats à la fois. ©KD

 

Site internet et appli

 

Ecodrop ne dispose pas en propre d’une flotte de véhicules et de chauffeurs. La société confie à un opérateur spécialisé dans la logistique le soin de trouver un tandem véhicule/chauffeur disponible au bon moment, jour, heure et trajet. En Île-de-France, cet opérateur fait travailler environ 500 chauffeurs et véhicules pour différents types de courses. Elles peuvent être des livraisons de meubles, d’appareils électroménagers, etc.

 

L’artisan dépose sa demande en ligne et l’offre est transmise aux chauffeurs disponibles dans l'aire géographique correspondante. Les chauffeurs travaillent aussi grâce à un smartphone. Lorsque le véhicule est chargé, ils prennent une photographie du contenu. Lors du dépôt à la déchèterie, ils avertissent que le service est fini.

 

Ecodrop est également capable d’enlever les déchets verts, comme les déchets dangereux et amiantés. Ces matières ne sont pas traitées par tous les chauffeurs, ni par toutes les déchèteries. Il est préférable de prévoir un délai plus long.

 

 

Un ascenseur facilite la descente des gravats jusqu'au trottoir. ©KD

 

Une prestation dotée de traçabilité

 

Après avoir travaillé quelques années dans l’activité industrielle de Saint-Gobain, Marie Combarieu était sensibilisée aux déchets de chantier, notamment de petite taille, pour les situations les plus courantes donc. « Nous avions identifié un besoin de collecte sur les chantiers et nous voulions que l’ensemble de la procédure se déroule bien en aboutissant à une filière de valorisation, en assurant automatiquement la traçabilité », précise-t-elle.

 

Par ailleurs, les artisans sont assez souvent liés à une déchèterie proche du siège de l’entreprise, mais il ne leur est pas toujours facile de couvrir tous les chantiers. La logistique, en grande agglomération, c’est du temps et de l’argent.

 

Dans un premier temps, dès mai 2017, Ecodrop proposait un service de dépôt dans les déchèteries professionnelles du bâtiment, soit une quarantaine de sites sous les enseignes CPR, Derichebourg, Profit ou Revival. Ecodrop sert d’intermédiaire aux artisans, ce qui les dispense de nombreuses inscriptions dans plusieurs sites.

 

Depuis novembre 2017, Ecodrop proposait surtout un service d’enlèvement des déchets sur le chantier. Le dialogue développé par téléphone avec les artisans a fait évoluer, durant l’année 2019, les prestations proposées. Les prestations sont beaucoup plus variées afin de couvrir tous les cas de figure. Un partenariat est mené avec le réseau des négoces Point.P. Ecodrop s’installe à Lyon et à Lille en ce début d’année 2020.

 

 

Sensibilisée à la question des déchets de chantier, Marie Combarieu a créé le service Ecodrop. ©KD

 

Un programme de fidélisation pour les artisans

 

Les artisans, qui ont eu recours à Ecodrop plus de six fois en trois mois, reçoivent un kit de communication à destination de leurs clients. Il comprend des flyers, des autocollants, etc.

 

Des éléments qui justifient, sur les devis, la ligne correspondant à la gestion des déchets. Et il est notamment question de traçabilité des déchets, ce qui est pédagogique pour le client.

 


Source : batirama.com / Kevin Decarpignies

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